‹ Les États Affectifs Supérieurs Chez Les SchizophrènesChapitre 26 sur 38 · LOT QE · texte numérisé non relu

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ces dissociations mimiques dont Breurer dit qu’elles sont inexplicables ?

IT. Le parasitisme associatif, à son tour, sévit comme sur les autres composantes du noyau psychique. Et nous retrouvons les troubles qui vont de la simple surcharge de l'édifice, à l’agglomération d'éléments inadéquats, et à l’apparition de combinaisons psychomotrices entièrement nouvelles. L’encombrement du moyau par une foule d’harmoniques en surnombre réalise le mamérisme dans sa composante psychomotrice. L’annexion à un système idéo-affectif d’une mimique totalement inadéquate réalise la paramimie. Enfin, les fragments libérés se connectent pour former des ensembles inintelligibles, qu’ils soient l’effet d’un pur hasard, ou qu'ils servent de modes d'expression à des créations conceptuelles ou affectives hermétiques, véritables néologismes de la mimique et du geste.

Inutile de nous étendre sur ces faits bien connus. Leur intérêt 1e1 est de montrer que l’activité constructive de lesprit, usant d’un instrument incorrect, commet les mêmes erreurs dans tous les domaines. Idées, affects, réactions sont pensés, sentis, effectués par fragments, fragments qui se regroupent de façon abusive pour donner des synthèses nouvelles. Dans les phénomènes psychomoteurs, comme dans les états intellectuels, comme dans les affectifs, on retrouve la même bizarrerie, le même puérilisme, le même dépouillement, le même parasitisme, la même incohérence. Stéréotypie, monoïdéisme, difficulté à changer d’aflect, sont les trois aspects d’un trouble identique, celui d’une énergie psychique qui s’empêtre dans les mêmes circuits. De même l'indifférence se ramène souvent à un « barrage affectif » analogue au barrage intellectuel. Ainsi devient tangible en outre, le parallélisme de ces défauts avec ceux du cours des associations et donc de l’influx nerveux.

L’insuline, en rétablissant les contacts normaux, déter-

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mine le retour au geste et la rectification de la mimique, comme elle corrige les productions conceptuelles et rend à nouveau possible l’édification des états affectifs.

Conclusion

De tous ces faits se dégagent les notions suivantes :

19 L’activité de l'esprit, dans aucun de ses domaines, pas plus l’affectif que les autres, ne subit de chute globale de potentiel.

20 La structure de ses productions de tous ordres est dominée par les notions de fragmentation et de conjonction abusive.

Peut-être pouvons-nous en tirer une image structurale de Pesprit schizophrénique.

I. Il est d'usage d’attribuer à l’âme du schizophrène une « couche périphérique » et un € noyau central », siège d’une vie autistique. Division qui figure le repli plus ou moins volontaire par lequel il mettrait son âme affective à l’abri d’un « réel » traumatisant. Cette image rend bien compte de l’impression qui naît de l’observation clinique, quand un contact se rétablit et qu’un sentiment se montre aux yeux de l’observateur ; tel un objet qui émergerait de la profondeur d’un lac sur lequel il serait penché. Mais ce n’est qu’une image, non point parfaite :

— Elle semble localiser la rupture aux connexions périphériques, et méconnaître la dislocation qui règne en profondeur.

— Surtout, elle fait une distinction arbitraire entre les deux ordres de connexions. Le contact avec le réel, qui suppose une pêrception correcte et une estimative exacte des choses, avec, en retour, une adaptation convenable, ne dépend pas seulement des connexions « de surface » (à moins de

faire une confusion avec les connexions sensorielles), mais est le fruit de toute l’activité synthétique de l'esprit, fait d’apports associatifs qui ne diffèrent pas essentiellement des autres, mais ne sont qu’une partie du tout. Cette notion de surface et de profondeur n’est qu’un point de vue, celui de l'observateur qui s’efforce de pénétrer l'âme du sujet. En réalité, dans l’esprit du schizophrène, toutes les connexions sont sur le même plan, ou plus exactement, il ne peut être question de plan en pareille matière.

C’est donc une pure vue de l'esprit qu’une telle distinction. Elle a ses commodités, mais ne doit pas faire illusion, sous peine d'aboutir à une véritable représentation géométrique de l’esprit, et même à la confusion des deux « plans » avec la réalité, au point de parler « d'échange d’énergie » entre eux (BLEULER).

ÎT. Mais puisque les images sont commodes, nous en choisirons une qui nous paraît moins inexacte. Nous avons vu comment l'intégrité des éléments connectifs et leur mise au point sous l'effet de mille répétitions assurait le facile écoulement de l’influx nerveux et sa canalisation dans des voies préférentielles, permettant la combinaison des éléments psychiques en des synthèses qui sont à l’image de l'expérience. En sorte que l’esprit apparaît comme un ensemble harmonieux d'éléments qui se groupent au gré des affinités légitimement acquises, et forment de multiples noyaux dont les échanges se font par le jeu réglé des associations.

Chez le schizophrène, il n’est plus question d'harmonie ni d'ensemble. Les assemblages caractéristiques des complexes du normal ne se font plus, faute de voies correctes. Par contre, leurs fragments se regroupent au gré d’affinités hasardeuses pour former des combinaisons nouvelles, entre qui les échanges se font de façon ataxique. En outre, l’extrême fragilité des synthèses pathologiques fait qu’elles subissent de fréquents remaniements, sous l’effet d’un facteur

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