UN
évident (affection intereurrente, état fébrile, choc insulnique), ou qui reste ignoré, et leur donne dans ce cas une apparence de spontanéité. L'aspect de ce chaos est done sujet
à une grande variabilité.
IIT. L'interprétation des réactions est des plus malaisées, si l’on considère que la dislocation s’introduit dans la structure intime des phénomènes intellectuels, affectifs, et psychomoteurs, aussi bien que dans leurs connexions réciproques. Nous sommes amenés par là à faire une distinction entre la simple bizarrerie et la discordance. Soit en effet une expression mimique qui nous choque par son étrangeté. Trois explications se présentent :
— Ou bien cette combinaison mimique souffre d’un défaut de structure qui lui est propre, et lui fait perdre sa parfaite congruence avec l’état affectif qui le sous-tend. Le trouble associatif retentit immédiatement, sans intermédiaire, sur la production psychomotrice. à
— Ou bien, par une erreur d’aiguillage, une réaction usurpatrice se substitue à l’adéquate. [ci, la rupture se situe entre l’état affectif et son satellite psychomoteur.
Dans ces deux premiers cas, 1l y a perte de la concordance entre laffect et la réaction, c’est-à-dire proprement discordance.
— Ou bien encore, dernière alternative, l’état affectif est lui-même primitivement altéré dans sa structure, mais conserve ses liens habituels avec les effets psychomoteurs, et les entraîne ainsi dans sa propre étrangeté. La mimique reste alors un fidèle reflet de l’affect. Il n’y a pas discordance. Quoique étrange, elle est adéquate. Ses défauts sont ici médiats, et secondaires à ceux de l’affectivité.
Les mêmes vices entachent les connections idéo-affectives, et intervention d’un nouveau facteur multiplie singulièrement les difficultés qui grèvent l'interprétation des réactions psychiques. Et si l’on tient compte du défaut de régulation
Êe
et de la fragilité des synthèses du schizophrène, il est facile d'estimer à quel point sont suspectes les manifestations affectives, plus ou moins isolées, du réveil, qui peuvent être non seulement démesurées, ou fugitives, ou non congruentes, mais se réduire à une parathymie, sinon à une vulgaire paramimie.
IV. Nous retiendrons pour terminer qu’il n’y a pas d’ordre dans la dégradation, et qu’elle n’obéit à aucun système. C’est l’anarchie qu’introduit la dislocation dans l'esprit du schizophrène. Cependant, en dépit de ce fait important, ce désordre reste en quelque sorte mesurable. BLeuzer a bien montré comment la notion de fragmentation entraînait celle de nombre. C’est au nombre des lacunes que se mesure la pseudo-démence. Inversement, c’est au nombre des synthèses normales récupérées que nous pourrons estimer la guérison
de nos sujets.
Enfin, on nous objectera, d’après ce que nous avons dit, que certaines observations que nous avons interprétées comme des exemples de dissociation idéo-affective peuvent aussi bien se réduire à une discordance purement mimique. Nous ne nous flattons pas, en fait, de pénétrer s’il s’agit dans tel ou tel cas d’une ataxie 1déo-affective, ou affectivomotrice. Peu importe à notre thèse, qui est de montrer que les troubles associatifs s'étendent à tous les domaines de l’activité de l’esprit sans exception.