‹ Les États Affectifs Supérieurs Chez Les SchizophrènesChapitre 29 sur 38 · JE · texte numérisé non relu

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typhoïde ne s’accompagne pas nécessairement de taches rosées lenticulaires.

Un symptôme fondamental coexiste nécessairement avec la maladie considérée. Ïl est à la base du tableau clinique et le diagnostic est impossible sans lui. Bref, il est nécessaire, et s'oppose par là au symptôme accessoire, qui est contingent.

Un signe primaire révèle la première conséquence directe et saisissable du processus morbide. Il explique d’autres troubles, dits secondaires.

Un signe secondaire traduit donc un effet plus médiat, et se présente comme la conséquence directe ou indirecte d’un signe primaire, ou d’un autre signe secondaire.

On voit donc qu’un symptôme fondamental est à la base du tableau clinique et sert au diagnostic, tandis qu’un signe primaire possède une valeur pathogénique et se présente comme une base explicative. Îl importe au plus haut point de faire cette distinction et de la garder présente à l’esprit. Un signe primaire n’est pas nécessairement fondamental, mais peut au contraire être accessoire, et faire effectivement défaut. BLeuLer exprime l’opinion opposée de la façon la plus positive : « Les symptômes primaires sont les manifestations nécessaires d’une maladie. Les secondaires peuvent manquer ou varier sans que se modifie en même temps le processus morbide ». Ceci admis, nous nous avouons incapables de concilier avec lui :

10 la distinction parmi les troubles de l’affectivité de troubles primaires (états maniaques et états mélancoliques) et de troubles secondaires, done contingents ;

20 leur classement d'ensemble parmi les symptômes fondamentaux. (Voir page 3). À notre avis, une maladie ne réalise pas nécessairement {oute sa symptomatologie, même dans sa partie primaire.

Enfin, il est capital de ne pas employer indifféremment les termes « trouble » et « signe ». Supposons qu’un processus morbide agisse sur les éléments connectifs, le cours de l’in-

flux nerveux en sera modifié : voilà le trouble primaire. Mais il est en lui-même insaisissable pour nous (à l’encontre, par exemple, des troubles pupillaires), et ne donne lieu à aucun signe immédiat. Par contre, il aura pour effet des perturbations dans le domaine mental que nous pourrons appréhender et qui, tout en étant secondaires, m'en fourniront pas moins le premier signe. C’est ainsi que les troubles affectifs que nous avons étudiés, quoique secondaires au trouble primitif des associations, apparaissent comme signe primaire.

On voudra bien nous pardonner le rappel de ces notions élémentaires. [1 nous a paru d’autant plus indiqué ici, que l’adjectif « fondamental » n’a pas la même signification suivant qu'il s'applique au terme «signe » ou au terme «(trouble ». Un signe, ou symptôme fondamental n’a qu’une valeur diagnostique, tandis que dans « trouble fondamental » nous trouvons un concept d'explication pathogénique.

Nous allons examiner lesquels de ces divers qualificatifs peuvent s'appliquer au trouble des associations.

IT. À coup sûr, les imperfections structurales dont souffrent les productions de l'esprit, et que nous avons analysées, traduisent immédiatement le désordre des fonctions d'associations et méritent le nom de signes primaires. C’est ce qu'exprime BLEULER quand il dit que parmi ceux-ci :

I faut ranger vraisemblablement une partie des troubles associatifs avant tout ». Seulement, il convient d’y englober les troubles affectifs et psychomoteurs d'ordre structural au même titre que les conceptuels.

Cette «partie » comprend les déficits et le parasitisme qui résultent directement des modifications synaptiques. Il va sans dire que les interréactions idéo-affectives et psychomotrices entraînent dans chacun de ces domaines des conséquences dont le caractère secondaire saute aux yeux. Il

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