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l’ensemble des signes, comme des satellites qui lui sont nécessairement subordonnés.
If. Les fonctions d'associations commandent par la base toute l’activité de lesprit. Le fait associatif est le fait psychologique le; plus. élémentaire que. nous puissions apercevoir.
Un vice de.ce mécanisme « fondamental » ne doit-il pas entraîner .un trouble « fondamental », qui donne la clef de toutes les perturbations psychiques ? La conclusion est séduisante,.mais purement logique. Si nous voulons rester positif, une telle démonstration dépasse nos moyens.
Cependant, ce vice est un fait, dont nous avons donné des exemples. Nous bornerons notre ambition à examiner ce que deviennent . certains des troubles jusqu’à présent donnés eomme fondamentaux, compte tenu. de ce fait, si toutefois l’on veut bien l’admettre.
ITIT. Une première tentative d’explication consiste à soumettre les troubles intellectuels aux troubles affectifs, ou inversement. TriaNrapayLos, HEuyEr, Forster, PresporFr, estiment que les dysgénésies conceptuelles sont primordiales et entraînent par voie de conséquence les perturbations de la sphère affective. Mais l’opimon contraire est beaucoup plus répandue, et en quelque sorte classique : les troubles affectifs priment, et conditionnent les troubles intellectuels. « La démence schizophrénique, dit Minkowskt, est dominée bien davantage par l’état de l’affectivité que par les troubles de l'intelligence. » Pour son maître BLeuLer la démence affective, dans les formes graves, est le symptôme le plus frappant. GuirauD, s'appuyant sur des travaux histologiques, estime qu'il s’agit d’un fléchissement primitif de l’affectivité par atteinte des voies sympathiques terminales, qui nuit à l’activation du cortex.
Nous avons vu quels liens étroits jetait l'expérience entre
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les phénomènes intellectuels, affectifs, et psychomoteurs, leur conférant la plus rigoureuse solidarité. Un ensemble idéique altéré, mais non dissocié du système d’affects qui lui est accolé, l’entraîne nécessairement dans son trouble. Et inversement. Certaines perturbations d’une sphère sont donc subordonnées à celles de la sphère voisine.
Il est plus discutable qu’elles le soient toutes, et qu’on puisse considérer en bloc comme secondaires les troubles d’une sphère déterminée. Nous avons soutenu que la plus grande analogie régnait dans l’élaboration des états affectifs et intellectuels, et nous sommes efforcés de mettre en lumière le parallélisme de leur évolution, normale ou pathologique, et leur égale dépendance du mécanisme associatif, instrument nécessaire à l’esprit dans tous les domaines de son activité. C’est donc dans tous ces domaines que le jeu faussé de cet instrument aura des répercussions directes, et qu’apparaîtront des perturbations immédiates, des troubles primaires qui se placent au même rang sur l’échelle des effets saisissables : le premier.
Dans ces conditions, 1l ne s’agit plus de savoir si le trouble primitif est d'ordre intellectuel ou affectif. De telles opinions ne considèrent qu'une certaine catégorie de troubles, et ne contiennent qu'une part de vérité. Il s’agit d’un trouble plus général, plus diffus, c’est-à-dire sans détermination exclusive ; bref, plus fondamental.
IIT. Ce n’est certes pas en quelques lignes que l’on peut peut faire justice d'opinions aussi autorisées, surtout quand elles reposent, comme celle de GurraupD, sur de solides faits anatomiques. Toutefois, elles prêtent le flanc à certaines eritiques. Ou bien elles supposent un tarissement originel des sources aflectives, que la clinique et les faits nouveaux appor-
, RE tés par l’insuline doivent faire, semble-t-il, abandonner de plus en plus. Ou bien, par leur allure homogène, l’affaiblissement prinutif et global qu’envisage GurrauD, comme l’affai-
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blissement partiel et électif, dirigé sur les éléments extérieurs au moi, admis par BLeuzer et MixkowsKki, sont en désaccord avec le caractère profondément anarchique de la dislocaton, dont les points d'application, arbitraires et capricieux, déterminent des troubles fragmentaires et changeants aussi bien dans le domaine du « self-feeling » que dans celui de la «sympathie ».
Nous avons donné des exemples de déficits affectifs localisés, qui montraient la réapparition des sentiments altruistes sous l'effet de l’activation insulinique, mais au bénéfice exclusif de certains objets déterminés : ils ne s'adressent qu’à tel parent, ou font même un choix entre les représentations liées à une perception actuelle et celles qui naissent en qualité de souvenir. (Voir page 48, malade G.). Gurraun rapporte une observation d’une grande analogie.
« Une démente précoce demande avec insistance sa mère, mais quand elle vient, ne veut pas la reconnaître : Madame, vous ressemblez bien à ma mère mais vous n’êtes pas ma mère ».
C’est que la perception actuelle est dépourvue d'activation affective, et que le souvenir maternel antérieur au début de la maladie
a conservé son coefficient affectif » (Annales M. P., 29 mars 1936).
Que conclure de pareils faits ?
19 Certaines résonances affectives ne sont éveillées que par des représentations déterminées. Un sentiment donné (amour maternel) qui manque en À se retrouve en B.
20 Impossible, en conséquence, de conclure à la ruine originelle et définitive de ce sentiment, du seul fait qu'il n'apparaît pas à propos d’une représentation qui l’éveille chez le normal. L’indifférence du schizophrène ne se rencontre que sur certains points, et se montre sujette à éclipses. « Les déficits durables, dit BLEULER, ne se montrent que comme tissés dans les délires et enchassés dans les complexes. » Cette parole qui s’applique aux troubles idéiques, convient parfaitement aux déficits affectifs.
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39 De même, du fait qu'il est électif, le « défaut d’activation » qu’envisage GurrauD ne peut s’expliquer par-un défaut d'élaboration, mais d’écoulement de l'énergie affective: Par un affaiblissement des centres, mais par une rupture des voies associatives. Telle perception n’est pas activée parce que l’énergie nécessaire ne lui parvient pas (1).
Ces modes d'expression, d’ailleurs, ne nous semblent pas suffisamment analytiques, et ne tiennent pas compte des constructions supérieures de l’affectivité. Le moins qu’on puisse en dire, est que les troubles caractéristiques ne trouvent aucune explication dans un affaiblissement banal de cette fonction. Rappelons que la complexité des états affectifs ne le cède en rien à celle des états intellectuels, qu'il n'existe dans l’encéphale nulle image, ou engramme;, mais des synthèses qui ne sont qu’en puissance, et ne-se mettent sur pied que sous l’effet d’une sollicitation convenable. La dissociation y exerce les ravages que nous avons analysés, et nous arrivons ainsi à la notion d’une pseudo-inaffectisité entièrement superposable à.la pseudo-démenceintellectuelle.
IV. Plus purement psychologiques sont les explications qui ramènent le trouble fondamental de la schizophrénie à un défaut de la synthèse personnelle, et de la connaissance du moi et de son activité. La nature particulière de ce défaut varie suivant les auteurs.
Parmi les diverses théories, il en est une quinousretiendta tout d’abord, car elle permet des conclusions qui: jettent une lumière sur l’ensemble du problème: [Hs agit de celle:-de KRONFELD, qui ramène l’état schizophrénique à un affai-
{1} L'exemple de Guiraup:est plus cemplexe que le nôtre. Notre malade G...
reconnaissait sa mère, mais cette perception était coupée des affects adéquats. Au contraire, l'activité de l'esprit ne s'élève pas jusqu'à la perception, chez la démente de GürrauD quits'atiache à montrer le retentissement de l'affsetivii. sur Ja perfection des opérations de l'intellect : mais ne s'ägit-il.pas là encore
» < A . « i 0 « d’une rupture élective d'associations dans le sens centre affectif, centre intellectue] ?
blissement du sentiment conscient d'activité. C’est un trouble analogue que Bazver rapporte, sous le nom de sentiment d’automatisme, à une atteinte plus générale de la personnalité donnant naissance au sentiment de dépersonnalisation, dont les modalités sont multiples.
Par un rapprochement qui peut, à première vue, sembler audacieux, nous allons jeter un pont quasi direct entre déficit associatif et méconnaissance de soi. En effet, cet affaiblissement, qui est un trouble de la conscience psychologique, évoque d’une façon invincible l’expérience purement neurologique de H. Cusnixc. L’excitation du trone d’un nerf moteur est suivie de deux effets : l’un, somatique, est une contraction musculaire ; l’autre, psychique, est la perception de cette contraction. L’excitation de la zone motrice de l'écorce provoque, outre ce double phénomène, l’apparition dans la conscience du sujet du sentiment d'activité volontaire. Le mouvement n’est plus seulement perçu, mais paradoxalement voulu. Il existe donc dans les résultantes une différence tout à fait remarquable.
Or, par quoi les deux expériences se séparent-elles ? Par le choix du point de l'excitation. Dans la premuère, elle porte sur le tronc du nerf et se limite strictement aux fibres nerveuses. Dans la seconde, elle est corticale, et communique un ébranlement qui déborde le domaine des éléments moteurs, et s’étend à des régions voisines, qui lui sont liées par voie associative, et dont l’activité propre explique l'effet nouveau. Le sentiment d’activité exige donc une collaboration cellulaire étendue, et Fon peut concevoir que sa perte résulte d’une rupture des relations Imterneuroniques, et soit en conséquence réductible à un trouble plus profond, qui s'applique primitivement au mécanisme associatif. Voici donc un défaut de la connaissance du moi et de son activité qui semble assez facilement reliable à un déficit assoctatif.
— Or, la non-identification d’un état de conscienee d’origine sensorielle immédiate porte le nom d’agnosie. Elle est due
elle aussi à la non-irradiation de l’ébranlement sensoriel à une zone du cortex, qui est ici bien déterminée. C’est un trouble de la synthèse perceptive, par lequel, faute d’apports complémentaires, la perception n’est pas élaborée, mais en reste au stade de sensation. Les apports sensoriels demeurent en suspens, sans que, pour une raison quelconque, entrent en jeu les phénomènes de facilitation mnémonique indispensables à la mise sur pied des combinaisons originales, d’où pourront surgir des représentations connues. Le résultat est la non-identification de la sensation.
Échappons-nous du domaine étroit de la perception. Toute l’activité de l’esprit aboutit à la construction de synthèses qui lui sont comparables, et dont elle ne diffère que par sa complexité moindre et son origine sensorielle directe. Est-1l permis d'évoquer la notion d’agnosie à propos de certains troubles de ces synthèses supérieures, et en particulier du sentiment d’étrangeté du monde extérieur et du sentiment de dépersonnalisation ? « Sentiment de dépersonnalisation et sentiment d’étrangeté de la perception sont rigoureusement synonymes. » Îei donc, nous sommes encore devant une imparfaite reconnaissance des perceptions, internes ou externes.
Mais le point d'application n’est plus au même étage. TI ne s’agit plus de la méconnaissance grossière des sensations, telle que la réalise l’agnosie banale. L’inachèvement ou la perversion ne porte plus sur la perception, mais sur les synthèses supérieures qui s’édifient sur elle. En s’attaquant à la sphère qui couronne l’édifice nerveux, en faussant les mécanismes supérieurs de la connaissance, le trouble des associations peut engendrer une agnosie diffuse, qui explique le sentiment d'étrangeté, le malaise imprécis, l'attitude interrogative qui accompagnent tout ce qui pénètre dans la conscience. Trouble qui s'éloigne de l’agnosie banale, de: toute la distance qui sépare une dissolution locale {ou neu-