‹ Les États Affectifs Supérieurs Chez Les SchizophrènesChapitre 36 sur 38 · NUE · texte numérisé non relu

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sur les neurones des centres d'association qui restent plus ou moins gravement lésés. » Plus loin : « Il ne compromet Jamais le fonctionnement de la vie végétative ni l’existence du malade. Il s’agit donc d’un poison dont l’action sur les neurones (et même sur certains d’entre eux seulement) est tout à fait spécifique. »

N'est-ce pas là l'atteinte primaire de cette « partie associative du cerveau » dont parle PreroN, et par conséquent la base organique du trouble fondamental des associations ? Nous sommes évidemment trop loin de la certitude pour conclure. C’est une question qui attend encore sa réponse.

— Cependant, il est des faits qui, pour n’être pas anatomiques, n’en sont pas moins des faits, et qui entraînent nécessairement des conséquences anatomo-pathologiques. Ils tendent à montrer que les signes psychiques de la maladie, au mois au début, ne sont pas liés à une lésion cellulaire, avec altération morphologique. Telles sont les « guérisons » ultra-rapides obtenues par le choc insulinique.

Nous nous trouvons en présence d’une renaissance smmédiate de la fonction, supposant en cas de lésion anatomique une restitulio ad integrum instantanée, qu'il est vraiment difficile d'envisager sérieusement. Force est de conclure, en pareil cas, qu’il y a suspension et non pas destruction de fonction. Tout se passe comme s’il y avait simple malaise cellulaire, et en quelque sorte sidération du neurone, sous l'influence d’un toxique ou d’une toxine que le coma insulinique combattrait d’une façon au moins palliative.

Toutefois, si l’on admet, comme nous FPavons soutenu, que le trouble fondamental n’est pas un affaiblissement d’une fonction productrice d’énérgie psychique, mais un vice du mécanisme associatif, nous sommes amenés à le à le rattacher à un défaut, non de l’élaboration, mais de la circulation de linflux nerveux. C’est par la rectification des chemins qu’il suit dans l’encéphale, que SakEL, en insistant d’ailleurs sur le caractère hypothétique de cette propo-

sition, explique l’action de la cure insulinique. Mais alors l'attention quitte la cellule proprement dite pour se fixer: sur les organes connectifs : les synapses. Il semble d’ailleurs que la finesse des dissociations nous oblige à remonter Jjusque-là. La schizophrénie ne débuterait-elle pas par une intoxication des membranes synaptiques, aussi invisible que celle de la plaque motrice par le curare ? pour ne réaliser d’état démentiel irréversible, avec syndrome neurologique, qu’à l'apparition de la lésion cellulaire vraie, anatomique, stabilisée ? En émettant cette hypothèse, nous croyons ne pas user seulement des possibilités illimitées de l’imagination.

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