LES PETITS BLANCS
à esclaves, on s'occupe principalement d'agriculture. Au Sud comme au Nord des États-Unis, chaque petite ferme ne possède en général pas plus de terrain que la famille ne peut en cultiver. Dans le Sud, si un fermier en détient davantage, il trouve plus avantageux de louer des esclaves que de faire travailler les pauvres blancs du voisinage. Il en résulte qu'un petit nombre de blancs, ne possédant ni terrain ni esclaves, sont employés aux travaux de l'agriculture. Nous ne croyons pas rester en deçà de la vérité, en admettant que les fermiers fournissent du travail seulement à une famille de pauvres blancs sur quatre. En acceptant cette donnée, nous aurions un chiffre total de '216,582 familles, composées de 1,244,282 personnes, tirant leur subsistance de 175,106 fermes. Ce chiffre est plutôt supérieur qu'inférieur à la réalité, puisque le recensement de 1850 n'indiquait que 805,052 personnes au-dessus de quinze ans, comme étant occupées aux travaux agricoles du Sud.
D'autre part, nous savons que les fermes qui procurent le plus de travail aux petits blancs sont situées dans la Virginie occidentale, le Tennessee oriental, le Texas et le Kentucky, dans une partie de l'Alabama et de la Caroline du Nord. Les 216,582 familles auxquelles nous avons trouvé un emploi étant déduites des 941, 665 qu'il s'agit de pourvoir, il reste 725,285 familles comprenant 4,170,687 personnes, pour lesquelles il faut trouver un gagne-pain ailleurs que dans l'agriculture.
Notons que les chiffres ci-dessus sont fournis par le recensement de 1850. Or, pendant les dix années suivantes la population blanche des États à esclaves s'est
élevée de 6,222,418 à 8,199,760 Ames. S'aecroissanl dans la môme proportion, la population blanche non agricole serait, non plus de 4,170,687, mais de 5,496,635. Nous concluons, par une simple règle de proportion, que lors du recensement de 1860, 3,751,82! habitants des États dits confédérés ne s'occupaient pas de travaux agricoles. Parmi eux, on évalue le nombre des étrangers à un cinquième environ, soit à près de 750,000. Cela suppose qu'il exisie près de 3 millions de pauvres blancs natifs, ne trouvant pas dans l'agriculture leurs moyens de subsistance.
On sait que l'industrie du Sud est peu de chose. En 1860 elle n'occupait dans les Etats confédérés que 110,110 personnes des deux sexes, parmi lesquelles nombre d'esclaves. La marine marchande de ces mômes Etats n'est pas non plus fort considérable, elle ne requiert les services que d'un très-petit nombre de marins, soit pour le cabotage, soit pour le commerce extérieur. Les trois quarts du personnel engagé dans les canaux, les rivières et les chemins de fer sont des étrangers, Allemands et Irlandais pour la plupart: l'autre part est composée d'esclaves. On sait par une pénible expérience que pour un service exact et constant dans les moyens de transport, il ne faut en aucune façon compter sur des blancs du Sud. Dans les vastes forêts delà Caroline du Nord, la majorité des travailleurs qu'on y emploie par milliers se compose d'esclaves. Dans les villes du Sud, les domestiques d'hôtel, les ouvriers ordinaires, les mécaniciens et artisans sont, dans une proportion analogue, des nègres ou des étrangers. D'ailleurs le gibier est