‹ Les Etats Confédérés et l'esclavageChapitre 13 sur 19 · LES PETITS BLANCS. H · texte numérisé non relu

LES PETITS BLANCS. H

abondant clans loul le territoire de la Confédération et même dans le voisinage des grandes villes ; la chasse et la pêche donnent, sans qu'il soit besoin de travailler, une alimentation suffisante, et la douceur du climat permet de grandes économies sur l'habillement . Ce sont là des motifs de plus pour mener une vie indolente et paresseuse. De lout ce qui précède, il résulte qu'après avoir déduit des 5 millions de petits blancs ne s occupant pas de travaux agricoles, tous ceux que nous avons pu classer autrement, il reste 2,500,000 paresseux et fainéants avoués, environ la moitié de toute la population blanche'. Si les petits blancs ne se soucient pas de travailler, c'est qu'ils considèrent le travail comme la tâche réservée aux esclaves. Cela explique d'ailleurs pourquoi les tentatives qu'on a faites pour introduire des manufactures dans le Sud ont toutes été suivies d'insuccès. Les indigènes blancs ne veulent pas travailler, les emigrants du Nord sont considérés dans le pays comme des gens sans principes et sans valeur aucune, « des ennemis de notre institution particulière, et aussi des obstacles insurmontables au succès de nos propres artisans. » C'est du moins ce que dit le journal the Carolinian. La difficulté est là : « l'institution particulière » est l'ennemie des petits blancs indigènes; elle est également hostile aux étrangers. Aussi le recensement de 1850 nous apprend-il que dans les Etats de la confédération actuelle, on ne comptait que 88,109 natifs des Etals libres, tandis

' Omlsleil; Uni led States Census; National Almanac, 1805; Cuirncs Slave Poiver; Stirling's Letters from the Slave States; Helper's Impending Crisis, etc.

lU LES ÉTATS CONFÉDÉRÉS ET L'ESCLAVAGE, que dans le Nord, il n'existait pas moins de 609,225 natifs des États à esclaves ^

Les témoignages pris sur les lieux sont unanimes et di'cisifs pour affirmer la condition misérable d'une partie nombreuse de la population des petits blancs. Ainsi un liabitant du Sud qui avait, pendant plusieurs années, résidé dans les Carolines et voyagé dans l'Amérique espagnole, parlait en ces termes des nombreuses communautés qui existent sur les rives du Congaree, dans la Caroline du Sud : « Ce sont les descendants des premiers colons qui possédaient tout le pays; mais depuis plusieurs générations leurs pères ont peu à peu vendu tout ce qu'ils possédaient aux ricbes planteurs qui sont venus s'établir parmi eux. Ils vivent du produit de cette vente; 'curs enfants sont élevés dans une indépendance oisive, insouciante, beaucoup plus funeste à l'avenir de leur race que ne l'eût été l'imposition d'un travail servile. Ils sont plus ignorants, plus dégradés, plus superstitieux, moins endurants et industrieux, bien moins gais et actifs, et de beaucoup moins susceptibles d'amélioration et de développement que ne le sont les plus misérables peones du Mexique. Leur nourriture principale est une soupe de pois, et leur plus grande friandise, un mélange de lard et de pois, assaisonné de poivre rouge'.»

Écoutons M. Hammond, ex-gouverneur de la Caroline du Sud : « D'après les calculs les plus vraisemblables, par lesquels on a tâché de suppléer au manque de données statistiques, on croit que des -jOO.OOO blancs

' Helper, op. cit., p. 5 19.

* Olmsted, p. 505, 500.

Page 1