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LES PETITS BLANCS. H

de la Caroline du Sud, il n'en est pas moins de 50,000 auxquels leurs industries quelconques ne peuvent et ne pourront probablement pas procurer honnêtement cette aisance à laquelle chaque blanc de notre pays devrait avoir droit. Il en est qui ne travaillent pas du tout. Ils se procurent une subsistance incertaine par quelques travaux d'occasion, par la chasse, parla pêche; ils vont dérober dans les champs et dans les étahles, et, ce qui est pire encore, ils trafiquent avec les nègres, et les incitent à voler pour leur compte \ » Et M. William Gregg disait, en 1851, dans un discours prononcé devant le South Carolina Inslitrde : « Suivant les évaluations les plus exactes qu'il m'ait été donné de faire, je conclus que dans notre Elat, les blancs qui devraient travailler et ne travaillent pas ou sont occupés k un travail absolument improductif, sont au nombre de 125,000. » Or, la population totale était de 274,565 en 1850. Et ailleurs : « Aucun observateur ne pourrait traverser notre pays sans être frappé du fait que tout notre capital, toute notre activité et notre industrie sont employés à diriger le travail servile. Il en résulte qu'une portion considérable de nos petits blancs est entièrement négligée. On les laisse dépenser leur existence dans une condition d'un degré seulement plus élevée que celle de l'Indien dans sa forêt". :»

M.Tarver, du Missouri, s'exprimait ainsi": « Ceux qui ne possèdent pas d'esclaves, n'ont en général que de

• Olmsted, p. 514.

* Helper, p. 404.

^ Ibid., p. lôO.

il6 LES ÉTATS CONFÉDÉRÉS ET L'ESCLAVAGE,

très-faibles ressources. Le lerrain qui leur appartient est pauvre et infertile ; tout le sol de meilleure qualité est détenu par les propriétaires d'esclaves qui le font mieux valoir. Cet état de choses, vraiment déplorable, abat toute l'énergie de ces misérables. Une position respeclable leur semble si difficile à conquérir, qu'ils considèrent comme désespérée toute tentative faite pour s'élever; la plupart s'abandonnent à une paresse invétérée, et sans réagir contre elle, en subissent toutes les conséquences. Je déplore d'avoir à le dire, mais j'ai observé, dans ces derniers temps, une décadence évidente ; j'ai dû constater que la jeune génération élait moins instruite, moins active, et en tout moins respectable encore que ne l'était la génération précédente. »

Voici l'opinion de M. Olmsted sur les petits blancs qui habitent les districts forestiers de la Caroline du Nord : « Les nègres leur sont décidément supérieurs moralement et intellectuellement. Parmi eux, un grand nombre, la majorité devrais-je dire, sont des vagabonds misérables et sans aucune éducation, gens sans occupation habituelle et nettement définie, sans nul moyen de gagner décemment leur vie. Ils n'ont guère d'autre propriété que celle de leur propre corps ; et ils n'en savent point tirer profit pour se livrer à un travail qui leur procurerait des salaires tant soit peu réguliers ; ils ne se résignent à faire usage de leurs membres, que de temps à autre, par occasion ou par nécessité. Une famille de cette espèce, loue, occupe temporairement [squats) ou construit une petite case en troncs d'arbres (log-cabin) qui peut garantir de la pluie, mais non pas du vent, et qui a

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