L'ESCLAVAGE DOGME SOCIAL ET RELIGIEUX
sèment de la traite. Le révérend docteur ïhornwell, un des théologiens les plus distingués de la Caroline du Sud, est convaincu que « la traite est la plus belle de toutes les sociétés des missions'. »
Les opinions que proclament aujourd'hui des hommes du Sud au sujet de leur institution de prédilection ressemblent aux ejaculations du délire, bien plus qu'à des idées d'hommes sensés. Voyez, par exemple, la définition que le Southern Literary Messenger, la plus ancienne et la plus répandue des Revues du Sud donne de l'abolitionniste : « L'abolitionniste est un homme qui n'aime pas l'esclavage pour lui-même, comme une institution divine; il n'a point pour lui le culte qu'il doit à la pierre angulaire de nos libertés civiques ; il ne l'adore point comme la seule condition sociale sur laquelle il soit possible d'élever un gouvernement républicain durable. Dans le secret de son âme, l'abolitionniste ne désire point voir l'esclavage répandu et perpétué sur la terre entière comme un moyen de réforme humaine, moyen qui en importance, en dignité et en sainteté ne le cède qu'à la religion chrétienne-. »
M. Filzhugh, de la Virginie, dans un livre sur la Sociologie du Sud, parle en ces termes : a Les esclaves juifs n'étaient point des nègres. Restreindre la justification "de l'esclavage à celle de l'esclavage des noirs, serait af- ^'-'^ faiblir l'autorité des saintes Ecritures et renoncer au O' bénéfice des exemples que nous donne l'antiquité pro- --^
' Les États-Unis en I8G1, par M. le pasteur Fiscli, p. 180. ' The Slave Poiver, by Professor Cairnes, p. 177.
fane ; car nous ne lisons nulle part que dans les temps anciens, il existât des nègres esclaves. L'esclavage "ëSt donc nécessaire, que les esclaves soient blancs ou noirs.'*» El le Richmond Enquirer, le mieux rédigé et le plus compétent des journaux du Sud, s'exprime ainsi sur ce sujet : «Ce n'est pas une fois seulement que nous avons sommé le Nord de nous répondre: L'expérience d'une liberté générale n'a-t-elle pas échoué partout? Est-ce qu'il est possible d'endurer les maux inséparables de toute société libre? Pas de réponse. Le silence est une preuve concluante, ajoutée à toutes celles que nous avons déjà données, qu'à la longue, une société libre est une société impossible, qu'une société libre est affamée, démoralisée et insurrectionnelle. La politique et l'bumanité exigent également que les malheurs de la liberté ne soient pas imposés aux peuples nouveaux et aux générations futures. Jusqu'à nos jours les défenseurs de l'esclavage restaient à moitié chemin. Ils ne légitimaient que la servitude des noirs. C'était abandonner le principe, c'était admettre que la servitude appliquée à d'autres que les Africains est mauvaise. Aujourd'hui nous affirmons que l'esclavage est juste, naturel et nécessaire. Il saute aux yeux que les noirs doivent être plutôt esclaves que les blancs, car, par nature, ils sont capables seulement de travailler et non pas de commander ; mais il n'en reste pas moins vrai qu'en lui-même le principe de lesclavage est absolument indifférent à la couleur de la peau.» Un autre journal de la Virginie, le Southside Democrat^ avoue bravement: «Nous en sommes venus à haïr tout ce qui porte 1 épithète de libre ; à partir du nègre libre