SCÈNE VIL
GOUDARD.
C’est qu’ici.... vois-tu, Martinot.... c’est différent.
MARTINOT.
Oui.... tu as peur qu’on ne t écouté.
Non, mais je suis concierge.
LE FRÈRE COUPARD.
Voilà pourtant comme on se livre à Satan sans s’en douter! voilà comme on oublie les
commandemens de Dieu! (IL avale un grand verre de vin. )
A la santé de nos chers Parisiens , monsieur Martinot. ,
MARTINOT.
Merci , mon père : ils vous le rendent, à vous et à tous les vrais Guisards.
JEANNE LENOIR
Ah! saint François! que ne sommes-nous dans ce brave Paris ! c’est là qu’on nous aime !
MARTINOT.
Je vous en réponds, bonne Jeanne! et si vous y venez jamais , soyez tranquille , vous y verrez de belles fêtes. Quand on leur dira : voilà celle qui l’a nourri ; — ils vous brûleront autant de chandelles qu’à la bonne Vierge, si elle ressuscitait.
(On entend frapper à la porte qui conduit au château.)
GOUDARD.
Ah ! mes amis , entrez là-dedans ; entrez , je vous en prie....
( Il leur montre la petite salle. )
MARTINOT.
Pourquoi donc ?
GOUDARD.
Vous n’entendez pas?
( On frappe de nouveau et on crie : holà ! Goudard. )
Ce sont les quarante-cinq.... Vous savez ces enragés démons.... Entrez, entrez....
( Il les pousse vers la petite salle. )
COUPARD.
Soit....
MARTINOT.
Il est certain que s’ils sont quarante-cinq , il n’y a pas moyen de leur tenir tête.
(Martinot, Coupard et la nourrice entrent dans la petite salle. )
GOUDARD.
Là , bien.
( On crie de nouveau s holà ! ouvre donc , Goudard. )
— On y va, on y va. ( a Robert*.) Allez-vous-en aussi mon enfant.
ROBERTZ.
Je ne peux pas marcher !
GOUDARD , essayant de soulever le fauteuil.
Maudit fauteuil ! est-il lourd !