SCÈNE YII
ROBERTZ.
Demain, n'est-ce pas? il sera temps! Allons, décroche-moi cette vieille arquebuse, elle me servira de béquille....
GOIJDARD , détachant son arquebuse de la muraille.
Tenez, la voici....
( Robertz s’appuie sur l’arquebuse , et commence à marcher.)
Bien ! mon enfant.... Allons, il marche.... il ira....
(Il lui offre de le soutenir. ) ROBERTZ, le repoussant.
Je n’ai pas besoin de toi.... va-t-en....
GOUDARD.
Voyez-vous, il fait le fier.... Allons.... trèsbien.... courage....
( Robertz sort. )
— Voilà qui est pour le mieux.... Cet enfant-là, c’est son affaire, c’est à lui de sauver son maître...
— Oh ! Goudard , tu as des idées , mon ami , des idées uniques!
( On ouvre la porte de la basse-cour. )
— Eh! mais voici monsieur le cardinal; il faut lui en dire aussi quelques mots sans en avoir l’air.
( Il se met à feuilleter un petit livre.)
LE CARDINAL DE GUISE, entrant avec le P. Cornac, qui porte un
falot à la main.)
Retournez au couvent, père Cornac; je vous suis obligé.
CORNAC
Monseigneur, vous aurez besoin de mon falot pour vous en retourner : si vous le permettez, je vais vous attendre au coin du feu de l’ami Goudard.
LE CARDINAL
Soit.
( A Goudard , qui tient sou bonnet d’une main et «on petit livr* de l’autre.)
Bonsoir, Goudard. Qu’est-ce que tu lisais donc
là?
GOUDARD.
Mon almanach, monseigneur.
LE CARDINAL
Eh bien! que te dit-il pour demain ?
Le dégel, monseigneur, le dégel.
LE CARDINAL
Mais il aura deviné , je crois ; le temps est brumeux, il pourrait bien pleuvoir.
GOUDARD.
Oh! oui, monseigneur; il tombera demain lorce hallebardes. — Je vous conseille de prendre vos précautions.
LE CARDINAL
Que veux-tu dire?
GOUDARD.
Rien.... monseigneur.