‹ Les etats de BloisChapitre 149 sur 225 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

je les vois aussi bien que vous; niais ma condition est de les braver. J’ai fait un pacte avec la fortune : pour lui arracher ses faveurs, 1! fallait bien lui promettre quelque chose. Eli bien! ce que je lui ai promis, mes amis, c’est de n’avoir jamais peur et de jouer ma vio avec elle chaque fois qu’elle me le demanderait.

MADAME DE NEMOURS, après un moment ■ 4e silence .

Ainsi, mon fils, vous irez au conseil!....

GUISE

Oui , j’irai , et j’en sortirai avec dix ordon nances nouvelles que nous publierons à sa honte. Ce rendez-vous qui vous épouvante , je m’en réjouis comme d’une victoire. Ne vous ai-je pas dit, mes amis, que ce matin après la messe, j’ai fait trembler ce pauvre pénitent dans son propre cabinet? Déjà, j’en suis certain , il frissonne de peur , et il n’a hâté d’un jour le conseil que pour se délivrer plus tôt de ses craintes, en s’accommodant encore une fois avec moi.

BR1SSAC.

Si monseigneur l’a irrité par des menaces, je crois plutôt qu’il est pressé de se venger.

LE CARDINAL DE BOURBON

Surtout, monseigneur, soyez bien armé.

GUISE

Ils ne me toucheront pas un cheveu , fussentils mille, je ne les crains pas.

LE CARDINAL DE GUISE, à sa mîrc.

Quel aveuglement !

MADAME DE NEMOURS, au cardinal.

Hélas! mon fils, j’en mourrai.... le cœur me manque.

GUISE

S’il était assez fou pour attenter à ma vie , vous me vengeriez, mes amis4 La France entière me vengerait.

MADAME DE NEMOURS

Eh ! qu’importe, mon fils," quand vous seriez vengé !..., si nous vous perdons, c’est fait de nous.

Je vous L’ai déjà dit, ma mère, je ne dois pas faire plus de cas de ma vie qu’il n’est séant à un homme de guerre. Elevé au milieu des camps, cent fois l’image de la mort s’est présentée à moi , et , Dieu merci ! jamais elle né m’a troublé. Souffrez que ce ne soit pas encore aujourd’hui qu’on me voie reculer devant elle.

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