‹ Les etats de BloisChapitre 150 sur 225 · scene · texte numérisé non relu

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MADAME DE NEMOURS

Eh bien ! oui, méprisez votre propie danger; jetez-vous, tête baissée, au-devant de la mort , je le veux bien : mais ce n’est pas de votre vie qu’il s’agit; mon ami, mon bon fils, il s’agit de nous, de nous que vous aimez, et qui n’avons que vous pour appui !.... Songez à votre femme, à votre mère... Et vos enfans!... pourriez-vous les laisser, à leur âge, en butte aux fureurs des médians , dont vous-méme auriez été victime ! Ah ! cette idée cruelle ne fléchi ra-t-elle pas votre courage?....

GUISE, après un moment de silence , s’adressant au prince de Joinville.

Charles, mon fils , c’est à vous de répondre à votre grand’-mère» Je n’avais pas votre âge » quand le meilleur des pères tomba devant moi frappé de mort; resté seul avec mes frères, çxposé à tous les traits des ennemis de notre .Maison, ai-je laissé pour cela de m’élever, de rassembler les débris de notre fortune , de recueillir l’héritage d’un père si grand, et même de venger sa mort? Je confie à Dieu, qui m’a toujours été clément, le soin de vous protéger, mais je ne puis m’engager à vivre éternellement pour vous. Je ne vous ai pas mis au monde pour faire obstacle à mes projets. Si un coup

imprévu m’enlève à mon tour, vous ferez comme j’ai fait ; vous prendrez ma chemise, toute fumante, et vous lirez dans mon sang ce qu’il faudra faire pour me venger. Charles!.... vous êtes ému!.... de la fermeté, mon fils.... promettez-moi que vous vous montrerez digne héritier de votre aïeul.... de votre père....

JOINVILLE, lui baisant la main.

Mon père!.... que me dites-vous là!....

MADAME DE NEMOURS

Le pauvre enfant !

LE CARDINAL DE BOURBON

Ah! monseigneur, ayez pitié de nous1

BRISSAC ET D ELBEUF, en mcma temps.

Monseigneur !....

GUISE

Non, mes amis, plus de prières : n’en parlons plus : je suis si résolu, que, si je voyais la Mort entrer par cette fenêtre, je n’ouvrirais pas cette porte pour lui échapper.

MADAME DE NEMOURS, les yeux pleins de larmes.

Miséricorde !

LE CARDINAL DE GUISE

Venez, ma mère, laissons-le, retirons-nous : ni vos larmes, ni vos supplications n’y pourront

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