‹ Les etats de BloisChapitre 32 sur 225 · SCENE ï · texte numérisé non relu

SCENE ï

GUISE

N’ai-je pas d’abord averti Votre Majesté , presque chaque jour , depuis cinq mois, que son conseil était suspect aux catholiques? Ne vous ai-je pas désignée par leurs noms, ceux que vous ne pouviez écouter sans danger? et cependant, Sire, vous les gardez....

LE ROI

Mon cousin, vous n’étes pas juste.... Je les écarte peu à peu. N’ai -je pas déjà renvoyé d’Elbenne ?

GUISE

Soit; mais ; Rambouillet , Bellegarde , et ce monsieur Loignac , avec ses ordinaires , toujours la dague au poing, toujours parlant de tuer, de massacrer.... Sire, on ne peut pas respirer le meme air que ces gens-là.

LE ROI

Eh' bien ! nous les renverrpns.... Mais laissezles seulement finir l’année. Pour huit jours, est-ce la peine ?.... On ne chasse pas ses valets la veille du premier de l’an.

GUISE

Si Votre Majesté ne renvoie pas ses gardes , qu’elle m’en accorde au moins.

Gomment ? n’avez-vous pas assez de vos gentilshommes ?

GUISE

Sire, vous vous souvenez que sous le Roi Charles, lorsque vous étiez lieutenant-général, comme je le suis maintenant , on vous donna une garde d’honneur de deux cents hommes d’armes qui ne quittaient pas votre personne.

LE ROI , vivement.

Oui , c’est vrai ; mais moi, ... monsieur le duc , moi, j’étais.... (changeant de ton :) Non , vous avez raison, vous êtes lieutenant... Nous en reparlerons, mon cousin.

GUISE, élevant la voii.

Il faudrait aussi que Votre Majesté ne différât pas plus long-temps l’admission du concile de Trente.... Les catholiques l’attendent avec impatience. *

LE ROI

Ah! quant au concile... je voudrais d’abord...

GUISE , l’interrompant.

J’en dis autant de la remise d’Orléans : les catholiques comptent sur cette place, vous la leur avez promise.

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