‹ Les etats de BloisChapitre 33 sur 225 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE ROI , avec impatience. m

Mon cousin , vous me demandez trop de

chOSeS.... (Changeant le ton de sa voix et souriant . ) Commencez

par m’en accorder une. — Vous resterez, n’est-ce pas?

GUISE

Sire....

LE ROI

Très-bien. — Levons-nous, s’il vous plaît , car nous pourrions prendre froid.

( Ils se lèvent. Le Roi s’adressant aux gentilshommes des deux partis :) '

Messieurs, la bruyante querelle de tantôt m’a causé beaucoup de peine; faites en sorte qu’elle ne se renouvelle pas. Le premier qui troublerait la paix serait puni plus sévèrement qu’on ne s’y attend peut-être. Surtout, gardez-vous bien de donner à mon cousin de Guise le moindre sujet de plainte : il est nîon lieutenant, mon image vivante : ce qu’il fait, ce qu’il dit , c’est moi qui le dis, c’est moi qui le fais : l’offenser, c’est m’offenser moi-mème. (s* tournant vers Guise et im donnant la main : ) Mon Dieu! que je suis content que vous nou o restiez! — (a«* gentilshommes) Croiriezvous, messieurs, que mon cousin parlait de s’éloigner de la cour; mais par bonheur il renonce à son dessein ; il se rend à nos prières.

LOIONAC , à part.

J’enrage !

SA1NTE-MALINES, à Loiguc.

Vois donc comme je suis rouge, la peau m’en crève.

LE ROI , à Guise.

Il faut que je vous dise adieu; il se fait nuit, et mon chapelain m’appelle à mon oratoire ; je dois m’approcher demain de la sainte-table. — Mais , mon cousin, que ne renouvelons-nous demain cette touchante scène de la sainte Barbe, dont je garde Une si douce mémoire? Partageons encore une fois la sainte hostie : vous le voyez , je vous traite en frère.

GUISE

Sire, ce m’est trop d’honneur....

LE ROI

Eh bien ! demain je compte sur vous ; ce sera la consécration de votre bonne amitié. Nous en ferons encore autant à la sainte messe de minuit, si Dien nous prête vie jusque-là,

mon cousin.—— ( Sa voix devient faible et traînante. ) Je n’ai pluS

de bonheur que dans le sein de mon îivin Sauveur : je n’ai plus d’autre pensée , d’autre soin.... Hélas! il est bien temps de songer à mon salut! — Demain nous communierons ensemble; ven-

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