SCÈNE I
dredi , j’irai faire station à Notre-Dame de Cléry ; samedi, au Calvaire d’Amboise ; et dimanche, nous ferons la fête ici.... Vous, mon cousin, vous avez encore un pied engagé dans les voies du monde.... Dieu vous appellera à votre tour.... vous verrez. Mais le royaume et moi nous avons encore besoin de votre bras.... Conservez-vous, mon cousin ... Adieu.
GUISE • s’inclinant.
Sire, je vous baise les mains.
LE ROI , apercevant d’Espiguac auprès de là porte.
Monsieur de Lyon, j’ai de bonnes nouvelles de Rome : on me dit que le Saint-Père est de vos amis ; et j’espère que le chapeau vous arrivera aux environs de la Sainte-Luce.
d’espignac.
Sire, votre borné me confond.
LE ROI , à Guise.
Dieu vous garde ! mon cousin.
GUISE
Sire.... (ii le salue profondément; puis en se relevant , il lui dit d’une voir
ferme.) Votre Majesté daignera donc ne pas oublier ?....
LE ROI
Certainement, monsieur le duc; soyez en paix : je vais m’occuper de vous et de vos
affaires, et je vous promets que, Dieu aidant, d’ici.... à trois jours , il n’en sera plus parlé.
(Il lui fait avec la main un signe d’amitié et rentre dans le château. ) BRISSAC, bas à Bois-Dauphin.
Que veut-il dire ?
bois-dauphin.
Le sait-il seulement lui -même, le pauvre pénitent?
BRISSAC
J’ai peur qu’il ne le sache trop bien.
( Les ordinaires et les gens du Roi se retirent peu à peu , soit dans la cour du château , soit chez le concierge. Guise et ses gentilshommes restent seuls dans la basse-cour. )
GUISE, à d’Espignac.
Eh bien ! monsieur le politique , vous voilà en belle faveur , j’espère !
d’espignac.
Que voulez-vous, monseigneur, il fait la cour à tous vos amis; mais n’importe, je n’ai pas en idée que sa royale main soit destinée à me coiffer.
GUISE
Et pourquoi , beau sire ?
d’espignac.
Parce qu’il recevra son froc encore plus tôt que moi mon chapeau.. En vérité, monseigneur, j’ai cru que vous alliez lui demander quel jour il voulait entrer au cloître.