‹ Les etats de BloisChapitre 35 sur 225 · BOIS-DAUPHIN · texte numérisé non relu

BOIS-DAUPHIN

C’est charité toute pure de le froquer pour ses étrennes.

d’espignac.

Vous lui laisserez le nom de roi in partibus monacorum.

GUISE

Silence! messieurs, silence! voyez, je vous prie, comme monsieur de Brissac fronce le sourcil. Ah ça ! Brissac , vous croyez donc toujours que nous ne pouvons rester ici sans dangers ?

BRISSAC

Je ne dis pas cela, monseigneur, mais si le maître du logis faisait moins la chattemitte et le bon apôtre , vous me verriez plus rassuré.

GUISE

Le pauvre poltron serait bien ravi s’il savait qu’il vous fait peur !

d’espignac.

Allons, monseigneur, de grâce, songeons à mon souper.

GUISE

Il a raison, messieurs, j’ouvre la marche.

LE CARDINAL DE GUISE, qui vient d’entrer dans la basse-cour par la rampe du- midi, suivi de Mayneville.

Eh bien ! vous ne m’attendez pas ?

GUISE ^ s’arrêtant.

Comment ! c’est vous , mon frère ? vous étiez donc sorti ?....

LE CARDINAL

Oui, en cachette, par la petite rampe.... mais j’arrive trop tard , tout est fini.

GUISE

Ce n’était qu’un de ces feux d’étoupes qui luisent fort et ne durent pas.

LE CARDINAL

Ma foi, je m’attendais à un incendie; j’aurais juré qu’on allait s’égorger : aussi j’arrivais en force.

GUISE

Vraiment, vous aviez déjà ramassé dumonde?

LE CARDINAL

Trois ou quatre cents gaillards bien armés , grâce à l’aide de monsieur de Mayneville et de nos pères de Jésus.

Eh bien! Brissac, vous le voyez, nous ne sommes pas dans une île déserte.

LE CARDINAL

Ah! messieurs, ce sont d’admirables serviteurs que ces pères de Jésus ! ils se perfec-

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