‹ Les etats de BloisChapitre 43 sur 225 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LE ROI

C’est mon seul plaisir; plus on m’apprend de ses insolences, et plus je suis content. Vous n’avez pas , comme moi , des amis qui prêtent l’oreille à sa porte! Vous ne vous doutez pas de ce qu’il dit.... Bientôt il m’enverra une nourrice et des lisières; il voudra m’apprendre à lire et à prier Dieu; il....

CATHERINE

Là, là, monsieur mon fils, calmez-vous....

LE ROI

J’ai trente-sept ans, ma mère.

CATHERINE

Bon, mon fils; mais laissez-là toutes ces plaintes.

LE ROI

Si l’on ne veut pas m’aider, qu’on me laisse me plaindre au moins.

CATHERINE

Et que peut-on faire pour vous , mon fils ?

Si vous ne pouviez rien faire, vous auriez bien dû ne pas m’amener ici !

CATHERINE

11 est vrai , je ne croyais pas vous mettre aux prises avec un aussi rude jouteur, ou plutôt,

je n’avais pas songé que l’âge et la fièvre vous priveraient de mon secours. Mon bon Henri , donnez -moi votre main, tâtez mon front; n’est-il pas brûlant?....

( Catherine tombe dans une espèce d’assoupissement. )

LE ROI

Ma mère... vous ne répondez pas?... Ma mère !

CATHERINE , d’une voix faible.

Appelez quelqu’un.

LE ROI

Que vous faut-il , ma mère ?.... Nous sommes si bien seuls !

CATHERINE

J’ai froid... Ce grand château est une glacière..- J’y mourrai !

le roi , attisant le feu.

C’est moi qui vous porte malheur, ma pauvre mère; si je n’avais pas besoin de vos conseils, vous seriez en pleine santé. — Voici du feu; n’ètes-vous pas mieux maintenant?

CATHERINE

Oui, je reviens à moi, mon fils; ces crises ne durent pas.

LE ROI , après s’être promené quelque temps dans la chambre.

Eh bien ! ma mère... vous ne voulez pas me

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