‹ Les etats de BloisChapitre 55 sur 225 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

je vous prouverais qu’elles me sont aussi bien favorables que contraires. Voyons : n’est -ce pas là les vers de votre fameux Nostradamus ?

Paris conjure un grand meurtre commettre ;

Blois lui fera sortir son plein effet.

BR1SSAC.

C’est cela meme, monseigneur.

GUISE

Eh bien! Paris, ce n’est pas le Roi ; ce sont les Parisiens; et franchement, le bonhomme Nostradamus ne se trompe guère ; car si ce pauvre Valois n’avait tourné bien vite les talons, je ne sais si nos amis de Sorbonne n’auraient pas trouvé de belles et bonnes raisons pour le pendre. Ainsi , rien n’est plus vrai : Paris a conjuré un grand meurtre commettre ; maintenant, Blois lui fera sortir s on pie in effet .... Eh bien! Brissac, cela vous désole?

BRISSAC

Certes non , monseigneur : si vous l’entendez ainsi, je ne demande pas mieux; mais toutes les prédictions ne se laissent pas interpréter de la sorte; et l’almanach de Billy, par exemple..,-

GUISE

Que dit-il donc celui-là?....

BRISSAC

Voici ses vers :

tr . •

La cour sera en un bien fâcheux trouble ;

Le grand de Blois son bon ami tuera.

GUISE , l’interrompant et souriant.

Le grand de Blois?.... Ah ça, monsieur de Brissac, vous avez de singulières distractions. Je ne suis donc pas le grand de Blois, selon vous ? Quant à savoir si je tuerai mon bon ami , peu importe ; mais, par tous les saints ! je suis le grand de Blois.

brissac.

Allons, monseigneur, à la maniéré dont vous prenez les choses, je vois que rien ne pourra changer «votre résolution.

GUISE

Non, mon ami; je suis trop avancé maintenant pour reculer ; et l’on serait trop joyeux là en face, si j’avais le malheur de faire seulement un pas en arrière.

BRISSAC

Vos amis, vos vrais amis, monseigneur, s’en réjouiraient aussi.

GUISE

Excepté d’Espignac, pourtant.

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