SCÈNE ITT
GUISE « ste relevant brusquement.
Comment? ce petit impudent....
BRISSAC
Il l’accuse de froideur pour l’Union.... Et entre nous, monseigneur, on voit plus souvent monsieur le cardinal au lever du Roi qu’au vôtre.
GUISE
Vous n’y comprenez rien.... Morosini me sert en homme habile....
BRISSAC
Il court pourtant des bruits sur son compte...
guise.
Je suis sûr de Morosini. — Ce Caracciolo est un meurt-de-faim, un Napolitain rongé d’envie : qu’il s’avise de dénoncer son patron....
BRISSAC
Ma foi, monseigneur, je crois bien que les Pères en écriront à Rome....
GUISE
Comment, ils m’enlèveraient Morosini, Morosini qui est maître de l’esprit du Roi, qui le mène à sa fantaisie ? — En vérité , cette sainte société commence à se faire un peu trop remuante : pour des gens qui ne sont au monde que d’hier , ils ont déjà la main partout. Mon
frère les gâte; il en fait ses mignons, il est toujours à leurs genoux, et cela pour quelques médians services....
D’ESPlGNAC , qui vient d’entrer , et qui a entendu les derniers mots-
Silence! monseigneur, silence ! monsieur le cardinal est derrière mes talons.
GUISE
Eh bien ! crois-tu que je me gênerai pour le lui répéter en face?
(Entre le cardinal de Guise.)
Venez donc , mon frère; voilà d’Espignac qui ne veut pas que je vous dise que vos jésuites sont des brouillons qui accaparent tout à eux; et que vous avez tort de leur livrer le plus secret de nos desseins.
LE CARDINAL
Je vois d’ici ce qui vous tourmente : on vous a parlé de cette réunion d’hier ; eh bien ! par saint Michel ! ils ont bien fait ! j’aime les gens qui veulent aller vite; je les prends pour mes serviteurs , et j’ai raison : quant aux gens qui vous servent, je vous conseille, ma foi, de les vanter! Depuis deux mois que vous êtes ici, vous avez fait grand’ chose !
GUISE
Un peu de patience.... et l’on verra.