‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 95 sur 212 · SCENE V. 2G · texte numérisé non relu

SCENE V. 2G

Rapprochons -nous (le l'église, monsieur le conseiller.

(On cnlend les enians de cliœur clianter 1<j O Salutafis Hoslia.)

Voilà des enfans qui chantent d'une charmante façon.

(Montaigne ne s'aperçoit pas que Pasquier le tire par son manteau pour qu'il st nnellr à genoux comme ceux qui sont dans la cour. )

UN OFFICIER LORAIN, à Montaigne.

A genoux ! bonnet bas !

MONTAIGNE , se mettant à genoux.

Ah î mon Dieu ! vosflio ben.

L OFFICIER , bas à Goudard, qui est à genoux auprès de lui.

11 est juif celui-là; êntends-tu comme il parle?

GOUDARD, bas

Taisez-vous donc; c'est le maire de Bordeaux.

(^L'élévation finie, tout le monde se relève.) PASQUIER , à Montaigne.

Profitons de ce mouvement pour nous pousser aux premiers rangs : ils vont bientôt passer; vous les verrez de plus près.

MONTAIGNE

Oui , mais moins à l'aise : je n'aime pas la foule, monsieur le conseiller, surtout quand il faut se mêler à gens d'humeur si peu débonnaire. Voyez donc ce§ messieurs de Lorraine ,

'2i)i\ LES El ATS m: BLOIS

comme leur figure est reniVognée! Et mon voisin, monsieur Loignac, avec ses Périgourdins.... ne dirait-on pas de vrais tigres?

PASQUIER

Eli bien ! restons ici....

MONTAIGNE

Mais regardez donc! comme ils se précipitent les uns sur les autres devant cette porte !

PASQLIER.

C'est sans doute le njoment de la communion.

LOIGNAC * *ur le seuil de la porte , se tournaut vers la l'oule «jui veut

entrer.

Quand vous pousserez jusqu'à faire tomber ces colonnes, vous n'en verrez pas davantage. — Voilà mc^isieur le légat qui brise la sainte hostie.... ètes-vous coiitens? — Le Roi l'av^e, et de bonne grâce , ma foi. — A son voisin maintenant... Si ça le guérit du péché d'orgueil, il faut que monsieur le légat ait un fameux secret pour bénir les hosties!

UN OFFICIER LORRAIN, -'ans h foule.

Si ces hosties-là inspirent franchise et vraie religion, puisse ton Roi en avaler une douzaine î

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