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LES ÉTATS DE BRETAGXE

les villes et bourgs des receveurs des deniers communs et d'octroi : si la commission n'est pas révoquée, les Etats feront opposition à la levée du subside extraordinaire de 376,000 écusC.

Les Etats sont composés de privilégiés, mais leur situation politique les élève au-dessus de leurs intérêts de caste. En plusieurs occasions, ils s'efforcent de mettre un terme aux vexations seigneuriales : toute personne, possédant des péages, doit faire rédiger des pancartes, contenant le tarif des divers droits'-'. En 1587, on proteste contre les procédés de certains seigneurs, qui, à l'exemple du sire d'Avaugour, exigent de leurs sujets de l'argent pour payer les soldats qui tiennent garnison dans leur château, tandis que les habitants font déjà la garde et le guet au château, tant de nuit que de jour'').

L'Assemblée est le seul organe politique de l'ancien duché : elle est donc souvent animée de l'esprit particulariste : elle demande, à plusieurs reprises, que les pensions de la province ne soient données qu'à des originaires*'; que dans les procès de successions, il y ait autant de conseillers bretons que de français; que, pour juger les crimes, il n'y ait pas moins de dix Bretons qui figurent au tribunal'^'.

(1) Arch. d'IUe-et-Vilaine, C. 2642, p. 398. — Autre preuve de la même tendance : en 1569, les Etats demandent au roi de déliTrer la ville de Nantes de toute taxe pendant vingt ans, afin de la relever des charges écrasantes qu'elle a supportées pendant la guerre : garnisons, passages de troupes, etc. (jhid., C. 2640, p. 231).

(2) Idt'l., C. 2640, pp. 126 et sqq.

(3) (( Pour ce que aucuns seigneurs et gentilshommes de ce pays veulent à l'exemple du sieur Davaulgour. à cause de sa ville et château de Clisson dont il est seigneur, contraindre leurs hommes et sujets, encore qu'ils fassent en leur tour et rang le guet et garde tant de nuit que de jour en leurs chasteaax, à payer certaines sommes de deniers auxquelles ils les cottisent pour le payement de la solde et entretenement des soldats qu'ils mettent en garnison en leursdits châteaux, et obtiennent importunement et par surprise de V. JI. lettres pour cet effet, qui est directement, contre vos ordonnances générales et vos lettres particulières pour la convocation de leur assemblée, droits, loix et libertés dudit pays, redoubler la charge du pauvre et misérable peuple ... », on demande la révocation des commissions obtenues pour le payement de ces sommes (ibid., C. 2642, p. 613).

(4) Ibid., C. 2640, p. 309.

(5) Ibid., C. 2640. p. 60.

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