‹ Les Etats de Jersey et la langue française [microforme]Chapitre 6 sur 22 · LT SC · texte numérisé non relu

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ET LA LANGUE FRANÇAISE Il

gens, plutôt portés aux affaires qu'aux choses de l'imagination, ne bronchent pas d'une semelle quand il s'agit de toucher à leur passé et quand on vient les menacer de faire disparaître la vieille langue des ancêtres. Certes, ce ne serait pas chez eux que l'on tolérerait les scènes de fanatisme qui déshonorent le Nord-Ouest canadien : ce ne serait pas dans les Etats de Jersey que l'on permettrait officiellement la proscription de la langue

française.

Convainquez-vous en par la lecture de cette page d'histoire.

Le 16 février 1893, les Etats de Jersey, sous la présidence du lieutenant bailli E.

C. Malet de Carteret, s'occupaient de l'usage facultatif de la langue anglaise dans les îles de la Manche. Cette réunion des plus in-

téressantes est décrite ainsi par la Vouvelle

Chronique de Ÿersey. Je citerai dans son

entier les délibérations de cette mémorable

séance. Leur lecture fera plaisir à mes compatriotes. Elle restera comme une leçon infigée aux francophobes, aux esprits venimeux qui se croient de taille à baver, à mordre, à inoculer leur poison et à faire mourir la langue française au Canada.

Lisez et méditez le récit de cette discussion que je reproduis toute entière, sans en changer une seule ligne. Elle sent le terroir de la Manche—de ces îles qui reçoivent les premières bouffées de l'air vivifant de France, de ces îles qui, tout en restant autonomes, n'ont jamais oublié la

patrie commune.

Prés

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