SECOURE RESTAURATION
Bertrand, quatre anciens chambellans de l'Empereur, qui étaient députés du centre et de la gauche ; le comte de Canoville, maréchal des logis du Palais; le baron de Saint- Aîgnan, écuyer de TEmpereur, député de la gauche, le colonel de Gastellane et enfin le lieutenant général, comte Belliard, pair de France : « On aurait pu se croire sous le régime impérial, dit GasteUane; on aurait, en 1820, pris cette réunion pour une conspiration; on causa des -vieilles guerres, et des disputes du prince Murât et du maréchal Davout. On dit beaucoup de mal de ce dernier. »
Dans la session de cette année, on présenta à la Chambre haute un projet de loi sur un nouveau code de justice militaire. Le général se mêla activement à la discussion, fit de fréquentes observations et réussit à faire admettre quelques-unes de ses propositions. Ce projet en fit naître un second sur l'organisation des tribunaux militaires, à la discussion duquel il prit une part importante.
Ce fut dans le courant de cette année 1829 que le gouvernement de Charles X prît des mesures de plu« en plus impopulaires. Par suite, la majorité de la Chambre des députés se déclara contre lui. L'assemblée fut dissoute; mais de nouvelles élections ne firent que renforcer Tancienne majorité.
Il n'y avait plus pour détourner l'attention que la ressource d'un événement extérieur ou d'une guerre.
Depuis Tannée précédente, la France avait reçu une insulte du dey d'Alger, dans la personne de son consul. Les réparations demandées à ce sujet étant restées sans réponse; nous avions bloqué la ville et le port d'Alger. Au milieu de 1829, notre demande de réparation fut renouvelée sans succès et le navire qui portait notre négociateur reçut, en partant, des coups de canon. C'était une nouvelle insulte qui s'adressait, cette fois, à notre pavillon; une expédition fut résolue et le général
6i6 PÉRIODE DE LA RESTAURATION
Belliard fut chargé, par le ministère Villèle, de préparer un plan de campagne. Après avoir mûrement étadié la question, il conclut à la nécessité de rassembler une armée de 50,000 hommes, et une flotte nombreuse pour la transporter. Son projet exigeait un crédit de cent millions. Le ministère, effrayé par ces chiffres, décida d'ajourner lexpédition.
Le général assista encore aux débuts de la session de 1830, demanda que l'adresse au roi fût votée en comité secret, présenta des observations sur des pétitions relatives à l'ouverture du nouveau canal des Pyrénées et s'occupa activement du projet de loi sur rorganisalion de la garde nationale*
Pendant ce temps, les mauvaises dispositions da pays contre les mesures du gouvernement ne faisaient que s'accentuer. La publication des Ordonnances, qui créaient un nouveau système électoral, acheva de mettre le feu aux poudres, au moment même où l'expédition d'Alger étant devenue indispensable, une armée avait débarqué à Sidi Ferruch, et s'était emparée d'Alger.
Cet événement n'empêcha pas une révolution d'éclater à Paris. Après trois jours de combat, la dynastie des Bourbons fut renversée, et Charles X, obligé de s'enfuir.