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CHAPITRE EI

Etats mélancoliques post-oniriques

Dans ce chapitre nous décrirons, maintenant les états mélancoliques, qui, non seulement, succèdent à l’ontrisme, mais encore manifestent des relations non douteuses de caractère et d’orig ne avec lui.

Ces états mélancoliques sont fréquents à l’état transitoire

et atténué. C'est surtout cette fréquence qui justifie notre tentative de les isoler, dans les descriptions des auteurs, eL de les décrire à part. Dans certains cas, il vont jusqu’à créer un état mélancolique surtout intéressant par la part prépondérante, qu'il peut donner dans leur développement à l’étiologie toxique ou infectieuse. Enfin, chez quelques prédisposés le syndrome mé:ancolique post-onirique évolue secondairement vers un état vésanique durable, ou même chronique, avec ou sans délire vaguement systématique, secondaire, analogue aux états délirants post-mélancoliques, qui ont été décrits par queiques auteurs comme étant consécutifs à la mélancolie vulgaire; particulièrement par Anglade au Congrès de Marseille 1899.

Nous diviserons ces états mélancoliques post-oniriques

el + groupes

1° Idées fixes post-oniriques avec dépression psychique coex'stante ou secondaire; 17 degré du trouble mental que étudions.

20 Délires pseudo-systématisés dépressifs, avec dépression psychique coexistante ou secondaire, états dans lesquels l'idée fixe, devenue nettement délirante s’est quelque peu organisée en déterminant des réactions mélancoliques.

30 Les états mélancoliques post-oniriques proprement dits dans lesquels la dépression générale domine, primitivement déclanchée par des idées ou des reliquats émotionnels d’origine onirique.

1° Idées fixes post-oniriques

Nous n'ins'sterons pas sur ces états très répandus, à la su te de l’onirisme. Régis et les auteurs cités plus haut en ont donné de multiples exemples et Delmas a insisté dans son rapport sur leur fréquence : Un malade rêve au cours d’une psychose tropicale que sa femme est morte et conserve assez longtemps cette conviction après sa guérison. Un autre croit à la suite de Son délire, . qu'il a été question de l’enterrer vivant dans un cercueil construit sous ses yeux. Un autre s'imagine qu'il à commis un crime, et cette idée qui le déprime résiste pendant plusieurs semaines à toute tentative de persuasion. [l'est banal de rencontrer des idées de ce genre de mort d’un parent, de crimes imaginaires, etc. chez les alcooliques réveillés de leur accès onirique.

Dans ces cas, les malades accusent plus ou moins une douleur morale, remémorent une tristesse, un chagrin, qui parfois sont suffisamment légitimes par leur conviction délirante. Mais d'autre fois, il semble qjue le trait d'union.entre ‘le délire antérieur, et la dépression affective actuelle, ne soit

pas seu ement le souvenir d’un fait vécu en rêve. Ou bien, le malade ajoute d’autres idées ayant trait à des faits, qu'il n'a pas vécu; ou bien il renonce vite aux souvenirs imaginaires qu'il à révés tout en restant déprimé et tout en affirmant «Je n'ai pas commis de crime, mais je suis capable d’en avoir commis, ou d'en commettre plus tard. »

Nous saisissons ici l’importance de l’état coenesthésique el émolionnel post-onirique, qui, au même titre que l'idée postonirique, dont il esb- un équivalent affectif, constitue ici le trait d'union entre | ébat délirant antérieur et l’état dépressif actuel.

Tout en rappelant, ou en confirmant des faits de ce genre, les auteurs paraissent en. avoir méconnu l'importance. Ils parlent simplement d’«idées fixes » ou encore d’«obsessions » post-oniriques. Or ces états sont très nettement délirants, ils reposent sur une conviction affective de même nature que les idées délirantes. Quand le malade en doute ce doute n’esb nullement le doute anxieusement conscient de l’obsédé, mais le doute vrai du délirant, peu atténué, ou en voie de guérison. Enfin, chose capitale. ces états psychopatiques transitoiress’accompagnent toujours plus ou moins d’unedépression générale e& d’une réaction caractéristique qui en font, avant tout, des déprimés, des mélancoliques à l’état atténué,

9 Délires pseudo-systématisésdépressiis, post-oriniqties

Dan: ces états, l’idée post-onirique, n’est pas unique; elle se complique d’autres idées du même genre, comme si ‘idée concernant la part réellement vécue en état de rêve toxique faisait « boule de neige ». Il est des cas où ces idées peuvent s'organiser en une systémakisation plus où moins nelbe. .

À vrai dire, il ne s’agit guère de vraie systématisation, Les idées sont p'utôt juxbaposées, sans grand travail

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