CHARPENTIER
logque de cohésion progressive. Mais elles sont de même formule affective et la teinte émotionnelle en est stable (quoiqu'il y ait association fréquente avec des idées de persécution),
D'ailleurs le délire d’auto-accusation systématisé, indépendant de la mélancolie est exceptionnel. C’est à peine si Chaslin ! par exemple, a pu en observer un cas, ayant d’ailleurs évolué ensuite vers le délire de persécution; au cours de sa ongue prabique psychiâtrique.
Dans le cas particulier qui nous occupe, c’est-à-dire du délire d’auto-accusation post-onirique, la systématisation est beau- GOUp pus apparente que réelle, et la combinaison avec les idées de persécution est la règle.
Ces états ont été décrits par Roybinovitch. « Dans certains cas, écrivent aussi À. Marie et Riche, à propos du délire alcoolique, il s'établit un délire assez cohérent d’äuto-accusation, allant jusqu'à l’auto-dénonciation. La présence d’ha lucinations visuelles donnent la signature toxique dont l’évolution n’a rien de progressif. Les idées délirantes se dissipent d'ordinaire avec laccès subaigu; elles peuvent cependant rester implantées dans l'esprit, soit à titre d'idées fixes post-oniriques, soit comme point de départ d'un délire systématisé véritable. » Ces mêmes auteurs insistent sur la tendance au suicide. Ils donnent les signes physiques qui sont ceux de l’éthylisme aigu ou subaigu sur fond chronique. Mais, ils omettent de signaler, chose très intéressante, le trouble de l’activité générale qui agcompagne ces idées et. qui font des malades des mélancoliques beaucoup plus que des délirants. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les deux photographies, empruntées à la collection de Roubinovitch, qui figurent dans cet article, sous le titre caractéristique : alcooliques auto-accusateurs, et mélancoliques déprimés et qui représentent un malade dans une attitude des plus caractéristiques. Nous donnons ici une observation due à lobligeance de M. le professeur Hesnard, de ce type clinique. (à coo ique chez un pa udéen.)
1. Chaslin, Eléments de séméiologie et clinique mentale, p. 731.
‘Observation If.
Délire post-onirique d'aulo-accusation avec élal mélancolique.
Le... G..., 37 ans, second maître fusitier.
- Entre à l'hôpital le 6 octobre 1919 pour paludisme secondaire: accès récurrents à forme délirante.
À contracté le paludisme à Dakar (13 mois), au Maroc (1910-11), à Salonique (20 mois).
Hématozoaires : négalils.
Een octobre, à la contre-visite, le malade élait délirant, s'imarginant que son lit était plein de poissons. Nuil très agilée. Langue sèche, un peu rôtie. Urines très peu abondantes.
Le 8 octobre, le délire a cessé.
Le 13 octobre, l'analyse d’ürinés donne : Urée, 7,2 % ; sucre, néant ; albumine, 0,10 %,
Entre de nouveau en observation à l'hôpital le 14 novembre 1919.
Le malade avait présenté une crise se manifestant par des sueurs, une excitation considérable au dire de sa femme qui l’accompagnait, le malade poussait des cris se éroyant poursuivi par les Arabes, manifestant le plus vif effroi. A la gare de Bordeaux s'échappe el court sous le hall entendant des voix qui le menaçaient. Il a des hallucinations de la vue. Reconnaît des Algériens qui le poursuivaient.
Serait entouré d’ennemis; accuse ses voisins de vouloir lattaquer à coups de couteau.
Le malade quitte l'hôpital ? semaines äprès environ guéri de cet accès accès de délire onirique, mais offrant toujours des signes de paludisme et surtout d’éthylisme chronique.
3e entrée : 3 avril 1920.
Après une période lucide de trois mois environ, le malade a élé repris récemment à l’occasion d’un embarquement (il s’agit peut-être d’un nouvel accès a polu suspenso) d’une crise délirante. H offre de multiples hallucinations des divers sens, particulièrment visuelles, il est Loujours mal orienté, agité, et manifeste une foule d'idées délirantes de persécution et quelque peu d’auto-accusation. Il est poursuivi par une
femme et une bande de gens, composée de matelots, d’un pharmacien
SC ee
et d’apaches, qui veulent l’endormir, l’hypnotiser, le contraindre à voler, On lui dit qu’il vient de refuser de partir avec son bateau, qu'il est un embusqué, qu'il passera en conseil de guerre. La nuit, il est agité, ne reconnait plus le milieu, il se calme un peu durant la journée.
Quelques jours après, il revient à la lucidité. Il est à peu près réveillé le 10 avril au matin, mais il a été agité encore la nuit dernière. Il a brisé le judas de sa chambre en tentant de s'échapper, déclarant à l'infirmier tantôt qu'il voulait aller chercher un matelas et un soulier qu'il avail laissés à bord, tantôt qu'il voulait rejoindre son bateau pour n'être pas déserteur.
L'examen physique indique un mauvais état général : foie voussuré ; urines chargées contenant de l’urobiline, pouls encore fréquent. Dans les quelques jours qui suivent, il se calme entièrement, mais tout en élant lucide, il conserve quelques idées de persécution et il reste convaincu que la plus grande partie des faits qu'il a rêvés sont exacts. Des bandits l’ont forcé à voler des objets chez des voisins. el n’est pas parti avec son bateau et il est déserteur. On ne peut lui faire comprendre qu’il a été débarqué pour maladie et qu'il ne peut être tenu coupable de ce fait. Il répète qu'il est un misérable, qu'il a fauté, qu’il va passer en conseil de guerre, qu’il mérite un châtiment.
Le 20 avril, il passe tout l'après-midi à genoux dans sa chambre, en se frappant la poitrine, affirmant qu'il sentait à côté de sa chambre, quelque part sans les voir la présence de chefs venus pour lecondamner. Il offre à ce moment les signes les plus caractéristiques de la dépression mélancolique. |
Le malade est resté déprimé, auto-accusateur, sans cesse à genoux, ou Se frappant la poitrine en pleurant silencieusement, la tête enfouie sous l’oreiller durant une quinzaine de jours. Il avait peu à peu abandonné ses idées de persécution, en retenant seulement cellesqui intéressaient sa culpabilité imaginaire (on l'avait forcé de commettre des délits), puis il sortit peu à peu de sa dépression pour redevenir normal. [I fut envoyé en congé de convalescence, au début de décembre, déprimé, inquiet, avec des sligmates de cachexie éthylique au début,
5° Etats mélancoliques post:oniriques proprement dits
Dans ces états, l’état mélancolique est nettement secondaire aux idées délirantes, écloses en plein délire onirique et ayant accidentellement subsisté après la guérison de l'accès.
Le malade, revenu à la lucidité, avec ou sans phase de doute garde une attitude normale durant quelques jours, parfois quelques semaines sans renoncer cependant à quelques convictions post-oniriques de nature dépressive. Puis, un beau jour, la réaction mélancolique se déclanche en même temps que les reliquats d'idées post-oniriques se développent, et que l’état coenesthésique, pénible, lequel existait habiuellement en plein délire onirique, reparaît avec une intensité nouvelle. Ici pas ou peu de systématisation, ce qui domine, c’est le trouble de la réaction générale, de la mimique, de l'attitude, c’est la concentration psychique et la douleur morale. Mais l’état coenesthésique pénible, ainsi que-les idées qui l’expriment ont nettement leur origine dans le malaise coenesthésique et dans les faits imaginaires contemporains de l’onirisme antérieur.
Voici une observation typique déjà publiée par Hesnard dans le caducée (1er août 1914).
Bouffée délirantd subaique, d'origine étlyliqué, à polu nimio, au cours d'un étal d’alcoolisme chronique. Idées délirantes oniriques d’auloaccusation. Disparition de cet accès délirant en quinze jours. Reliqual d'idées post-oniriques de même nalure el développement ultérieur d’un élaz dépressif mélancolique apparemment molivé par ces idées. Guérison en
trois mois.