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croit seul. Les hallucinations ont disparu, il est bien orienté. Il réclame sa sorlie,
La lucidité étant revenue complèlement, les réactions étant correcles, le malade calme, se nourrissant convenablement et élant en assez bon état général, on envisageait sa sortie pour lui permettre de passer sa convalescence à la campagne, chez son frère, quand, vers le 6 mai, l’état d'inquiétude des jours précédents le reprend puis augmente. Le malade est méfiant, réticent et déclare sur un ton agressif qu’il veut partir, refuse de manger, etc.
Le 10 mai il commence à gémir sur sa situation et fond en larmes à la visile. Il a quelque chose à se reprocher, il a un remord sur la conscience. Il se rappelle, que lorsqu'il travaillait, les personnes qu'il rencontrait lui Jelaient des regards de mépris, que son patron, ne l’estimait pas, qu'on lui faisait comprendre, qu'il faudrait un jour qu'il se tue. « Qu'on me dise tout de suite, si vraiment, je suis coupable de quelque chose. Je sais qu’on me reproche quelque chose — on me l’a dit et répété. Qu'est-ce done ? Ca ne peut durer comme ça. J’en ai asseg ! »
Le 11 mai, on le trouve à l'heure de Ja visite, à genoux dans un coin de sa chambre, la tête entre les mains, nu, sanglotant. Dès qu'on l'approche il fuit vers le mur, en se Cachant les yeux et en implorant : «N'approchez pas de grâce, ne m'approchez Pas, monsieur le docteur, ne M'approchez pas, ma sœur je Suis un msérable, je suis un malheureux, indigne, un pauvre homme ! Ne me touchez Pas, je suis maudil, infâme. Je ne suis pas digne qu’on me parle, qu’on s'occupe de moi. Il faut me Luer, me zigouiller, j'ai fauté, j'ai été un criminel ! On ne peut lui tirer autre chose. Il ne sait ou ne peut dire quel crime il se reproche. Il dit seulement « qu'on le sait bien, que tout le monde le sait, qu’on le lui assez dit ».
C'est élat de mélancolie à grand spectacle dure quelques jours. Puis le malade, un peu plus calme, reste à nouveau dans son lit. I n'a pas €ependant renoncé à ses idées d’auto-accusation et d’indignité. Il manifeste de plus, de temps à autre quelques idées de persécutions. Il veut fuir l'hôpital et supplie qu'on l'amène à Cadillac.
Il est interné le 14 mai 1920. Le certificat du 15 mai dit que le malade est «atteint de mélancolie caractérisée par des idées d’auto-