EXTÉRIORISATION DE LA SENSIBILITÉ
voyait pas distiactement la nature de la maladie. € Je ne doute point que ces trois somnambules ne vissent très clairement leur propre état, mais il m'est démontré qu'elles n'ont pas vu de même l'état de celle avec qui on les a mises en rapport ; d*où il suit qu'on peut obtenir par les somnambules des indications très utiles, mais que c'est le comble de rimprudeoce de s'en rapporter à eux pour les remèdes sans avoir soumis leurs consultations au jugement d'un inédecin. »
Des expériences toutes récentes, faites par des observateurs habitués aux recherches scientifiques, ont confirmé la réalité du phénomène de la transmission de sensation à distance^ même sans aucun contact apparent (1).
« M"« B..., dit M. P. Janet, semble éprouver la plupart des sensations ressenties par la personne qui l'a endormie. Elle croyait boire quand cette personne buvait. Elle reconnaissait toujours exactement la substance que je mettais dans ma bouche et distinguait parfaitement si je goûtais du sel, du poivre ou du sucre,
« Nous avons remarqué que le phénomène se passe
(1) Ce dermer fait avait déjà été signalé par les magnétisenrs. « Le pliénomène de la transmission de seiuntion du magmétiseiir ma. magnétisé, dit Lafontaine {Mémoires, t I, p. 157), se déclara un jour chec Clarisse; j« desoendis alors h l'étage inférieur avec deux personnes qui me firent subir mille petites tortures, me tirèr<mt les cheveux, me chatouillant, me piquant, etc. Quand nous remontâmes, on nous dit que la somnambule avait indiqué toutes ces souffrances, dans Tordre où elles m'avaient été infligées. C'est là an des phénomènes que j'ai le pins mmoviA mooaMs. »
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48 LES ÉTATS PROFONDS DB l'hYPNOSB
encore, même si je me trouve dans une autre chambre... Si, même dans une autre chambre, on me pince fortement le bras ou la jambe, elle pousse des cris et s'indigne qu'on la pince ainsi au bras ou au mollet. ËnQn, mon frère, qui assistait à ces expériences et qui avait sur elle une singulière influence, car elle le confondait avec moi, essaya quelque chose de plus curieux. En se tenant dans une autre chambre ^ il se brûla fortement le bras, pendant que M"*« B... était dans la phase de somnambulisme léthargique où elle ressent les suggestions mentales. M^^ B... poussa des cris terribles et j'eus de la peine à la maintenir. Elle tenait son bras droit au-dessus du poignet et se plaignait d*y souffrir beaucoup. Or je ne savais pas moimême où mon frère avait voulu se brûler. C'était bien à cette place-là. Quand M™®B... fut réveillée, je vis avec étonnement qu'elle serrait encore son poignet droit et se plaignait d y souffrir beaucoup, sans savoir pourquoi. Le lendemain, elle soignait encore son bras avec des compresses d'eau fraîche, et, le soir, je constatai un gonflement et une rougeur très apparente à l'endroit exact où mon frère s'était brûlé, mais il taut remarquer qu'elle s'était touché et gratté le bras pendant la journée*.. Ce phénomène de la communication des sensations ne se produit qu'après. une longue suite de séances et à la fin d'une séance qui a duré ellemême plusieurs heures ; aussi ne Tai-je pas revu une autre fois avec la même netteté (1). »
La Society for psychical researches a étudié cette question pendant trois ans, de 1883 à 1886, et à
(1) Rsvue philosophique t n» 8, avril 18S6.