EXTERIORISATION DE LA SENSIBILITE
publié les procès-verbaux de ses expériences qui ont donné des résultats concordant dans la très grande majorité des cas. Voici un extrait du préambule de l'un de ces procès-verbaux :
a Nous avons souvent observé une communauté de sensations véritablement remarquable entre l'opérateur et son sujet, phénomène qui pourrait être nommée d'une façon plus exacte, une transmission de sensation. Ce phénomène est évidemment intimement lié à ceux dont s'occupe le comité de la transmission mentale. Nos expériences diffèrent [d'ailleurs en ceci des expériences faites par ce dernier comité, que le sujet n'est pas dans son état normal, mais se trouve plongé dans le sommeil mesmérique. Voici comment elles ont été arrangées : Fred. Walls (un jeune homme de vingt ans, le somnambule) était assis sur une chaise, les yeux bandés, et M. Smith se tenait derrière lui. Le sujet fat endormi par M. Smith à Taide de passes. Ce dernier fut alors piqué ou pincé dans diffé* rents endroits assez fortement et cette opération durait généralement une ou deux minutes. Un silence absolu fut observé, à l'exclusion d'une question nécessaire : a Sentez-vous quelque chose ? » Cette question était prononcée par M. Smith, puisque le sujet paraissait ne pas entendre les autres personnes. Dans la première série d'expérience, M. Smith tenait Tune des mains du sujets mais cette précaution ayant été constamment trouvée inutile, tout contact entre l'opérateur et son sujet a été rompu dans les expériences ultérieures (1). »
(1) Prooeedings of the Society for psi/ekical researches^ V. 1.
50 LB8 ijÀTS PROFOIIDS DE l'hTPNOSB
La question de Vaction des remèdes à distance^ dont j*ai dit un mot à propos de Téiat de rappoTt, a soulevé de telles protestations lors d'une communication faite sur ce sujet par le D' Luys à rAcadémie dé médecine qu*il ne me parait pas inutile de rappeler qu'elle a été maintes fois i^bservée par des expérimentateurs opérant d'une façon tout à fait indépendante.
Parmi les contemporains, je me bornerai à citer les professeurs Bourru et Burot, à Rochefort, le D^Dnfour, à Tasile départemental de Saint-Robert, et à renvoyer pour le détail de leurs expériences et des miennes à mon livre sur les Forces non définies (1).1
I>ans le livre premier, chapitre xxit de la Mngié naturelle^ J.-B. Porta affirmait déjà que des symphonies, exécutées sur des instruments fabriqués avec des planches de bois médicinal^ produisaient le même effet que les médicaments tirés de ces plantes mêmes.
En 1747, un médecin de Venise, Pivati, avait constaté d'abord que, lorsque des substances odoriférantes se trouvent dans l'intérieur d'une bouteille en verre et que Ton électrise cette bouteille, les odeurs transpirent à travers le verre et se répandent dans l'atmosphère : puisque, lorsque des substances sont placées dans les mains de personnes que l'on électrise, ces substances communiquent leurs vertus médicales à «^ personnes qui peuvent ainsi éprouver l'effet des médu caments sans les pi^ndre à la manière ordinaire^
(i) Voir aussi : La Suggestion mentale et Vaction à distance^ par les D^» Bourru et Burot. Paris, 1887. (Bibiiofh. Scieul. intcm.)
KXTiia04llSATION IME XA SBNSIBILm SU
Pivati effectua ainsi, dit-on,'des cures EemarqnaUea.
Les expériences de Pivati farent ooofin&ées par celles de Yérati (de Bologne), de Blanchi (de Tnim), ainsi que par le professeur Wimtkfer (de Ldpsig) '^ s'est assuré du pouvoir de Télectricité sur le soufre, la canelle et le baume du Pérou.
II y a une quarantaine d'années, le D^ Vîancin reprit ces expériences, peut-èftre sans les connattare, et voici quelques passages des lettres qu'il écrivait au D' Charpignon (1).
« L'ingestion des actions dynamiques des substances est constante sur tout le monde. Cette ingestion se lait par des insufflations le plus souvent et à Faide de tubes de verre dont la forme a la plus ^ande influence. Pour la plupart des remèdes, quel que soit le point que Ton magnétise par insufflations ou autremânt, toute l'organisation ne peut manquer d'être envahie par le dynanisme du remède, dont les symptèmes se trahiront sur leurs points d'élection ordinaire, excepté toutefois ripécacuanha et plusieurs autres substances. Ainsi, par le magnétisme, Tipécacuanha donne le tétanos comme la strychnine et agit surtout sur le cœur et sur le poumon ; le mercure donne le plus souvent le tremblement mercuriel.
q: Léonidas Guyot a failli faire périr un médecin r^ractaire, en le magnétisant à travers la noix vomique ; il a ensuite dissipé les accidents, comme on le fait ordinairement» avec des passes. Avec du colchique, il a purgé toute une chambrée J'ai guéri
(1) D' Gharpignon, Physiologie^ médecine et métaphyMÎque ém Magnétisme, p. '59.
52 LES ilJLTS PROFONDS DB l'hTPNOSB
d'une manièro éclatante, dans dix jours, une méningite chronique sur un enfant, en le magnétisant à travers le laudanum Rousseau. M. J., se magnétisant à travers l'iode par insutGsation, s'est guéri d'un hydrocèle compliqué d'œdème du cordon. M. Toupielle vient de corriger un employé^ stupide et vieux réfractaire, en le magnétisant pendant deux heures avec de Taloës ; le lendemain, le vieux récalcitrant a été pris d'une diarrhée qui dura plusieurs jours. »
11 n'y a là, du reste, sauf la différence du véhicule, qu'un phénomène identique au transport invisible des particules matérielles d'un corps sous l'influence de rélectricité, transport qui s'effectue tous les jours sous nos yeux sans que nous nous en étonnions (i).
Le tort qu'on a dans toutes les expériences de ce genre, c'est de croire qu'on peut les reproduire à volonté ; il est, en effet, facile à comprendre que des sujets assez sensibles pour percevoir des impressions
1" uaaB luio cuve ue verre remplie a eau aoni le i( on place & la partie la plus basse un globule de men 4e lélectrode positive d*une pile ; & la partie lapins du vase on fait aboutir Télectro négative. Quand le <
(1) La galvanoplastie n^est, en effet, pas autre chose et les deux
expériences suivantes, récemment relatées dans une chronique scien-
tifigue par le D^ Foveau de Ck>urmelle8, font, pour ainsi dire, sauter
aux yeux ce transport :
lo Dans une cuve de verre remplie d'eau dont le fond est incliné,
" " " " I mercure au contact
plus relevée du fond
négative. Quand le courant a passé
quelque temps on reconnaît que des particules infinitésimales de
mercure ont traversé Teau de bas en haut, d'une façon invisible
S DUT nous, et sont venues recouvrir la surface de Télectrode négave qui donne le précipité laiteux caractéristique du chlorure de mercure quand on le met en présence d'un chlorure quelconque, dissous et incolore.
2^ Si Ton place du prussiate de potasse & Vintérieur d'un morceau A de peau de poulet plusieurs fois repliée sur elle-môme, et qxCexté-
rieurement on apphque deux électrodes imbibées de sulfate de fer, on ne tarde pas à voir se développer sur la peau de poulet la coloration bleue caractéristique de la réaction de la dissolution incolore du sulfate de fer dans l'eau sur la dissolution légèrement jaunâtre du prussiate de potasse.
EXTERIORISATION DR LA SKNSIRILITÂ 53
aussi faibles que les émanations dont il est question doivent être profondément troublés par les regards et même par la simple atmosphère des assistants : c'est comme si Von voulait étudier les oscillations d'un pendule en moelle de sureau exposé à tous les vents.
Le phénomène de la transmission de pensée est affirmé par tant de magnétiseurs sérieux, qu'il me parait fort difficile d'en nier l'existence (1). Mais je crois que cette transmission est infiniment plus rare qu'on ne le suppose; on va certainement beaucoup trop loin quand on prétend expliquer, par celte faculté des sujets^ les expériences analogues à celles de Reichenbach, où les faits mettent en évidence des lois qu'on suppose n'exister que dans l'esprit de l'opérateur. Pour ma part, depuis plus de dix ans, je n'ai jamais négligé l'occasion de constater la transmission de pensée et j'y suis très rarement parvenu.
J'ai déjà parlé de ce garçon coiffeur qui, une seule fois, avait exécuté deux ou trois de mes ordres mentaux. Voici quelques autres cas que j'ai observés :
Un soir, après une longue séance où M"*® X***,
(1) Au dernier Congrès de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, M. Lodge, {président de la Section des Sciences mathématiques, s'exprimait ainsi dans son grand discours :
« Tout le monde sait qu'une pensée éclose dans notre cerveau peut être transmise au cerveau d'une autre personne, moyennant un intermédiaire convenable, par une libération d'énergie, sous forme de son par exemple, ou par l'accomplissement d'un acte mécanique, l'écriture, etc. Un code convenu d^avance, le langage et un intermédiaire matériel de communications sont les modes connus de transmission de pensées. Ne peut-il exister aussi un intermédiaire immatériel (éthéré peut-être) 1 Est-il donc impossible qu'une pensée puisse être transportée d'une personne à une autre par un processus
déjà citée, avait été magnétisée par moi et avait donné des preuves d'une sensibilité extraordinaire, j'eus ridée, en rentrant dans mon appartement situé à plusieurs kilomètres de son hôtel, de lui donner Tordre de me rapporter, le lendemain à onze heures, un gros livre que je lui avais prêté dans la journée. Je mis toute mon énergie à cet ordre et je le répétai plusieurs fois à haute voix, supposant qu'à cette heure M"*' X*** devait être endormie ou du moins dans un calme et un isolement favorables. Le lendemain je ne vis rien venir, ce qui ne m'étonna pas ; mais le surlendemain je fus fort surpris de voir un domestique m'apporter le livre que M*^* X*** Bravait certainement pas eu le temps de lire. Je courus chez elle, et lui dit : « Mon livre ne vous a donc pas intéressé, que vous me le renvoyez si vite? — Au contraire, répondit-elle, mais depuis hier à onze heures, je suis obsédée de l'idée que vous en avez besoin, et je vous l'aurais rapporté moi-même si je n'avais été fort occupée. »
J'ai essayé plusieurs fois depuis de reproduire des phénomènes analogues avec la même personne ; J'ai constamment échoué.
Zamora liseur de pensées, s'est prêté aux expériences d'un petit groupe de chercheurs dont je faisais partie. Je suis parvenu, à deux ou trois reprises.
auqiiol nous ne sommes pas accoutumés et & Tégard duquel nous ne savons rien encore ? Ici j ai Tévidence pour moi. J'affirme que j'ai vu et je suis parfaitement convaincu de la vérité du lait. D'autrra ont vu aussi. Pourquoi alors parler de cela h voix basse comme d'une chose dont U faiUe rougir ? De quel droit rougirions-nous cloue de kkyérité?
EXTÉRlORISAnON IXI LA SSlIfilflILlTi 55
dans une inèBU» soirée^ àloi fair» «xécuiar^par ma ■ ordre mental^ des actioiis peu compliqitéesy coiBiiie
d'aller chercher un parapluie dans le yestlbule, de rouvrir et de le présenter à ude 4eé personaaei présentes ; mais, (H>iir cela, il a fallu, sur ses propm indications, décomposer l'ordre, et répéter énergique»ment en moi-même : «c Allez dans le vestibule i» ; piùis, quand cette action était accomplie: a Prenez un parapluie )i ; puis : « ouvrez4e », et enfin : « Apportez-le à M. A. »
Quelques essais n'ont pas réussi ; dans tous les cas, Zamora était en somnambulisme quand il opérait^ lue somnambulisme était produit simplement ptr l'occlusion des yeux sous le bandeau qu'il se faisait mettre dans l'unique but, croyait-il» de s'isfiiler davantage des distractions extérieures; j'ai pu, en eiet, lorsqu'il avait le bandeau^ lui donner des suggestions à échéances qu'il ne se rappdiait pas lorsqu'il avait les yeux ouverts et qu'il exécutait ponctuelle* ment, bien qu'il ne soit pas suggestible à l'état de veille.
Zamora nous disait que, dans des eas fort rares/ il percevait, d'un seul coup, la pensée de certaines pw^ sonnes; mais c'était là un éclair fugitif donii il «p pouvait se rendre compte.
Je ne ferai que rappeler ici une autre faculté qu'auraient certains somnambules de voir à distance et de prévoir revenir. 3e crois que cette faculté existé réellement parce qu'on en cite des exemples ixèa frappants ; mais je suis convaincu aussi que, comme
S€ LB3 ÉTATS PH0F0?4DS DE l'hYPNOSÏ
la traosnaission de pensées, elle est extrêmement rare, Ee se manifeste que par éclairsi et que Ton est presque toujours abusé par rimagiuation du sujet. Chaque fois que j'ai pu faire la preuve, j'ai reconnu que le sujet n'avait eu que des hallucinations. Je suis du reste en cela du même avis que Deleuze qui rapporte le fait suivant (1);
« M"*^ de ***> mère de deux enfants dont elle est uniquement occupée, étant malade depuis quelques jours, son mari a essayé de la mago^tiser, et, dès la première fois Tamise en somnambulisme* Dans cet état, M"^® de '*^** a annoncé les crises et rissue de sa maladie et a donné d'utiles conseils pour un de ses enfants qui étoii indisposé. Son mari, enchanté de la pénétration qu'elle montroît et de la facilité avec laquelle elle s' énonçait, Ta laissée parler sur divers sujets et, après sa guérison a continué à la mettre en somnambulisme par curiosité. Bientôt l'imagina^ tion de M°^« de *** s'est exallée et elle a vu les choses les plus extraordinaires* Elle a indiqué à son mari le lieu où étoient cachés des papiers importants pour sa famille- Ces papiers, disoit-eile, y avoient été déposés dans des temps de trouble par un de ses parents, mort depuis plusieurs années qui lui apparoîsEolt et lui donnoit tous les renseignements possibles pour les retrouver.
« Les visions de M^*" *** s'étant prolongées pendant trois mois sans qu'elle en conservât le moindre souvenir à Tétat de veille et tout ce qu'elle
(1) Histoire critique du MagnétUme animal* V^ partie, p. a30-
EXTÂRIORISATION DE LA SBNSlfilUTÂ 57
disoit étant parfaitement lié, son mari, qui ne voyoit dans tout cela qu'un phénomène incompréhensible, s'est cependant déterminé à vérifier les faits, pour savoir d'une manière positive à quoi s'en tenir. n s'est en conséquence transporté dans l'endroit qui lui avoit été désigné, et non seulement il n'a rien trouvé, mais il s'est assuré que les lieux qui luiavoient été décrits ne ressembloient nullement à la description et qu'il n'y avoit rien de vrai dans les visions de sa femme. »
On peut se rendre compte de la plupart des faits précédents, qui tous procèdent de l'extériorisation de la sensibilité, à Taide des études que je poursuis en ce moment et dont j'exposerai plus tard les résultats; je me bornerai ici à en indiquer le phénomène fondamental que j'ai été le premier, je crois, à reconnaître.
Dès qu'on magnétise un sujet, la sensibilité disparait chez celui-ci à la surface de la peau. C'est là un fait établi depuis longtemps ; mais ce que Ton ignorait, c*est que cette sensibilité s'extériorise : il se forme, dès l'état de rapport, autour de son corps une couche sen^ sible séparée de la peau par quelques centimètres. Si le magnétiseur ou une personne quelconque^ pince, pique ou caresse la peau du sujet, celui-ci ne sent rien; si le magnétiseur fait les mêmes opérations sur la couche sensible, le sujet éprouve les sensations correspondantes.
De plus on constate qu'à mesure que l'hypnose s'approfondit, il se forme une série de couches ana-
LKS ETATS PILOFOIfiDS 0B L HTPN08B
logues à pduprès équidifitâxttes (1}, doni la ^lÊ&iibiiité ^écroU proportionneliement à leur ébignameiit du corps. Avec M°^« K..^ j'ai pu reoMinatUe ee& couchas i plusieurs mètres. Elles trayerseat pres(fue toutes les substances, et ce sont elles qui fout percevoir lès organes intérieurs du corps.
D'après les sujets qui voient bien le fluide à Tétat de rapport, on peut représenter le phénomène par le schéma ei-dessotis où Finlensité de là sensibilité
Fig. 2. — Schéma des coadies sensibles.
est indiquée par l'intensité de la teinte qui, pour eux, est une lueur plus ou moins vive ; on y reconnaît la présence de nœuds et de ventres comme dans toutes les propagations de mouvement scientifiquement étudiées jusqu'ici (2)
(1) Cette équidistance est le double de la distante qni sépare la première couche sensible de la peau du sujet qui est insensible.
{2) L'homme qui se contente du témo%niage de ses seiK^pour appré^ <;ier ce qui se passe autour de lui est naturellemeut conduit à ra* mener le monde entier à deux entités essentielles : la Matière et VEnergie :
La Matière inerte et FEnergie qui la fait mouvoir.
Mais si. par la pensée, U cherche à aller pius a» icmâ* de» chafles, il ne tarde point à s'apercevoir que la première fuit, ppur ainsi dire, devant lui. Quelque petit que soit Tatome auquel it la réduise, il peut concevoir un atome encore plus petit ; et cet atome^ il peut^ par rimaginatiott» le dépouiller successivement de toutes • les pr»* priétés qui constituent pour lui la matière teUe qu'U la perçoit tous
EXTéRTORISATlON BE LA SENSIBILITÉ 59
L'écartement des couches sensîblestTacie aT«o rétftt de sàtïté du sujets, saa degré d'élmiicn pour le maign^ liseur, et la profondeur de l'hypnose : je Fai vu do 0°^05 chez M»^« K... et de près. 4e 0«^50 chez M*^ V...
les jouis ; il peut le supppser sans étendue, sans lumière, sans chaleur, sans poids, etc.
L'énergie au contraire se montre partant ; aussi loin gu'fiu plon^ ses regards dans Tinfiniment grand comme dans llnfiniment petiv, 8on action s'e^ffirme évidente, pour soutenir les mondes et pour réunir les atojtaes inconcevables.
De telle sorte qu'on est arrivé à se demander si la Matière existait et s'il y avait autre chose que l'Energie.
D'autse part, il n'est guère possible de comprendre que l'Energie nfait pas pour support une «nlité différente qui sert à propager son actiofu Du reste une science positive, la mécanique rationnelle, parvient èi expHquer non seulemeat le mouvement des astres, m^is encore la: plupart d^ phénomènes physiques que nous 'observons \ l'aide de l'hypothèse d'un milieu transmissif de la force, composé d'une substance à la fois très subtile et très élastique.
Bès ion tou&les corps seraient formés de particules matérielles in&iitéaimales animées chacune de mouvements propres extr^rm»ment rapides, dont ti^e eomposante aXfecte tel ou tel de nos organes et non les autres de masdère à produire la sensation du toudier, de la vue, du son, de la dialeur, etc.
Y(»l& bien l'hypotiiàfie niodenie.
Mais comment ces atomes dont la petitesse défie Timagination, s'ils existent, peuvent-ils nous donner, à l'aide de simples vibrations, ces impressions diverses. La chose est assez difficile à concevoir pour qu'il ne soit point sans intérêt d'en chercher une preuve directe dans d'autres conditions. Cette preuve sera fournie par une expérience qu'il est facile de répéter.
Mettez un sujet dans l'état de somnambulisme, les yeux ouverts, présentez lui votre montré et donnez-lui la suggestion suivante :
« Au réveil vous verrez sur cette table quatre montres semblables à celle-ci.
« La première, placée ici, vous la verrez seulement, mais ce ne sera qu'une apparence, vous ne la sentirez pas quand vous essairez de la prendre.
' « La deuxième, placée ici, vous la verrez, vous la sentirez an toucher, mais elle n'aura pas de poids.
« La troisième, ici, vous la verrez, vous sentirez son contact, son poids, mais vous n'entendrez ' pas son ticta«, vous ne verrez pas marcher les aiguilles.
« La quatrième, ici, vous la verrez, vous sentirez son contact, son poids ; vous entendrez son tictac ; vous verrez marcher les aiguilles : celle des secondes, celle des minutes et celle des heures comme elles doivent marcher. »
En opérant sur différents sujets on obtient des résultats légère-
€0 LES iTATS PROFONDS DB l'hTPNOSB
qui relevait d*une grave maladie. Il semble que, dans certains cas, les positions de ces zones se modlBent comme si le magnétisé cherchait toujours à maintenir le contact avec le magnétiseur.
Le contact de Tor sur une des couches provoque chez certains sujets une sensation très vive de brûlure. Des sensations analogues sont provoquées par les sels d*or, par le mercure et ses amalgames, Fargenty etc.
ment différents suivant la vivacité de leur imagination : malSp potir tons, si la saggestion a été donnée avec la précision nécessaire ùt le degré d'énergie qui convient à leur impressionabilité, rillusîon est si complète qu'ils ne parviennent pas h distinguer la montre n^ é de la montre véritable quand on la leur préseflte à la fin de Vexpérience.
La matière, telle qu'èUe existe pour nous, a donc été reconstituée pour eux par l'adjonction successive de ses diverses propriétd^s ; seulement au lieu de la percevoir à Taide des vibrations communiquées aux extrémités extérieures des nerfs sensitifs par les vibrations des corps eux-mêmes, ils la perçoivent h l'aide des vibrations communiquées aux extrémités intérieures de ces mêmes nerfs par la Pensée, c'est-à-dire par quelque chose que nous ne concevons pas comme matière mais comme force.