‹ Les états superficiels de l'hypnoseChapitre 17 sur 19 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La plupart des phénomènes de l'hypnotisme et du magnétisme peuvent être obtenus sur les animaux par les mêmes procédés que sur Thomme.

Dès i646, le P. Kircher citait sous le nom d'Experimentum mirahile^ la pratique populaire qui consiste à prendre une poule qu'on place les pattes lices devant une ligne tracée sur le sol; au bout de quelques instants la poule reste sans mouvement, conservant cette attitude, même lorsqu'on enlève la ligature et qu'on l'excite.

MM. Binet et Feré rapportent* une curieuse pratique des fermières du pays de Caux qui montre qu'on peut modifier l'instinct par suggestion. « Lorsqu'une poule a pondu un certain nombre d'oeufs dans un nid de son choix et qu'elle a commencé à couver, si, pour des raisons particulières, on veut lui faire couver d'autres œufs dans un autre nid, on lui place la tête sous une aile et on la balance un certain nombre de fois jusqu'à ce qu'elle

^ Ars magna luciset umbrœ.

' Le magnétisme animal, p. 270 — Paris, 1887.

dorme, ce qui arrive rapidement, puis on la place dans le nid qu'on lui destine ; à son réveil elle ne songe nullement à son propre nid, elle a adopté les œufs étrangers. Quelquefois on peut, par le même procédé, faire couver des poules qui n'ont pas encore manifesté l'intention de le faire. »

En 1828, un Hongrois, Balassa, fit connaître^ une méthode qui permet de ferrer les chevaux les plus vicieux. En se plaçant bien en face de lui et en le fixant dans les yeux, on amène le cheval à reculer et à lever la tête ; son cou se raidit et souvent il demeure complètement immobile au point de ne pas bouger, même si Ton tire un coup de fusil dans le voisinage ; on emploie avec succès, comme auxiliaires pour l'assouplir, des frictions douces avec la main, en croix sur le front et sur les yeux. Cette méthode est encore en usage dans l'armée austro-hongroise sous le nom de das Ballassiren.

Il y a quelques années, Rarey domptait les chevaux les plus rétifs par des procédés analogues. Il opérait de douces frictions, espèces de passes magnétiques, sur le cou ou sur le nez de l'animal, pendant qu'il concentrait son attention par la répétition incessante des mêmes paroles avec la même intonation flatteuse. Après être resté enfermé pendant trois heures avec l'étalon Cruiser, l'un des animaux les plus vicieux qui aient jamais existé, il le rendit tellement souple qu'on put le monter immédiatement, alors que depuis trois ans aucun palefrenier n'avait osé s'en approcher, même pour le pansage^.

En 1873, Czermack cataleptisa divers oiseaux, des salamandres, des écrevisses, des lapins, par simple fixation

* Méthode des Hufheschlages ohne swang . Wien, 1828. 2 CuLLERRE : Magnétisme et hypnotisme, p. 120.

d'un objet (doig% allumette...) placé devant leurs yeux, ou bien en maintenant quelques minutes Fanimal immobile'.

En 1881, à Boston, Béard montra^ qu'on peut encore obtenir la catalepsie chez les animaux : par la peur , par la fixation avec les yeux, par une lumière vive, par la musique, et enfin par des passes magnétiques.

Les magnétiseurs connaissent depuis longtemps ces derniers phénomènes.

Lafontaine a magnétisé, en séances publiques, des chats, des chiens et des écureuils, des lions^ au point de les rendre complètement insensibles aux piqûres et aux coups; des lézards ont été plongés par lui, à diverses reprises, dans un sommeil qui durait plusieurs jours\

Dans un ouvrage publié, il y a quelques années à Londres, sous le titre : Private instructions in the science and art oforganic magnetism, miss Chandos Leigh Hui\t, donne (chap. VIII) d'intéressants détails au sujet de la magnétisation des animaux :

Si les « conducteurs métalliques » de Perkins n'avaient pas été employés avec succès sur les animaux, leur renommée n'aurait jamais pu s'établir, même temporairement. 11 est certain que la plupart des personnes, qui attribuent avec insistance les phénomènes produits par le magnétisme sur l'homme à Fimagination, à la suggestion, etc., reconnaîtraient immédiatement qu'il y a là « quelque chose de vrai » en

' Veher hypnotische Zustande bei Thieren : Arch . f. Physiologie VII, 1873.

î Bernheim : De la suggestion, p. i3o.

3 Lafontaine : L'Art de magnétiser, p. a/iS, 5e éd. — Paris,

Lafontaine rapporte qu'il put ainsi, en l'endormant pour 8 ou 9 jours, puis en l'endormant de nouveau, faiie vivre jusqu'à 75 jours sans manger un lézard qui mourut d'accident, grillé dans son bocal par la chaleur du soleil ; les autres lézards mis dans les mêmes conditions, mais non magnétisés, sont morts au bout de 10 à i5 jours de diète.

voyant leur irritable perroquet rester impassible quand on lui pique le nez avec une épingle, leur timide poisson doré s'élever et retomber selon que le magnétiseur lève ou baisse la main, ou leur pétulant canari reposer avec calme sur leurs genoux

Pour magnétiser les chats , il est bon de commencer les opérations quand ils sont dans le repos. Commencez par faire des passes magnétiques depuis la tête en allant vers le bas, laissant vos mains passer à environ un pied du corps de l'animal. Dès que vous les voyez s'agiter, s'étirer, c'est que vous avez déjà agi sur eul. Celte agitation se calme d'ailleurs promptement et est remplace par un état de tranquillité. Généralement les chats se retournent sur le dos et font quelques efforts indolents pour atteindre vos mains avec leurs pattes; il faut alors continuer les passes exactement de la même façon bien que le changement de posture vous oblige à les faire sur l'estomac au lieu du dos

Vous observerez en même temps que leurs yeux commencent à fixer les vôtres comme s'ils étaient fascinés par leur mouvement. Maintenant faites des passes sur les yeux comme si vous essayiez d'abaisser leurs paupières par le moyen d'invisibles fils. Vous verrez bientôt si l'animal est réellement sons votre influence. Quelquefois le corps devient rigide et les yeux restent grands ouverts ; mais l'animal ne fait plus attention qu'à votre voix. D'autres fois les yeux se ferment sous vos mains et s'ouvrent quand vous les retirez, mais restent complètement insensibles à la lumière. Vous pourrez alors chercher à montrer votre pouvoir par les expériences que vous imaginerez.

Pour démagnétiser l'animal, faites des insufflations froides de l'extrémité du corps vers le haut ; latéralement de gauche à droite, devant le corps, et enfin devant les yeux en appelant l'animal par son nom, d'une voix douce, encourageante et ranimante.

Pour magjxétiser un chien, opérez exactement de la même manière, avec cette différence que si l'attention de l'animal peut être au préalable attirée, vous commencez par le regarder fixement dans les yeux ; sinon agir comme il a été dit.

Si vous étiez attaqué par un chien, fixez vos yeux avec fermeté et sans peur sur les siens et il sera immédiatement

rendu sans force. Le duc de Malborough et M. Barraw possésédaient tous les deux un pouvoir extraordinaire sur les chiens les plus féroces. Luidencrantz nous apprend que les Lapons peuvent apaiser sur-le-champ les chiens les plus féroces et les obliger à s'enfuir avec toutes les expressions de la terreur. Le voleur de chiens, pour forcer un chien à le suivre ou à demeurer avec lui, le nourrit avec du pain qu'il a magnétisé en le gardant pendant quelque temps sous son aisselle.

Pour démagnétiser un chien, on procède de la même manière que pour un chat.

Pour magnétiser un cheval, commencez à faire des passes à grands courants depuis la nuque jusqu'à l'extrémité de la queue ; continuez pendant environ dix minutes ; ensuite faites des passes depuis le sommet de la tête jusqu'à la bouche, en portant vos mains devant ses yeux. Généralement la tête de Panimal ne tarde pas à s'abaisser languissante et ses yeux à paraître à moitié endormis. Placez alors vos mains devant ses yeux et soufflez plusieurs fois dans ses narines. Parlez-lui d'un ton bas et doux, et si la force employée a été suffisante, il vous suivra partout où vous voudrez le conduire en lui présentant votre main ; en même temps il n'entendra que votre voix.

Luidencrantz cite l'étrange faculté qu'avait un Irlandais, connu sous le nom de chuchoteur, d'apprivoiser les chevaux les plus indomptables ; son pouvoir était devenu proverbial. Plusieurs dompteurs de chevaux ont semblé posséder la même faculté et rendaient les chevaux les plus rétifs capables de les suivre comme des chiens et de se coucher à leur commandement.

Le secret de ces chuchoteurs irlandais consiste à souffler dans l'oreille gauche de l'animal, mais ces hommes étaient certainement doués en outre d'un pouvoir particulier qu'ils tenaient de famille ; quelques-uns d'entre eux étaient les élèves, directement ou indirectement, du grand dompteur de chevaux Rarey.

Catlin, en décrivant la capture au lasso des chevaux sauvages dans l'Amérique du Nord, dit : « Il (le chasseur) s'avance graduellement jusqu'à pouvoir placer sa main sur les naseaux de l'animal et devant ses yeux et lui souffle dans les narines ; celui-ci devient alors si souple et si docile qu'il peut l'amener ou le monter pour retourner au camp. . . »

Pour démagnétiser un cheval, faites des insufflations froides depuis les naseaux jusqu'au sommet de la tête. Des passes démagnétisantes peuvent aussi être faites, et il est bon de terminer avec quelques passes curatives le long du corps et des jambes. Si l'animal s'endort de nouveau, ne le troublez pas, mais laissez-le se réveiller de lui-même, car un tel sommeil est toujours salutaire.

Pour magnétiser les poissons (naturellement je ne parle pas de ceux qui nagent dans les mers, mais de poissons renfermés dans de petits aquariums).

Il est bon de magnétiser d'abord l'eau avant que les poissons s'y trouvent. Mettez maintenant dans cette eau les poissons un à un et magnétisez les ensuite séparément en faisant des passes sur la partie de l'eau la plus rapprochée d'eux, dirigeant ces passes autant que possible de la tête à la queue. Ceux qui seront influencés suivront votre main comme un petit canard de fer suit l'aimant. Si vous élevez soudain vos mains, le poisson sortira son nez de l'eau ou plongera aussi souvent que vous porterez vos mains en haut ou en bas.

Moi-même et d'autres personnes nous avons souvent magnétisé avec succès des poissons par ce nioyen ; mais l'opération est souvent longue et ne réussit pas toujours.

Pour démagnétiser les poissons faites des passes démagnétisantes du centre à la périphérie de l'aquarium sur la surface de l'eau.

Magnétiser un oiseau. — Pour le faire avec succès, beaucoup de précautions sont nécessaires, car le moindre bruit le trouble. Placez-vous devant la cage et promenez vos mains doucement et régulièrement de gauche à droite à environ 12 pouces de la cage. Quand l'oiseau est influencé, il devient agité ou triste et suit avec ses yeux les mouvements de votre main. Diminuez la distance de vos passes jusqu'à environ 3 pouces de la cage et dirigez vos mains vers ses yeux, commencez un léger mouvement d'oscillation de haut en bas de vos mains, en tenant en même temps vos yeux fixés sur lui. Au bout de quelques minutes, s'il est influencé, l'oiseau fermera ses yeux (après beaucoup d'efforts pour les tenir ouverts) et il tombera de son perchoir. Vous pouvez maintenant le retirer de sa cage et faire sur lui les expériences qu'il vous plaira : il restera complètement passif, mais il peut être éveillé par le moindre bruit perçant ou le plus léger courant d'air.

Pour le démagnétiser, employez des insufflations froides vers le haut et. vers le bas sur tout le corps, et, lorsqu'il est dans sa cage, soit qu'il ait été démagnétisé par vous, soit qu'il se soit réveillé soudainement, faites devant la cage quelques passes démagnétisantes.

Une autre fois vous ne trouverez pas d'aussi grandes difficultés en magnétisant le même oiseau, et il restera dans cet état plus sûrement et plus longtemps.

D'après le passage suivant des Récits de Catlin sur les Indiens de V Amérique du Nord, il paraît que ces hommes connaissent les effets du magnétisme sur les animaux et s'en servent dans un but pratique.

« J'ai souvent, dit Catlin en décrivant la capture des veaux après la mort de leur mère, mis, suivant une coutume du pays, mes mains sur les yeux d'un veau et soufflé à plusieurs reprises dans ses narines. J'ai ensuite fait, avec mes compagnons de chasse, plusieurs visites dans notre résidence avec le petit prisonnier suivant les pas de mon cheval aussi fidèlement et attentivement que s'il avait été sa mère.

« C'est une des choses les plus extraordinaires que j'ai vues dans les coutumes de ces pays et je l'avais souvent entendu dire sans vouloir y croire. Je veux à présent m'en porter témoin sur les nombreuses instances que j'ai reçues depuis que je suis dans ce pays. »

Quand on sait magnétiser les chats, les chiens, les chevaux, les oiseaux et les poissons, on sait comment procéder pour magnétiser tout autre animal.

J'ai fait beaucoup d'expériences avec ceux que j'ai cités et je n'ai jamais trouvé deux animaux influencés exactement par la même somme d'influence. Les phénomènes qui se sont produits n'ont jamais été exactement identiques à ceux des expériences précédentes.

Le plus grand soin, la plus grande douceur sont nécessaires en toute occasion.

Démagnétisez toujours un animal, même si vous n'apercevez pas les moindres effets résultant de vos efforts ; ne vous impatientez jamais quand vous influencez pour la première fois un animal : si vous avez une ferme volonté, votre persévérance et votre patience seront récompensées. Chaque fois que l'opération est répétée, votre volonté a une influence plus rapide et plus complète.

Miss Chandos renvoie ensuite à un ouvrage de John Wilson intitulé : Effet du magnétisme humain sur le règne animal^ où l'auteur raconte qu'il a magnétisé différents animaux parmi lesquels une lionne et deux éléphants du Zoological Garden.

Je n'ai jamais, pour ma part, eu la patience de rechercher des sujets de ce genre, qui sont aussi rares chez les animaux que chez les hommes ; mais deux vétérinaires lyonnais ont publié' sous le pseudonyme Nano et Wild les premiers résultats de leurs expériences qu'il est bon de connaître pour ne point se laisser décourager par les insuccès :

Nos expériences ont surtout porté sur les chiens ; aussi tout ce que nous allons dire aura trait à ces animaux. En règle générale^ on peut dire qu'ils sont d'autant plus sensibles que leur cerveau est plus volumineux. Nous avons toujours obtenu les meilleurs résultats, chez les chiens de forte taille. Peut-être y aurait-il encore des différences selon les races ? En outre, les conditions dans lesquelles on se trouve au moment de l'expérimentation ont une certaine influence. Autant que possible, il faut opérer dans le silence, le bruit amenant toujours une distraction plus ou moins grande du sujet. Nous avons remarqué que l'on agissait bien plus facilement sur un animal lorsqu'on a le soin de lui appliquer les mains sur le front pendant quelques minutes avant d'opérer. Les tempéraments ont aussi une importance assez considé rable, et ici comme chez l'homme les natures nerveuses sont les plus sensibles.

Voici les premiers symptômes que l'on observe lorsqu'on magnétise un animal : Au début, rien, ou du moins les phénomènes qui se produisent échappent totalement à l'œil de l'observateur. Après quelques minutes, vingt au plus, quelquefois trente, le sujet témoigne par certains signes qu'il éprouve l'action du fluide. 11 cherche à se déplacer ; s'il est couché, il se relève pour se coucher immédiatement dans une autre posi-

» VUnion occulte française, N'^ du i6-3i mars 1891

tion. Les oreilles offrent à de courts intervalles une sorte de tremblement très caractéristique, comme pour chasser une mouche importune qui viendrait les frôler. Ces tremblements, ces petites contractions spasmodiques, augmentent de plus en plus d'intensité et l'animal semble éprouver une sensation de gène inhabituelle. De temps à autre il secoue la tète et regarde l'opérateur. Les glandes salivaires fonctionnent activement, les déglutitions sont fréquentes et quelquefois la salive s'écoule sur le sol.

Arrivé à cette période, certains animaux entrent dans une colère violente, quoique à Tétat normal ils soient d'un caractère très doux. Le chien qui s'irrite ainsi sous l'influence magnétique fait entendre des grondements sourds et montre les dents, attendant l'occasion de mordre. Alors, au moment où la main quitte la tète pour se porter sur le dos, le sujet ainsi libéré essaye vivement de happer cette main tendue vers lui. Il est non seulement difQcile, mais encore dangereux de continuer à le magnétiser et nous n'avons jamais cherché à pousser l'expérience plus loin. Heureusement, il n'en est ainsi que pour un petit nombre d'animaux.

Nous allons maintenant envisager ce qui arrive chez le plus grand nombre des sujets.

Sous l'influence du fluide, la gène précédemment indiquée augmente. La surexcitation est grande et le patient fait entendre parfois de petits cris plaintifs. A ce moment il n'est pas loin d'être terrassé, bientôt il se calme et entre dans une profonde torpeur. C'est tout ce que nous avons obtenu chez la majorité des animaux soumis à nos expériences. Le sujet ainsi magnétisé simule très bien le chien endormi. Sa position est naturelle, mais son sommeil est beaucoup plus profond qu'il ne l'est normalement. En réalité sagit-il là du sommeil ordinaire ? Nous ne le croyons pas. L'animal a conservé les yeux à demi clos, le regard est morne. On croirait qu'il succombe à une profonde fatigue et il reste indifférent à tout ce qui se passe autour de lui. Les inspirations sont lentes et régulières. La sensibilité est émoussée sans être complètement abolie.

Chez quelques sujets débilités à tempérament nerveux, nous avons obtenu des effets bien plus remarquables. Ces animaux passaient rapidement par toutes les phases que nous venons de décrire. L'excitation du début faisait place immédia-

tement à une somnolence tellement grande que le sujet, au lieu de chercher à se coucher, tombait comme frappé d'un coup de masse et conservait une fois à terre la position plus ou moins bizarre dans laquelle il se trouvait. En insistant davantage nous pouvions alors déterminer une insensibilité presque; absolue. L'opérateur, plongeant de longues épingles dans le corps du sujet, n'arrivait jamais à provoquer le moindre mouvement de défense. Il nous a été possible, en lésant les tissus profondément, de lui arracher comme une sorte de plainte, mais ranimai a toujours gardé l'immobilité la plus complète.

Avions-nous fait naitre dans ces cas particuliers de l'insensibilité ou de la paralysie? Telle est la question qui se pose. Nous espérons pouvoir définitivement la résoudre lorsque nous retrouverons des sujets sensibles. Notre conviction est que Ton pourrait arriver, au moins chez quelques animaux, à l'anesthésie la plus parfaite.

Nous avons vainement essayé d'obtenir des phénomènes d'attraction, ou plutôt les quelques résultats obtenus sont si peu concluants que ces expériences ont besoin d'être reprises.

Avant de terminer, nous devons signaler la remarque suivante, que nous indiquons pourtant sous toute réserve, n'ayant observé le phénomène qui lui a donné lieu qu'une seule fois. Il s'agissait d'un animal plongé dans le coma dont nous avons déjà parlé. Une piqûre assez superficielle lui ayant été faite, il ne s'en échappa aucune goutte de sang. Mais l'ayant éveillé environ dix minutes après, notre étonnement fut grand en voyant une hémorragie se produire. Le fluide magnétique détermine peut-être une vaso-constriction des vaisseaux périphériques et par suite une congestion des Organes internes, laissant les parties extérieures presque exsangues. Ce qui nous explique pourquoi l'hémorragie signalée plus haut ne se produisit qu'après le réveil.

M. JacoIIiot a vu, dans Tlnde, des Fakirs donner la raideur cataleptique à des serpents par une musique douce et monotone suivie de l'action du regard et des passes.

Les Harvis ou Psylles de l'Egypte réussissent, à l'aide d'une pression sur la tête de la vipère Nayéj à la jeter dans

une sorte d'état titanique qui lui donne les apparences d'un bâton'.

G^est vraisemblablement par un procédé analogue que se sont produits les premiers actes de la lutte d'Aaron avec les prestidigitateurs de Pharaon.

« Moïse et Aaron, s'étant présentés devant Pharaon, firent ce que le Seigneur avait commandé. Aaron prit sa baguette en face de Pharaon et de ses serviteurs et elle se changea en couleuvre. Mais Pharaon appela ses sages et ses prestidigitateurs qui, par le moyen des enchantements usités en Egypte et de certains secrets, firent semblablement. Ils jetèrent chacun leurs baguettes qui se changèrent en dragons ; mais la baguette d'Aaron dévora les leurs » (Exode VII).

' Voyage au pays des perles, p 91.

* E, W. Lane : An account of the manners and customs ofthe modem Egyptans, t. 11, p. io3. — A. Maury : La magie et VasiroLogie, p. 4.

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