CHAPITRE II Notions sommaires sur les premières phases de l^hypnose
§ i^'". — Classification des états.
On s'accorde généralement à désigner sous le nom d'//y/)/205e tout état du cerveau différant de l'état normal par la paralysie ou l'exaltation momentanée de certaines facultés.
Si l'on provoque l'hypnose à l'aide d'agents dont on puisse augmenter graduellement l'effet, on détermine une série de phases qui se succèdent dans l'ordre suivant :
Etat de crédulité, i^'^ état léthargique, état cataleptique, 2""" état léthargique, état somnambulique, 3°^® état léthargique' .
L'état cataleptique est surtout caractérisé par l'inertie des membres, qui conservent pendant un temps plus ou moins long la position ou le mouvement qu'on leur donne.
* Ce 3 • élat léthargique est celui qui précède Vétat de rapport, le premier des États phofojvds qui ont été étudiés dans un autre ouvrage et qui, pour les anciens magnétiseurs, constituaient le somnambulisme.
L'anesthésie cutanée est complète et les autres sens ne sont impressionnables que par des actions violentes ou répétées.
Dans l'état somnambuliqiie, les membres se meuvent dans les conditions habituelles. L'anesthésie cutanée persiste ; les autres sens sont redevenus impressionnables et ont même acquis une sensibilité bien plus grande. Il suffit d'éveiller une idée quelconque chez le sujet pour que cette idée se transforme immédiatement en sensation ou en acte^ suivant sa nature ; cette transformation est susceptible de s'opérer, non seulement au moment où l'idée est suggérée, mais encore à une époque plus ou moins éloignée et lorsque le sujet sera revenu à son état normal.
Le souvenir de toutes les hallucinations, de toutes les suggestions, disparait quand le sujet est réveillé, et reparait quand le sujet est remis de nouveau à l'état de somnambuhsme ; on peut faire persister le souvenir, mais par suggestion .
Dans les états léthargiques, le sujet présente toutes les apparences du sommeil ordinaire. Les yeux qui, dans les phrases précédentes ou suivantes, sont généralement ouverts, sont maintenant clos ; si l'on relève les paupières on voit presque toujours les globes convulsés en haut comme dans l'extase. L'insensibihté cutanée parait complète et l'usage des autres sens parait également suspendu. 11 n'en est rien cependant, car par suggestion verbale on peut réveiller le sujet qui, par conséquent entend, et même on peut lui donner le souvenir de tous les attouchements qu il a subis dans ces états.
Il est donc extrêmement imprudent de raconter alors devant le sujet, comme le font certains expérimentateurs, ce qu'on veut qu'il ignore , d'autant plus que c'est dans ces états, et spécialement dans les plus superficiels, que la suggestion a le plus de prise.