‹ Les états superficiels de l'hypnoseChapitre 7 sur 19 · PHASES DE L'HYPNOSE · texte numérisé non relu

PHASES DE L'HYPNOSE

Létat de crédulité étant la première note de la gamme de rhypnose a une grande importance au point de vue historique ; il suffit, en effet, d'actions très faibles pour le produire, et le sujet y conserve toutes les apparences de la veille.

Le D' Liébeault le définit ainsi dans son livre sur le Sommeil (p. 82) :

c( Parmi les sujets qu'on veut endormir on en trouve qui arrivent seulement dans un engourdissement très curieux et désigné sous le nom de charme : ceux-ci pensent encore activement et ont une conscience assez nette du monde extérieur. Mais si on leur affirme, par exemple, rimpossibilité de parler, de faire certains mouvements, voire même de sentir, ou si on leur suggère Tidée d'actes absurdes, leur attention, déjà sans ressort, s'immobilise complètement sur les idées imposées, leur esprit les adopte et l'organisme obéit : ce sont de vrais automates placés sur la limite de la veille et du sommeil. »

J'ai fait sur cet état de nombreuses expériences dont on trouvera les principales relatées dans le §3 du chapitre III, et lui ai donné le nom d'État de crédulité en considération de sa propriété caractéristique. Je ferai observer que les sujets sur lesquels ont porté la plupart de mes observations : Benoît, Emile, Paul, Gabrielle, Marie, Rose, sont des jeunes gens de 17 à 19 ans, parfaitement sains de corps et d'esprit, excellents ouvriers ou employés. On aurait probablement toujours ignoré leur grande sensibilité s'ils ne s'étaient point prêtés à mes recherches. Ils sont donc dans de bonnes conditions pour qu'on puisse conclure de ce qui s'est passé avec eux, ce qui a dû se produire dans tous les temps sur les foules.

§ 2«. — Causes de Vhypnose.

James Braid, chirurgien à Manchester, a montré vers i84o^ qu'on pouvait hypnotiser en tenant un objet dans une position telle, au-dessus du front, que le plus grand effort fût nécessaire du côté des yeux et des paupières pour que le sujet regardât fixement l'objet; il lui recommandait en outre de concentrer sa pensée*.

Quinze ans auparavant, un prêtre de Tlnde portugaise, l'abbé Faria, avait déjà professé à Paris que la cause du somnambulisme réside dans le sujet et non dans le magnétiseur ; il endormait un grand nombre de personnes en prononçant d'une voix forte ce seul mot : Dormez!^ C'est le procédé, dit de suggestion, repris plus tard à Nancy, d'abord par le D"^^ Liébeault, puis par le D'' Bernheim qui lui a donné une grande notoriété.

On a vu, dans le chapitre précédent, que l'hypnose est produite par l'action sur le cerveau de tout agent qui a la propriété, étant appliqué sur d'autres parties du corps, de produire soit la contracture, soit la répulsion. On est ainsi amené à supposer, d^une part, que le sommeil nerveux est le résultat de la contracture du cerveau ; d'autre part, que la contracture est une conséquence de la répulsion de la partie la plus mobile de l'organe (sang ou influx nerveux).

' Neurypnologie, trad. franc., p. 82.

5 Chez les gens susceptibles de s'endormir ainsi, on arrive au même résultat en prononçant impérativement un mot quelconque : stop, zut, etc. L'important est de surprendre le sujet et de provoquer chez lui un ralentissement de la circulation cérébrale après avoir produit l'idée du sommeil.

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