CAUSES DE L'HYPNOSE
De nombreux exemples vont confirmer cette hypothèse ; je montrerai par combien de modes divers on peut provoquer l'anémie cérébrale et par suite les multiples manifestations de l'hypnose.
Je donnerai plus loin (p. 89) quelques détails sur les agents électriques, me bornant à rappeler ici l'action des passes et de la pression des pouces usitées par les anciens magnétiseurs, parce que cette action parait résulter de 1 envahissement de l'organisme par un agent spécial émanant de l'opérateur'.
Cet agent, le fluide, dont l'existence est si vivement combattue par l'école officielle de l'hypnotisme, retarderait également la circulation nerveuse du sujet par sa direction en sens opposé, c'est-à-dire de l'extérieur à l'intérieur. Telle est du moins l'hypothèse qui se présente naturellement à l'esprit et qui serait appuyée par ce fait que les phases de l'hypnose peuvent également s'obtenir à l'aide de courants électriques.
Mais, d'autre part, j'ai souvent reconnu que toute action déterminant une modification dans l'équilibre normal d'un sujet suffisamment sensible, comme les passes régulières et continues dans un sens quelconque, pou-
^ Il est très dilficile, dit Guvier, dans les expériences qui ont pour objet l'action que les systèmes nerveux de deux individus peuvent exercer l'un sur l'autre, de distinguer l'effet de l'imagination de la personne mise en expérience d'avec l'effet physique produit par la personne qui agit sur elle. Cependant les effets obtenus sur des personnes déjà sans connaissance avant que l'opération commençât, ceux qui ont eu lieu sur d'autres personnes après que l'opération même leur eût fait perdre connaissance, et ceux que présentent les animaux, ne permettent guère de douter que la proximité de deux corps animés, dans certaines positions et certains mouA'ements^ n'aient un effet réel, indépendant de l'imagination de l'un des deux. Il parait assez clairement démontré que ces effets sont dus à une communication quelconque qui s'établit entre leur système nerveux {Leçons d'anatoniie, t. II, p. 107).
vait produire l'hypnose ; puis, qu'en agissant en sens inverse, on ramenait le sujet à l'état de veille^ et enfin quen continuant cette dernière action, on produisait de nouveau le sommeil. De sorte qu'en définitive, on pourrait dire que les actions en question déterminent une orientation anormale des molécules organiques. Cette orientation arrêtant la circulation nerveuse provoque le sommeil, qui disparait quand on ramène l'orientation normale et reparaît quand, par la prolongation des manœuvres , on provoque une orientation anormale inverse. La veille serait à la position verticale du pendule, le sommeil à droite et à gauche. Il faut remarquer que chacun de ces procédés peut amener un état différent de 1 hypnose suivant la sensibilité du sujet : les plus énergiques déterminent seulement l'état de crédulité chez certains individus, tandis que, chez d'autres, les plus faibles sont susceptibles de produire même la deuxième léthargie en passant très rapidement par les phases intermédiaires.