PRÉFACE VII
rique ne se eoiiiiaissaieiit, aux deux derniers siècles, que par les coups meurtriers qu'ils échangeaient comme des ennemis dont l'un doit fatalement dévorer l'autre. Le temps a heureusement fait disparaître la cause des querelles d'autrefois, enterré la hache du sauvage barbare à côté du mousquet de l'Européen, souvent son rival en férocité à cette époque. Le combat sur la lisière des forêts, après de longues misères endurées, affecte les mœurs de l'homme civilisé au point de lui faire adopter celles de l'enfant de la nature. Elle est bien faible parfois la distance qui sépare la barbarie de la civilisation.
A ces luttes incessantes ont succédé de bonnes relations, qui ont rapproché les fils des combattants d'autrefois. Les descendants des compagnons de d'Iber ville, de E/Ouville et de tous ces terribles sabreurs, envahissent aujourd'hui, pour y trouver les moyens de vivre, cette Nouvelle-Angleterre que leurs ancêtres parcouraient en tous sens pour y semer la ruine et la mort.
Hâtons-nous de détourner les yeux des champs de bataille pour voir le colon anglais faisant œuvre de citoyen, jetant d'une façon inconsciente les bases de la grande république de nos jours. C'est là qu'il nous plaît davantage de l'étudier, car il s'y révèle homme d'initiative, plein de courage, et avec une entente parfaite du côté pratique de la vie. A peine a-t-il mis pied à terre en Amérique, qu'il crée une organisation politique et sociale appropriée aux nécessités de sa situation nouvelle. Que ce soit le puritain de la Nouvelle-Angleterre qui pose les premières assises de la démocratie américaine, ou l'anglican de la Virginie qui s'efforce de continuer les traditions de la mère-patrie, c'est toujours le