‹ Les États-UnisChapitre 4 sur 64 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

même esprit positif et utilitaire qui dirige l'un et l'autre. Sans doute, leur entreprise de colonisation n'a pas toujours échappé à ces mécomptes, à ces fautes inséparables de tout projet nouveau, mais ce que nous voulons marquer, c'est que nulle part ailleurs on n'a vu l'Européen, aux prises avec les difficultés que présentait alors l'existence sur le continent américain, sortir plus facilement et plus tôt de la période des tâtonnements pour trouver le chemin du succès.

Dès les premiers jours de leur établissement, nous les voyons, que le roi d'Angleterre les y autorise ou non, se donner des institutions politiques, images de celles de la métropole. Partout surgissent des petits parlements avec chambre populaire, appelée cour ou assemblée générale, conseil et gouverneur, fonctionnant sans heurt ni embarras. Le colon n'a garde d'oublier le jury et Vhaheas corpus, qui lui garantissent le jugement par ses pairs et sa liberté personnelle. Avec ces deux sauvegardes et le vote de l'impôt par ses mandataires, n'est-il pas en plein sous le régime de la grande charte comme son frère de Londres ? Nous le verrons aussi, en 1776, prouver aux ministres de (xeorges III qu'il se regarde comme citoyen anglais à tous les points de vue.

Au cours de leur existence coloniale, les Anglo- Saxons ont risqué, en matière de science sociale et d'institutions politiques, bien des expériences que les réformateurs de nos jours voudraient reprendre. C'est ainsi que la Virginie et New-Plymouth tentèrent de s'organiser sur les bases du communisme, qui ne donna que de tristes résultats. Au Rhode-Island, Roger Williams crut qu'en jetant la bride sur le cou à la

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