U) LE GÉNÉRAL TAYLOR ET FILLMORE
planant au-dessus du pays pour le pousser vers l'abîme. Le penseur chrétien y voyait une de ces impulsions, imprimées d'en-haut pour la punition des crimes du peuple, tellement tout ce qui se passe est en dehors de la logique ordinaire des événements, dvi cours journalier des affaires humaines.
Que la Nouvelle-Angleterre n'ait pas visé d'abord la fin de l'esclavage, cela est de toute évidence. Jusqu'ici son ambition s'était bornée à l'empêcher de pénétrer dans ses limites. Toute la législation du congrès, durant soixante ans, témoigne de cette attitude des Etats libres. Lorsque William L. (xarrison prêche, en 1830, l'évangile anti-esclavagiste, il parle longtemps dans le désert et on le regarde à Boston et à New- York, lui et les abolitionnistes, comme de dangereux agitateurs. Peut-être seraient-ils restés isolés si les erreurs, les provocations du Sud n'étaient pas venues leur fournir des adhésions en grand nombre et rendre acceptable une idée qui répugnait, à l'origine, à l'opinion publique.
Une acalmie avait suivi le Proviso Wilmot (1846). On se félicitait du retour de la paix et de l'harmonie au congrès, lorsque la demande, faite par la Californie était d'entrer dans l'Union (1850), mit de nouveau les deux partis aux prises, au sénat et dans la seconde chambre. La constitution que cet Etat s'est donnée ne comporte pas l'établissement de l'esclavage; mais comme une partie de son domaine s'étendait au-dessous de la ligne 36° 30', limite de la terre franche, le Sud protesta contre cette violation du Compromis du Missouri. Durant dix mois — une des plus longues sessions connues à cette époque, — les factions se déchirent à ce sujet, ainsi que sur celui de l'organisation du territoire