‹ Les États-UnisChapitre 6 sur 64 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

assiéger Loiiisbourg. Ce qui fait dire à un contemporain : " Ces pea})les singuliers (des colonies anglaises) ont des lois et une police qui leur sont particulières et leur gouverneur tranche du souverain." ^^*

Il devenait évident qu'avec les tendances qu'accusait cet état d'esprit, ils marcheraient rapidement vers la république, qui ne devait pas leur être plus antipathique qu'elle ne l'avait été à leurs pères, les puritains de Cromwell. Aussi un conflit d'intérêts, ayant couleur de conflit de principes, suflit en 1776 pour les pousser à rompre les liens qui les rattachaient à la mère-patrie.

Nous touchons ici à la partie la plus émouvante de leur histoire. En 1745, les Anglo-Américains n'avaient pas reculé devant l'entreprise d'attaquer seuls la puissance française, qui paraissait si fortement assise à Louisbourg. La force de la métropole ne leur parut pas plus redoutable, vingt ans i3lus tard. Il est vrai que, sans l'intervention de la France, l'audace dont ils firent alors preuve leur aurait coûté cher. De l'aveu de Washington lui-même, la cause des rebelles était désespérée, avant l'arrivée des troupes de Rochambeau. Les Américains ont souvent oublié les services que la France leur rendit en ces jours critiques de la guerre. Lorsque l'invasion allemande mit le couteau sur la ^oroe de leur ancienne bienfaitrice, les sympathies bruyantes de Grant et de l'historien Bancroft s'aflichèrent pour les légions de l'empereur Guillaume. La reconnaissance est une vertu encore plus rare chez les peuples que chez les individus.

S'il y a beaucoup à admirer dans l'ensemble de l'histoire des Américains, l'impartialité nous fait un devoir de signaler bien des ombres au tableau de leur grandeur.

(1) Lettre d'un habitant de Louisbourg, 1745.

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