CHAPITRE III
Les capitaux industriels et leur rémunération. L'association des capitaux. — Les trusts.
Avant d'aborder l'examen des diverses branches de l'industrie américaine, il est bon d'en étudier d'une manière générale les trois grands facteurs : le capital, le travail humain et la force motrice (quand celle-ci est distincte de la main-d'œuvre fournie par l'homme, ce qui est toujours le cas dans les grands et moyens établissements et constitue la caractéristique essentielle de l'industrie moderne). Nous venons de voir que le capital employé dans l'industrie américaine, s'élevait à plus de 9 milliards 800 millions de dollars, soit plus de 50 milliards de francs. Dans celte somme ne se trouvent compris, ni le capital des entreprises minières, ni celui des entreprises de transports, chemins de fer et autres, il importe de s'en souvenir. Cela explique que les capitaux industriels ne forment guère que iO p. 100 de la richesse totale des États-Unis, laquelle était évaluée, en 1900, a 94 milliards de dollars, soit environ 487 milliards de francs, un tant soit peu plus du double de la richesse estimée de la France ; la population des États- Unis étant, du reste, presque exactement double de celle de notre pays.
Que représentent ces 9 milliards 800 millions de dollars de capitaux industriels, et, tout d'abord, quelle est
LES CAPITAUX INDUSTRIELS ET LEUR nÉMUNÉHATION 215
lii (lélinilion exacte du terme capital, tel que l'entend ici le Census américain, car il y a plus d'une manière . d'établir le compte d'un capital de ce genre ? Les questions inscrites sur les bulletins dé recensement de 1900. distinguaient, pour un établissement industriel, qu catégories de capitaux, dont elles demandaient sép ment la valeur : 1° le terrain, 2° les bâtiments, 3 machines, outils et instruments, 4° enfin, le Hve cap\ le « capital vif » comprenant les espèces en caisse créances, les comptes non réglés, les matières mières, les matières en voie de transformation, stocks de produits finis, et autres articles divers, i réponse, disait l'instruction accompagnant le quest naire, doit indiquer le montant total du capital, pr( et emprunté. Les divers postes du capital, tant fixe de roulement, peuvent être portés pour le mon indiqué dans les livres. Lorsque des terrains ou bâtiments sont loués, le fait doit être indiqué, i aucune valeur ne doit leur être attribuée. »
Les questions relatives aux capitaux employés c l'industrie ont été formulées de même aux deux niers Census, celui de 1890 et celui de 1900. Auss chiffres recueillis en ces deux années, 6.525 million dollars pour 1890 et 9.818 millions' de dollars ( 1900, sont-ils comparables, et l'on peut admettre le capital de l'industrie américaine a augmenté d viron moitié au cours de cette décade. Par coe en 1880 et aux Census antérieurs, on s'était bon poser la question sous sa forme la plus générale demander quel était le capital employé dans l'affs
1 . Dans tontes ces consiilératioDs générales sur l'induetrie : ricaine, noue négligeons, avpc lo Census, les infinies êtabl iiienls qui fabriquent pour moins de 500 dollars de proi iLDnuellement.
216 LHS ÉTATS-DNIS AH XX' SIÈCLE
capital (real and personal) invested in the business. Le K^néral Walker, le distingué statisticien qui diritre de l'industrie dans les Census de 1870 hésitait pas à dire que, réduite à cette re, l'enquête concernant les capitaux ne :r de résultat utile, car la question posée définie et donnait lieu h des interprétaerses. Dans beaucoup de cas, les fonds de ablent avoir été omis, au moins en paris éléments du capital fixe, tels que la ites d'eau fournissant de la force motrice lent passés sous silence ; les fonds prove- )mpte du papier de commerce n'étaient pas comptés et ne pouvaient guère l'être, dont la question était posée. Il en résulte sez aventuré d'affirmer que le capital de i États-Unis a réellement plus que doublé 1890 ; le chifTre de 2,790 millions auquel 'ensus de 1880 semble devoir être relevé lu comparable à ceux de 1890 et de 1900 lion véritable parait moins forte que ne première vue les statistiques, nombre de statisticiens et d'économistes irmi lesquels le général Walker lui-même, )ire qu'il était préférable de renoncer à ;bes concernant les capitaux industriels, le la difficulté d'obtenir des données séi approximativement exactes, et des objec- [levaient ces recherches de la part des ■ossicrs et incertains comme ils l'étaient, )tenus risquaient d'ailleurs, ainsi que l'obesseur Mayo-Smith, de donner naissance )ns tout à fait erronées concernant l'iraive et la part de rémunération respective
LES CAPITAUX INDUSTRIELS ET LEDR RÉHUNéRATION
du capital et du travail. On a cependant continui poser la question relative au capital, en s' occupant lementde la mieux définir, de façon à éviter les i entendus, et en cherchant à y engloher tout ce qui réellement du capital industriel. Nous croyons qu'i sagement agi, car les statistiqueg ainsi dressées i intéressantes, bien qu'on ne puisse les considérer comme approximatives, vu le nombre et l'importf des causes d'erreur qui, par la force des choses, i sistent encore.
Ces imperfections, le rapport sur le Cejisus de 1 ne cherche pas à les dissimuler. Il les signale au i traire. Les statistiques américaines sont présentées i beaucoup de franchise, et ne prétendent pas à l'es; tude absolue lorsqu'il est impossible d'y atteindre. E indiquent elles-mêmes, s'il y a lieu, qu'il ne faut leur accorder un degré de confiance exagérée. 11 r presque pas un chapitre du Census qui ne soit ace pagné d'observations concernant les « limites à l'uf des statistiques », limitations upon the use of Cei Statislics; on y met le lecteur en garde contre la tatioD de trop raffiner dans l'analyse des chiffres et chercher des indications économiques qu'ils ne peui pas toujours donner. Grâce au soin avec lequel on i ainsi, à c6té des données numériques, les causes qui pu les entacher d'erreur, il est toujours possible de ' iusqu'à quel point on peut légitimement raisonner elles, et où il convient de s'arrêter dans les conclus] qu'on en tire. Nous souhaiterions, soit dit en pass qu'on agît de même dans nos statistiques françai quisont souvent beaucoup plu-s légèrement faites qui américaines, et où l'on ne cherche nullement h cerner le bon grain de l'ivraie.
Sur le point spécial qui nous occupe, il est cl
comme le dit le rapport sur le Census, que, « malgré que le terrain, les bâtiments, l'outillage d'une usine soient en eux-mêmes des choses surfisamment tangibles i>t. di^finies. leur valeur est, dans une large mesure, mal définie... La valeur du terrain où se lanuracture peut dépendre entièrement du tence de cette manufacture... » Il en peut jde la valeur des bâtiments, voire de celle ;, à un moindre degré pourtant. En règle le rapport, les chiffres don nés par le Census la valeur marchande du matériel ; or, dans 3s établissements anciens et prospères, le absorbé par l'outillagecst beaucoup plus que sa valeur marchande actuelle'. D'autre ui concerne le live capital, si les éléments sent peuvent être évalués avec plus de cerre faite pour les créances douteuses), on se lonvénient des doubles emplois. Voici par ;apitauK d'emprunt. « Un établissement ne -alement pas de son crédit dans la même ant toute la durée de l'année. Au moment a été pris, certains établissements avaient ecours au crédit pour se procurer des mières ou mettre en stock leurs produits ts voyaient, au contraire, leurs besoins de runts réduits au minimum ou h rien, ou me beaucoup plus de crédit h autrui qu'ils iaient... Les prêts faits à une maison peu- :s avoir été reprêtéa par elle à une seconde,
. de bien remarquer que dans les statistiques dn s au capital industiiel. on ne s'occupe nullement >ns ou obligaLioQS des élablissomcnts appartenant ; on recberche la Viileur véritable, en capitaJ, de , ce qui est souvent trôs dilTérenL
LES CAPITAUX INDCSTEIELS ET LEUR RBMUNKRATIO!
et par celle-ci à une troisième. » D'où divers d( ou triples emplois. En outre, remarque encore le Ci un établissement donné a constamment des co ouverts avec nombre d'autres établissements l'achat de matériaux et la vente de produits. L'ensi de ces comptes monte îi un chilTre énorme, et résulte encore des doubles emplois. « Ainsi une fi portera comme faisant partie de son capital les so qui lui sont ducs pour la vente de Ulés h un auti blissemen t (tel qu'un tissage) qui portera ces mémi comme matières premières ou matières en cou fabrication. » Il est donc très difficile d'arriver décompte exact du capital de l'industrie améri' si tant est même qu'il soit possible de donner capital une définition suffisamment nette et sa Baute pour l'usage d'un recensement'.
Le fait qu'aucune valeur n'est attribuée aux immi loués vient encore rendre les statistiques plus ii faites. Deux établissements exactement sembl dont l'un occupe des locaux lui appartenant, l'aut locaux loués, paraîtront dans les statistiques av( capital absolument différent. Il est pourtant é^ qu'un immeuble oii s'exerce une industrie, qu'il e tienne ou non à l'industriel, constitue un capital i h. l'industrie. Enfin, beaucoup d'établissements oi
1. Dans son rapport sur le Cenaua de 1870, lo général ^ BS déclarait incapable de donnor une telle définition. Il ail qu'à dire que, même en ayant â, s& disposition tous les d'un éljiblissement industriel appartenant t deux ou pli associés, un se trouvant en mesure de vérifier tous les éli de l'actif aussi bien de l'établissement que des associés duels, il se sentirait tort embarrassé pour faire avec q assuranco l'évaluation du capital. Qu'est-ce donc, concl lorsqu'on se heurte aux rêlicences des industriels en pi d'une enquête de ce genre?
capitaux employés à d'autres usages proprement dite, mais cependant dans tte industrie. Telles les usines métallupident souvent, en Amérique, des mines B charbon, des chemins de fer, des r pour le transport des minerais et du
s'est efforcé, non sans peine dans cerler la part du capital ainsi distraite de rement dite et on ne l'a pas considérée ndustriel. Mais, outre l'inceilitude que e évaluation, on peut se demander jusil est toujours légitime de défalquer le
dans des entreprises auxiliaires qui is on moins directement nécessaires h.
dustrie principale.
lites, et elfes étaient nécessaires, voici imposait le capital de l'industrie améit en 1900 ;
te CAPITAL DE LIKDUSl
tSM. 1300. 1S9D. 1!>00.
773,6 1.027,S ti.9 10.5
t et divers. 3.286.7 4.796,4 50.4 4B.8
lifférence dans la proportion des divers ital aux deux Census successifs et, en mbreuses causes d'erreur qui affectent il serait hasardé de chercher à tirer des variations aussi faibles. Tout ce qu'on
LSS CAPITAUX mDUSTBtELS ET LBUB BEMUNËRATII
peut dire, c'est que la moitit! environ du capital dustrie américaine est du live capUal : espè caisse, papier de commerce, comptes courants, a premières ou en cours de fabrication, stocks de p finis, etc. ; l'autre moitié est du capital fixe, do lillage mécanique forme lui-même 50 p. 100. L menj.s et les terrains se partagent le reste, a^ prédominance assez marquée pour les premiers. Il conviendrait d'ajouter la valeur des imn loués qu'occupent beaucoup d'industries. La totale payée pour ces locations s'est élevée, p l'année du Census (1900), à 95,708.226 dollars. 4 lions de francs, ce qui représente un capital é Le Census de 1890 avait essayé de calculer ce i ce qu'on pouvait faire avec quelque exactitude { villes ; pour les campagnes, on se bornait à évali avait trouvé ainsi 1 .156 millions de dollars. Le i sur le Census de 1900 considère que pareil cal illusoire et, pour arriver h donner, tout au moi idée de l'ordre de grandeur de ce capital rep par les immeubles loués, il l'évalue, d'après le location, sur le pied d'un intérêt de 8 p. 100. Il ainsi 1.196 millions de dollars, ce qui est à pi égal h la moitié de la valeur des immeubles {t et bâtiments] appartenant en propre aux indu Un très grand nombre de petites et moyennes tries occupent ainsi des locaux loués dans les j villes; à New-York et Chicago, notamment, trouve souvent dans les étages supérieurs de r dont les étages inférieurs sont occupés par des commerciaux. Si l'on tient compte de cecompléi capital de l'industrie américaine se trouverait un peu plus de 11 milliards de dollars, 57 milli francs.
X\* SlàCLB
Connaissant le capital, il serait très intéressant de pouvoir calculer les profits de l'industrie des Etats- Unis, et de comparer la part de rémunération du capi-
la main-d'œuvre. Malheureusement, on
r qu'à des approximations assez grosroyons néanmoins devoir les donner Spit des réserves qu'elles appellenr, et sur le Census ne manque pas de signaige certains enseignements :
KDUSTniK DES ÉTATS-UNIS EN 1890 ET 1900 is chliIreB en millioDs de dollars.)
18». ItPOO.
les produits .... 9.372,4 13.004,4 eut :
It. 099,2 1.905.2
rémunération du capital serait donc, js deus tiers de cellede la main-d'œuvre, s élevée qu'en 1890. Ceci peut s'espHen 1900 on se trouvait dans une période
d'une prospérité ascendante, et encore ébut de cette période. Or, en pareil cas, t plus lents à s'élever que les bénéfices,
cas de dépression ils sont plus lents a . noter, d'ailleurs, que le capital avait .s ces dis années, plus rapidement que produit brut sur les dépenses, tel qu'il eau ci-dessus. En considérant cet excé-
LES CAPITAUX INDUSTRIELS ET LEUR RÉHnNÉHATION 223
dent comme un produit net, celui-ci atteindrait 19.4 p. 100 du capital de l'industrie en 1900, au lieu de ■J9.9p. 100enl890'.
En réalité, il ne saurait être question ici de duit net. Les dépenses portées dans les tableaui Census ne comprennent, en effet, aucune provi pour l'amortissement du matériel, non plus que ] les risques commerciaux, mauvaises créances et aul Et l'on sait si l'amortissement doit être rapide, sur dans un pays tel que les États-Unis, a Dans l'indui cotonniÈre, dit le rapport sur le Cemus, les pro faits pour la construction des machines ont été s pides, que l'on calcule qu'une usine doit pratiquen renouveler son outillage tous les dis ans si elle se maintenir en état de travailler avec profit... »
A l'appui de son dire, il cite ce fait que, dans le État de Massachusetts, vingt et une filatures i 1S4.000 broches et un tissage avec 180 métiers ava dû fermer leurs portes entre 1890 et 1900 : sept de filatures comptant ensemble 48.000 broches ont démolies et leur matériel vendu, treize comp 101.000 broches netravaillaientpasen 1900ouvoya même leurs bâtiments employés à d'autres indust! une usine avait été brûlée et non reconstruite, dernière avait fusionné avec une fabrique voisine nombre des établissements industriels n'ayant trav à aucun moment de l'année 1900 s'élève, d'aillé d'après le Census, à 3.864, représentant un ca]
4, Dans les dépenses diverses du tableau ci-dessus sont cou les prix de location des immeubles pris ii bail, (95 miltioi dollars], les impOts (47 millions de dollars), et le paiemei certains tr&vaax confiés ù des entre preneurs et sous-trait cojttrael works (170 millions de dollars|, enfin riutérêt des taux empruntés, les assurances, les réparations t publicité.
â24 LES ÉTATS-UNIS AU XX* SIÈCLE
total de 99 millions et demi de dollars *. Par contre, 44.705 établissements, soit près de 9 p. 100 de Tensemble des 512.254 établissements privés ayant un chiffre d'affaires supérieur à 500 dollars, avaient été fondés en 1900 2. Ces chiffres donnent une idée de l'activité de la vie industrielle dans l'Amérique du Nord ; mais ils montrent en même temps combien la concurrence y est rude, et quels prélèvements il est nécessaire de faire sur les bénéfices pour se maintenir sans cesse au niveau des nouveaux compétiteurs qui surgissent tous les jours, armés des machines du dernier modèle et des procédés les plus propres à économiser la main-d'œuvre. Qu'on tienne compte de ces prélèvements et de ceux qu'il convient d'effectuer aussi pour se couvrir des risques divers et l'on verra fondre singulièrement les profits des capitaux engagés dans l'industrie. Les hommes énergiques et entreprenants peuvent faire, en Amérique, des bénéfices plus élevés qu'ailleurs ; les autres végètent comme partout, et sont peut-être plus rapidement perdus. Les pays neufs sont de grands instruments de sélection.
Parmi les causes du succès de l'industrie américaine, le rapport sur le Census cite les facilités que donnent à l'association des capitaux les lois de la plupart des États Concentrée pour une large part dans de grands établissements, — bien qu'il en subsiste, nous l'avons vu,
1. 11 ne s'agit que des établissements encore munis de leur outillage complet et susceptibles de rentrer en production; ceux dont on avait retiré l'outillage ou qu'on avait commencé de démolir ne figurent pas dans ce chiffre.
2. Cette proportion paraît quelque peu exagérée, d'après le rapport sur le Census lui-même : un certain nombre de ces entreprises, qu'on présente comme fondées en 1900, ont simplement été réorganisées ou ont subi des transformations importantes diverses ; la proportion n'en reste pas moins significative.
bon nombre de petits — l'industrie en Amérique^ plus que partout ailleurs, recours à l'association pour se procurer les vastes capitaux qui lui sont nécessaires. Le rôle prépondérant de l'association des capitaux ressort d'une manière saisissante du chapitre que le rapport sur le Census de 1900 intitule « Caractère de l'organisation des établissements industriels ». Ces établissements s'y trouvent divisés en trois catégories : ceux qui sont la propriété d'un seul individu ; ceux qui appartiennent à des Sociétés en nom collectif, en commandite, ou toutes autres Sociétés à responsabilité illimitée; enfin ceux qui appartiennent à des Sociétés anonymes à responsabilité limitée. Cette dernière forme est la forme la plus moderne de l'association des capitaux; grâce a la grande division et à la facilité de transfert des titres, elle permet à tous les capitalistes, même aux plus petits, de prendre part aux plus vastes entreprises, en ne consacrant, à chacune, s'ils le désirent, qu'une portion restreinte de leur avoir, en étant assurés de pouvoir se retirer assez facilement, et en connaissant d'avance l'étendue exacte du risque qu'ils assument. Rien ne se prête donc mieux à la concentration pour un même but d'une masse considérable de capitaux, que la Société anonyme à responsabilité limitée. Aussi tient-elle la première place dans l'organisation de l'industrie américaine.
Sur les 512.254 établissements industriels privés, fournissant un produit total d'une valeur de 13 milliards 4 millions de dollars, qui existaient aux États- Unis en 1900, il y en avait, sans doute, près des trois quarts, exactement 372.703 qui appartenaient en propre à une seule personne; mais ceux-ci ne fabriquaient que 2 milliards 675 millions de dollars de produits bruts, soit un peu plus de 20 p. 100 de l'ensemble; 96.715 éta-
LES ^TATB-DNIS AD XX* aiàCLK
pparteoaient à des associations sans limiponsabilité, et obtenaient des produits aleur presque exactement égale aux prélilliards S6S millions da dollars; 40.743 s seulement, moins d'un neuvième du la propriété de Sociétés par actions à resmitée et donnaient 7 milliards 734 miliiits bruts, à peu près exactement les trois ! l'ensemble. 11 existait, en outre, 2.093 étae Sociétés coopératives ou diverses, avec B de 31 millions de dollars de produits
rois cinquièmes de la production indusune sortaient des ateliers de Sociétés anoxiEt« aucune statistique de ce genre en on ne peut douter que le rûle de la Société beaucoup moins considérable chez nous.
la métallurgie, de l'éclairage et d'un petit res branches moins importantes, l'asso- I, sans limitation de responsabilité, est la quelle sont constituées la plupart des enistrielles, quand elles ne sont pas pro- :uelle. Il faut, d'ailleurs, se garder d'ouentreprises de transport, chemins de fer, ompagnles de navigation, qui revêtent s la forme de Sociétés anonymes, ne sont B dans les statistiques industrielles amenons nous occupons en ce moment, rennent, par contre, les hand trades, les s, qui sont, naturellement, presque toues mains de petits artisans travaillant ent, ou quelquefois associés à deux ou s 215.814 établissements de cette caté- 3 sont exploités par un seul individu :
LES CAPITAUX INDUSTMEL8 ET LBUH REMDHBRATIOS
c'est à peu près exactement la moitié de to.us le blissements appartenant k un propriétaire un 29.590 se trouvent constitués en association ordi h responsabilité illimitée, 2.691 seulement formel Sociétés anonymes. Si l'on écarte les arts et méti que l'on considère l'ensemble des autras industrii pcutdresscr le tableau suivant, qui est très signifi
MODES d'ohqanisation [ (Non compris k
Industriels individuels, , . 189,180
Sociétca diverses ârospoDsa-
bililo limitée 67,ias
So<!i<5ti!s anonymes à responsabilité illimitée 3S,05Ï
Sociétés coopératives, etc. . £,0&3
Total 296,i«
En dehors des arts et métiers auxquels s'occupe petits artisans individuels, près des deux tiers de( duils proviennent donc des industries exercées p Sociétés anonymes; les autres formes de Sociét fournissent un peu moins du cinquième, les iudui individuels en fabriquent moins d'un sixième. Qi la coopération, elle ne joue qu'un rûle inflnité dans l'ensemble de la production '.
i. Ml- n lion non s cependant, d'aprOs la rapport sur le ( qu'il est une industrie où la coopération a su se faire une consïdcrabla : celle de la fabriculjon des produits de li beurre, fromage, lait condensé. Sur les 'iM3 établisai appartenant à des Sociétés « coopératives ou diverses a c'est-A-dire près des quatre cinquièmes, étaient des laiterl pératives, dont les produits avaient une valeur brnte de i
Les industries où les Sociétés anonymes prédominent de la manière la plus marque'e sont naturellement celles qui, étant le plus concentrées, ont le plus besoin d'une grande accumulation de capitaux : telles les industries du fer et de l'acier, de la « fabrication des véhicules pour transports par terre » *, des produits chimiques, des métaux divers. Pour le fer et Tacier, la part des Sociétés anonymes est de 1.508 millions de dollars de produits bruts, sur 1.793 millions, soit 84 p. 100 ; pour les produits chimiques de 450 millions sur 553 millions, 81 p. 100; pour les véhicules, 430 millions sur 508 millions, près de 85 p. 100 ; pour les métaux autres que le fer et l'acier, 578 millions sur 749 millions ou 77 p. 100. Pour les constructions navales, cette part est de 55 millions de dollars sur 74 millions, ou 74 p. 100, pour les liqueurs et boissons de 305 millions sur 425 millions, 7^ p. 100. Quelle différence entre l'organisation de cette dernière industrie dans un pays tel que les Etats-Unis, avec leurs grandes brasseries et distilleries industrielles 2,
24 millions de dollars. On sait, d'ailleurs, que c'est là, une industrie qui se prête admirablement à la coopération. Les Danois ont fait merveille, entre tous, en ce genre. Les Suédois, Allemands, Hollandais y ont obtenu aussi des succès et il est malheureux que nos producteurs ne les imitent pas davantage. En dehors des laiteries coopératives, la plupart des autres établissements constitués sous forme de sociétés diverses étaient la propriété de « communautés », cominunUies, associations, églises, universités ou collèges qui possédaient une imprimerie servant à leurs publications; c'est cette imprimerie qui constituait l'établissement. Au sujet des coopératives, on remarquera que les coopératives de consommation, les plus importantes, ne figurent pas dans ces statistiques industrielles.
1. Cette catégorie de l'industrie américaine comprend surtout la fabrication des wagons de chemins de fer et des voitures de tramwavs, aecessoirement seulement la carrosserie et le charronnage.
2. Sur les 7.861 établissements où sont produits les boissons et spiritueux Beverages and liquors, 1.333 seulement appartienne Qt
et dans notre pays de France où nous avons une foule innombrable de petits producteurs individuels, où la fabrication des boissons et même des spiritueux est pour une si large part entre les mains des agriculteurs ! Et, soit dit en passant, n'est-il pas évident que cette différence radicale dans l'organisation de la production engendre nécessairement une différence non moins grande dans la manière dont se pose le problème de la taxation de l'alcool ? Nous ne saurions nous étendre ici sur ce point ; mais il nous paraît utile de le signaler, pour montrer qu'en cette question, si discutée au point de vue fiscal, il ne faudrait pas se hâter de croire que tel système, qui fonctionne à la satisfaction de tous en certains pays, pourra donner d'aussi bons résultats en d'autres où les conditions sont totalement différentes. Dans l'industrie des produits alimentaires, dans celle du papier et de l'imprimerie, les établissements constitués en Sociétés anonymes fournissent environ les deux tiers des produits bruts : 1.414 millions de dollars sur 2.278 millions pour la première; 369 millions sur 606 millions pour la seconde. Dans l'industrie du verre, leur part est encore sensiblement supérieure à la moitié (157 millions de dollars sur 293 millions). Elle dépasse très légèrement la moitié dans la très importante industrie textile : 827 millions de dollars sur 1.637 millions. Parmi les treize groupes généraux entre lesquels le Censua divise l'industrie américaine, il n'en est guère
à des Sociétés anonymes; mais ce sont de beaucoup les plus importants, lin outre, un certain nombre de viticulteurs font le vin sur leurs exploitations qui ne sont pas comprises dans les 7.861 établissements ci-dessus indiqués ; mais la majorité vend ses raisins à des industriels qui en tirent le vin et cela n'altère pas le caractère de concontralion do l'industrie des boissons et spiritueux aux Etats-Unis, caract«>re plus marqué encore en Angle* terre et dans tous les pays du Nord.
que trois qui échappent à cette prépondérance de la Société anonyme : Tindustrie du cuir (258 millions de dollars de produits pour les Sociétés anonymes, 209 pour les autres Sociétés et 117 pour les industriels individuels sur 584 millions en tout) ; celle du bois (508 millions, 256 millions et 266 millions respectivement sur 1.030 millions en tout) et celle du tabac (128, 74 et 80 millions respectivement, sur un total de 284 millions de dollars). Pour les industries diverses, on retrouve de nouveau les Sociétés anonymes avec une part prépondérante : 642 millions de dollars sur 1.004 millions.
Toutefois, même dans les branches de la production 011 les Sociétés à responsabilité limitée prédominent le plus exclusivement, elles sont loin de détenir la majorité des établissements : pour le fer et l'acier, elles n'en ont que le tiers : 4.843 sur 13.896 ; pour les véhicules, voitures et wagons, moins du quart ; pour les produits chimiques, où leur proportion numérique est la plus forte, presque exactement les deux cinquièmes : 2.206 sur 5.444. Par contre, dans chacun des quatorze groupes d'industries (y compris les industries diverses), sauf ceux de l'industrie chimique, du fer et de l'acier, on voit que plus de la moitié des établissements appartiennent h des fabricants individuels. C'est une preuve nouvelle que la grande industrie laisse croître à côté d'elle — et suscite même souvent — une moyenne et une petite industrie dont l'effectif demeure très nombreux.
Si Ton ne se tenait pas aux groupements généraux et que l'on voulût entrer dans le détail des industries particuiières, on en trouverait qui sont, en Amérique, presque entièrement entre les mains de grandes Sociétés alors qu'en Europe elles restent au contraire à l'état d'industries petites ou moyennes. Parmi celles qui ont
LÉS CAPITAUX INDUSTRIELS ET LEUU RÉMUNÉBATIO"
ainsi atteint le plus haut degré de concentration liste se trouve celle de la préparation des viat conserves, « Ce fait, dit le rapport sur le Censu. dû, d'une part, h la nëcessité commerciale de User l'abatage des animaux en un petit nombre de offrant à la fois de grandes facilités d'approvi; ment et de grandes facilités de livraison rapide principaux marchés des États-Unis et de l'éti d'autre part aux avantages que présente l'établis: d'agences sur ces marchés intérieurs ou extérieu y a dans ces quelques lignes toute une philoso) l'évolution qui a donné naissance à la grande ind Parmi les autres industries oîi l'on observe une prépondérance des Sociétés anonymes, nous noi nerona à citer la filature et le tissage de coton, Sociétés fabriquent 90 p. 100 de la valeur bn produits et possèdent 73 p. 100 des établissement: les lainages, la proportion des Sociétés anonyn sensiblement moindre, de même que pour le ries où la part de ces Sociétés tombe h 62 p. 10 valeur des produits et ii -iO p. 100 du nombre d blissements; pour la bonneterie, cette même par B5p. 100 des produits et de 34 p. 100 des établisse moins encore pour les branches secondaires de 1 trie textile. Dans un même groupe, l'organisatio. donc beaucoup et, en règle générale, les Sociét nymes tiennent d'autant moins de place qu'il s' produits plus diversifiés, plus fins et nécessita intervention personnelle plus constante du chel blisscment, c'est-à-dire, en somme, se prêtant n la production en grand. Il parait certain qu'il toujours bon nombre d'industries qui auront ains tage à rester plus individuelles; mais il est incont aussi que la concentration du capital, comme du t
est loin d'avoir dit son dernier mot, qu'elle tend à envahir bien des industries qui l'ignoraient jusqu'à présent et que cette évolution, comme le prouve l'exemple des industries de l'alimentation, du cuir et de bien d'autres, est beaucoup plus avancée en Amérique qu'en Europe.
La Société anonyme ordinaire représente-t-elle le plus haut degré de concentration des capitaux dans l'industrie moderne ? N'est-elle pas dépassée par une forme nouvelle, qui s'est développée particulièrement aux États-Unis et qui est ce que le public appelle généralement le trust, ce qu'on nomme aussi en Amérique, d'un terme plus compréhensif et peut-être plus juste, la ^ combinaison industrielle », Industrial comhinationf Ces énormes accumulations de capitaux qui attirent tant l'attention, représentent, aux yeux des uns, la forme industrielle de l'avenir, tandis que les autres n'y voient que des sortes d'accidents maladifs ou môme monstrueux. Avant de les étudier, il faudrait les définir, et d'abord qu'est-ce donc qu'un trust f
La réponse n'est point aisée, et l'on en a donné beaucoup. Le rapport sur le Censv^y dans le chapitre qu'il consacre aux combinaisons industrielles s'exprime ainsi : « Pour les besoins du CensuSy on a adopté la règle de ne considérer un groupement d'établissements comme une combinaison industrielle que si ce groupement se compose de plusieurs établissements, antérieurement indépendants, qui ont été fondus en une seule Gompagnie,[en vertu d'une charte obtenue dans ce but. » Beaucoup de très vastes Compagnies ne provenant pas de la fusion de plusieurs établissements anciens, mais comprenant un grand nombre d'usines neuves, se trouvent exclues de cette définition. Le Census ne se le dissimule pas ; mais il croit que, si l'on adopte une autre
définition que la sienne, il devient très difficile de trouver un critérium un peu précis.
On a proposé, d'autre part, de donner le nom de trust à tout groupement d'établissements qui parvient à s'assurer le monopole d'une industrie donnée, ou, sinon le monopole absolu, ce qui est à peu près impossible et n'est réalisé nulle part, (môme pour la raffinerie de pétrole, où s'est fondé cependant le plus ancien et le plus puissant des trusts), du moins une part suffisamment prépondérante dans la production pour se rendre maître des prix, et soustraire ceux-ci à l'action de la concurrence. Cette définition laisse encore une bien large part à l'appréciation et, d'ailleurs, si l'on analyse les choses d'un peu près, on verra qu'il est bien peu de Compagnies qui puissent y rentrer.
Peut-être est-il exagéré de croire que toutes les grandes « combinaisons industrielles » américaines, ou pour employer le terme le plus populaire, le plus bref et le plus commode, quoique impropre, tout ce qu'on appelle les trusts visent l'accaparement du marché d'un produit et le contrôle absolu des prix. Il serait, en tout cas, beaucoup plus exagéré encore de croire qu'ils y réussissent. Le tincst, qui fusionne ensemble un grand nombre d'usines travaillant un même produit, a, en réalité, deux faces : l'une industrielle, l'autre financière. Au point de vue industriel, il a bien souvent pour but d'exercer une action efficace sur les prix en tant qu'il groupe une grande partie des ateliers se livrant exactement à la même fabrication. Mais on doit observer que, fréquemment, il ne s'en tient pas là : il groupe aussi les diverses usines faisant subir à un même produit les transformations successives qui l'amènent de l'état brut à l'état où il est propre à être consommé : par exemple des filatures, des tissages et des ateliers de confection,
toutes les branches de l'industrie textile ; ou encore des hauts fourneaux, des laminoirs, des ateliers de moulage et de construction de machines, toutes les branches de rindustrie du fer et de l'acier. Il constitue ainsi une réaction contre ce que pouvait avoir d'excessif la division du travail et la spécialisation des ateliers dans la grande industrie moderne. Cette division du travail et cette spécialisation ont de considérables avantages en ce sens qu'elles permettent de produire sur une très vaste échelle et avec une grande perfection les divers articles. Mais on peut arguer que, tout en laissant chaque usine complètement spécialisée, il y a aussi des avantages h ce que les diverses transformations successives d'un produit soient soumises à une direction commune, de façon, par exemple, que l'usine qui doit utiliser l'acier ou la fonte pour les transformer en organes de machines soit toujours sûre d'obtenir, au moment voulu et en quantité voulue, les diverses qualités de fonte ou d'acier qu'elle désire, ce qu'il sera difficile de réaliser toujours si l'usine qui produit l'acier et celle qui le transforme en produit ouvré sont complètement indépendantes l'une de l'autre.
Quant au côté financier du h^sl, il consiste surtout à procurer des bénéfices aux metteurs en œuvre de la combinaison. Presque toujours, lorsque plusieurs Compagnies se fondent ainsi ensemble, le capital total de la Société résultant de la fusion est sensiblement plus important que la somme des capitaux des Sociétés composantes. Cet excédent de capital ne représente, le plus souvent, aucun actif réel, aucune somme effectivement versée : c'est « de l'eau », water, comme disent les Américains. On crée ainsi du papier que les fondateurs du ti^st se distribuent, puis qu'ils cherchent à écouler au public le plus cher possible. Beaucoup de
t7*usts n'ont d'autre but que cette infusion d'eau dans le capital des Sociétés composantes.
Le boom, la phase d'extraordinaire prospérité économique, qui a commencé aux États-Unis en 1897 ou 1898, a été caractérisé non seulement par le développement de l'industrie et sa concentration dans des ateliers de plus en plus vastes, mais encore par la concentration des capitaux poussée à un degré extraordinaire. Les grandes entreprises, soit similaires, soit se complétant les unes les autres, fusionnaient de tous côtés, ou bien étaient acquises par des Compagnies gigantesques formées dans ce but et prétendant monopoliser des industries entières ou, tout au moins, être maîtresses d'une proportion suffisante de la production, pour pouvoir, à leur gré, régler les prix. C'était la trustomanie, comme on l'a fort justement appelée ; il nous semble qu'on s'en est trop effrayé en Europe.
Il est, en effet, un certain point, variable suivant les industries, au delà duquel la concentration cesse d'être avantageuse pour devenir nuisible. La direction effective de l'immense machine qu'est un grand trust américain est trop lourde pour les forces intellectuelles d'un homme, si bien doué, si énergique, si laborieux soit-il ; les soùs-ordres ne sont plus surveillés, il se produit des coulages, des gaspillages, des erreurs diverses, qui viennent compenser, et au delà, les avantages résultant de la suppression de certains intermédiaires et d'une plus parfaite division du travail, si tnnt est que la formation du tritst ait souvent beaucoup aii,i:î:menté celle-ci. D'ailleurs, l'action du trust sur les prix est, en général, moindre qu'on ne se l'était figuré, au moins d'une façon durable, car s'il les maintient trop haut, il réduit la consommation et il s'en ressent d'autant plus que son capital est, presque toujours.
très « arrosé », watered, autrement dit très majoré.
D'après le Census de 1900, il existait, en ladite année, aux États-Unis, 185 « combinaisons industrielles » résultant de la fusion de 2.160 établissements antérieurement distincts, dont 2.040 travaillant. La somme des capitaux de ces 2.160 établissements, calculée comme le Census calcule tous les capitaux industriels, en additionnant la valeur du fonds, des bâtiments, de l'outillage, les espèces en caisse, effets à encaisser, matières premières et en cours de fabrication, etc., s'élevait à 1 .461 millions de dollars, un peu plus du septième de Tensemble des capitaux industriels des États-Unis, proportion assurément très fort.e ; mais la valeur totale au pair du capital autorisé par les statuts, n'atteignait pas moins de 3 milliards 619 millions de dollars, dont 3 milliards 93 millions avaient été émis. Y aurait-il donc moitié « d'eau » dans le capital des trusts? Ce serait trop dire, car une notable partie de la différence entre ces 3 milliards et les 1.461 millions de capital industriel réel représente un capital affecté à des entreprises de caractère commercial auxquels les ti*usts se livrent concurremment avec leurs entreprises industrielles. Toutefois même, en tenant compte de ceci, l'eau reste très abondante.
Le nombre des ouvriers des trusts est, d'après le Census, de 400.046, gagnant 195 millions de dollars de salaires : c'est un treizième des ouvriers et un douzième des salaires de l'industrie américaine ; la valeur brute des produits qu'ils obtiennent est de 1.667 millions de dollars, soit environ un huitième de la valeur totale des produits^ Somme toute, s'ils jouent un rôle important
1. U n'est pas surprenant que la part des trusts dans la valeur totale des produits industriels soit plus forte que dans le nombre des ouvriers. En effet, les trusts se trouvent surtout dans les indus-