ET LEUR BÉUCNB RATION
dans la production, ils soot bien loin d'y tenir la prépondérante qu'on leur attribue quelquefois.
Il est vrai que, depuis le Census de 1900, bie trusts se sont fondés, entre autres, le trust de l'ac celui de l'Océan, les deux plus fameux en Europe on sait que leurs résultats ne sont pas brillants, est ainsi de la grande majorité des trusts. La preu ressort nettement des statistiques relatives à leurs dendes. Leur capital, énormément arrosé, de 3 mil 93 millions de dollars se compose de 216 mi d'obligations, 1.066 millions d'actions privilé] 1.810 millions d'actions ordinaires. Or, sur 185 comptés par le Census, 117 n'ont donné aucun divi' h leurs actions ordinaires, 5 n'ont pas fourni de r gnements, 63 seulement ont distribué quelque c encore 31 de ces 63 n'avaient pas d'actions priviléf ainsi sur 154 trusts ayant à la fois des actions pr giées et des actions ordinaires, 32 seulement ont quelque chose à ces dernières.
D'après une statistique plus récente et s'appliqi 1902, que nous trouvons dans l'almanach du WoJ New-York, sur 213 combinaisons industrielles, un capital de 1.116 millions de dollars d'obliga 2.092 millions d'actions privilégiées et 3.639 mi d'actions ordinaires — on voit quelle est l'augn tion depuis 1900 — 51 seulement paient des divid aux actions ordinaires et 13 de ces 51 n'ont pas d'ai privilégiées. Comment s'étonner, après un pareil tat, que le public ne prenne pas très volontiers le j des trusts ?
Et pourtant les dernières années ont été une p*
tries ou le machinisme est très dëveloppi, et où il faut pi séquentmoins de main-d'œuvre pour obtenir une quantités de produits.
de prospérité extraordinaire : les trv^ts, celui de Facier, notamment, ont pu se faire faire de larges commandes par les Compagnies de chemins de fer et autres, dont l'augmentation des dépenses d'exploitation s'explique peut-être en partie par ce fait, — quittes à souscrire à leur tour les émissions de ces Compagnies. Que sera-ce alors quand viendront les vaches maigres ?
Ce sera, il n'y a guère lieu d'en douter, l'écroulement retentissant de la plupart des trusts, excroissances d'un corps trop plein de santé et dont on se préoccupe peut-être en Europe d'une manière excessive. Ils ne jouent pas en réalité dans le développement de l'industrie américaine le rôle qu'on leur attribue, ils ne l'ont jamais joué et nous ne croyons pas qu'ils doivent le jouer dans un avenir prochain. Sauf quelques-uns, comme le Standard OU qui disposent d'un monopole quasi naturel, ce sont des organismes éphémères, reposant sur un énorme abus de papier, dont la force de résistance à l'adversité est faible et dont l'action est bien plus apparente que réelle.
Dès maintenant, les affaires ayant commencé depuis le milieu de 1903 à devenir moins actives, les trusts chancellent et tombent de toutes parts. L'opération qui consistait à repasser au public des masses de papier excessivement majoré ne pouvait avoir qu'un temps et, même pour les trusts les plus solides en apparence, elle ne paraît pas s'être effectuée aussi facilement que leurs fondateurs l'avaient rêvé. Aussi voit-on le trust de l'Océan dans un état pitoyable ; le trust de l'acier, luimême, est fort rudement secoué. Rappelons comment cette fantastique combinaison avait été constituée. Elle comprenait dix Compagnies constituantes, dont voici les noms et le capital émis :
LES CAPITAUX INDnSTHIBLS BT LEUU KÉMUNÉRATION
COUFAGNIBS C
Capital (eD miLLions Ae Mltn).
Non» des compagnie». Actiona ardinairM. AcUaos jTivilé
American Bndge C- 30.5 30.5
American SCeel SheetC". . . . 24.5 24.5
American Steel Hoop C°. . . . 19 14 American Steel and Wire C° of
Sets- Jersey 50 40
American Tin Plate C 28 18
Carnegie C" 156.8 160{obl
Fédéral Steel (?• 46.5 53.3
Iran Mines 28.7 a
National Steel C" 32 27
national Tube C 40 40
Chacune de ces Compagnies, il convient de le ren quer, était déjà un trtist de la branche particulière d dustrie qu'elle représentait. h'American Bridge Ci pany résultait de la fusion de 26 Sociétés distincte taisait 90 p. 100 des constructions de ponts aux Et Unis; VAmerican Steel Sheet Company avait abso en elle 26 sociétés; VAmerican Steel Hoop Compa H; VAmerican Steel and Wire Company, 27; IM rican Tin Plate Company produisait 95 p. iOO du blanc des États-Unis; la Carnegie Company et la Fi rai Sleel Company avaient absorbé chacune un gr nombre de Compagnies de chemin de fer, de mine d'aciéries ; la National Sleel Company représen l'union de 6 ou 8 Compagnies produisant de l'a doux; la National Tube Company réunissait en 17 Sociétés et fabriquait 90 p. 100 des corps creux États-Unis. Tous ces trtists avaient déjà des capit très exagérés. Et cependant, celui de VUnited SI Sleel Corporation, du tjiist de l'acier, qui les avait toi
acquises, était bien plus considérable que Tensemble des leurs avec ses 508.495.000 dollars d'actions ordinaires, ses 510.314.000 dollars d'actions privilégiées et ses 303.450.000 dollars d'obligations. Qu'on juge de la quantité d' « eau », pour employer l'expression américaine, qu'on avait versée dans ces sommes formidables !
La preuve que le capital du trust de l'acier était outrageusement majoré ne devait pas tarder à être faite. Dès la première année de son fonctionnement, année d'une prospérité phénoménale pour l'industrie métallurgique, où les usiniers ne parvenaient pas à suffire aux demandes et pouvaient imposer leurs prix, il ne servit que 4 p. 100 de dividende à ses actions ordinaires, les privilégiées recevant strictement les 7 p. 100 auxquels elles ont droit en vertu des statuts. Encore ce dividende de 4 p. 100, bien modique pour des temps d'une si exceptionnelle activité, ne paraît-il avoir été distribué qu'aux dépens des amortissements et des réserves qui furent très maigrement dotés. D'ailleurs, à peine le tmst était-il constitué que les difficultés inhérentes à toute combinaison de ce genre se faisaient sentir. Il voulait maintenir les prix : c'était son but essentiel, sa raison d'être avouée ; mais il avait beau être maître des trois quarts de la production américaine d'acier, il lui fallait compter avec ses concurrents, dont certains le gênaient fort, dont d'autres gâchaient les prix dans le simple espoir de se faire acheter au plus cher. Ces embarras s'accentuant et venant à la connaissance du public, il n'est pas surprenant que les actions aient baissé de plus en plus, surtout du jour oii l'on a commencé à avoir moins de confiance dans la durée illimitée des temps prospères.
Les quelques chiffres qui suivent permettront d'apprécier la perte subie par les enthousiastes qui se sont
LES CAPITAUX INDUSTRIELS ET LEUR RÉMUNÉRATION 2il
laissé aller à acheter des titres de ce t7*ust si vanté et si redouté :