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FORCES MOTRICES EMPLOYÉES AUX ÉTATS-UNIS EN

1870 1880 1890 19dC

Nombre des établissements

industriels 232.148 253.852 355.415 512.254

Établissements se servant de

force motrice ? 85.923 100.735 169.409

Proportion de ces derniers

établissements » 33.8 28.3 33.1

Miniers de chevaux 2.346 3.411 5.955 11.300

Moyennes en chevaux par

établissement. 9.3 39.7 . 59.1 66.7

Machines à vapeur :

Nombre ? 56.483 91.410 156.100

Milliers de chevaux 1.216 2.185 4.582 8.742

Proportion pour cent. ... 51.8 64.1 76.9 77.4

Moteurs à gaz et pétrole :

Nombre » » ? 14.884

Milliers de chevaux. .... » » 9 144

Proportion pour cent. ... » » 0.1 13

Moteurs hydrauliques :

Nombre ? 55.404 39.008 39.182

Milliers de chevaux 1.130 1.225 1.255 1.727

Proportion pour cent. . . . 48.2 35.9 21.1 15.3

Moteurs électHques :

Nombre » » ? 16.923

Milliers de chevaux » » 16 311

Proportion pour cent .... » » 0.3 2.7

Moteurs divers :

Nombre ,.... » » ? 2.144

Milliers de chevaux » » 5 .54

Proportion pour cent. ... » » 0.1 0.5

Force totale louée (milliers

de chevaux) » » 89 321

Proportion pour cent. ... » » 1.5 2.8 Force électrique louée (milliers de chevaux) » » ? 184

Autres forces louées (milliers

de chevaux) » » î 137

LES FORCES MOTRICES DANS l'iNDUSTRJE .251

Un £ait surprend d'abord dans ce tableau : c'est la faible proportion des établissements qui se servent de force motrice : à peine le tiers de l'ensemble, et cette proportion n'est pas plus forte on 1900 qu'en 1880. Voilà qui déroute un peu les idées qu'on se fait d'habitude sur le développement de la grande industrie. A y regarder de près, toutefois, on s'aperçoit, en premier lieu, que les Censtis de 1890, et plus encore de 1900, ont recensé avec plus d'exactitude que les précédents les petits ateliers, dont bien peu leur ont échappé, alors que, précédemment, beaucoup se trouvaient omis ; en second lieu, le fait que nous signalons montre, comme nous l'avons déjà fait remarquer, que la grande industrie ne tue pas la petite, qu'elle laisse subsister à côté de ses vastes usines beaucoup de petits établissements, qu'elle en fait même naître de nouveaux pour les réparations, certains travaux auxiliaires, etc. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que, s'il y a toujours une abondance de petits ateliers, occupant ensemble un nombreux personnel, ils ne jouent cependant qu'un rôle secondaire dans la production, où la part de la grande industrie est de plus en plus prépondérante. Rien de plus significatif à ce sujet que la statistique des arts et métiers {hand trades) qui comprennent 42 p. 100 de l'ensemble des établissements industriels et ne fournissent que 9 p. 100 de la valeur brute des produits. La puissance moyenne des usines, qui va sans cesse en grandissant, indique la tendance à la concentration de l'industrie : de 9 chevaux en 1870, elle est passée à près de 67 en 1900, faisant plus que septupler en trente ans. Elle est portée au maximum dans l'industrie du fer et de l'acier, où elle est de 2.808 chevaux par établissement, contre 509 en 1880, dans celle du papier et de la pulpe de bois où

elle est montée, dans le même laps de temps, de 179 à d.002 chevaux, dans celle du coton où elle est passée, de même, de 288 à 840 chevaux.

Des diverses sources d'énergie utilisées, la vapeur qui était encore serrée de près par Teau en 1870, tient de très loin la tête puisqu'elle fournit plus des trois quarts de la force motrice. On peut remarquer, cependant, «que ses progrès ont été proportionnellement moindres de 1890 à 1900 que de 1880 à 1890, sous Tinfluence de l'usage croissant de nouvelles formes d'énergie dans les moteurs à gaz et surtout à électricité. La tendance à l'emploi de machines de plus en plus puissantes n'est qu'insuffisamment mise en évidence par l'augmentation incessante de la puissance moyenne par machine (et non plus par établissement) : 39 chevaux en 1880, 51 en 1890, 66 en 1900. En effet, à côté des grands générateurs de force qui fournissent véritablement la force motrice d'une puissante usine, on est souvent obligé d'en employer beaucoup de petits pour alimenter des machines servant à des opérations auxiliaires diverses : c'est le grand nombre de celles-ci qui explique que la moyenne des moteurs employés dans l'industrie du fer et de l'acier ne soit que de 235 chevaux, tandis que dans l'industrie, moins complexe, du coton, elle atteint 300 chevaux, maximum des industries américaines. Pour ces opérations auxiliaires on se sert de plus en plus, depuis un petit nombre d'années, de moteurs électriques, dont la souplesse s'y prête admirablement.

Il y a peu de chose à dire des moteurs à gaz et à pétrole qui sont confondus sous la même rubrique. De création récente, ils sont surtout employés dans la petite industrie, pour laquelle ils constituent un perfectionnement très intéressant, par leur bon marché.

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