IV PRÉFACE
En même temps que commence cette expansion au dehors, se produit un phénomène important de la vie économique de l'Union. Elle était, depuis longtemps, le premier pays agricole du monde; elle est, depuis quelques années, le premier pays industriel. Elle ne se classe plus seulement à la tête de tous les pays du globe pour la production du blé, de la viande et du coton, mais elle a enlevé la première place à l'Angleterre pour la production du fer depuis 1890, pour celle de la houille depuis 1899; on peut prévoir le jour prochain où elle la lui enlèvera aussi pour la fabrication des cotonnades, comme elle est sur le point, malheureusement, de la prendre à la France pour celle des soieries. Et, si vite qu'augmente, avec la population et la richesse du pays, sa consommation intérieure, l'essor de l'industrie est pourtant plus rapide encore, en sorte que les États-Unis commencent à déverser au dehors l'excédent de leur production. Les articles manufacturés forment un tiers de leurs exportations au lieu d'un douzième il y a vingt ans, et en 1901, le total de ces exportations a été, pour la première fois, plus ékvé qu'en aucun autre pays du monde. De cette puissance économique nouvelle des États- Unis, c'est sans doute l'Angleterre qui paraît avoir le plus à craindre, et ainsi se justifient les paroles prophétiques du Premier Consul que rapporte Barbé-Marbois : « Je connais tout le prix de la Louisiane et j'ai voulu réparer la faute du négocia-