LA CULTURE DES CEREALES
demi d'hectares produisant des rdcolles* ; la proportion des cérdales aux surfaces en culture (Hait donc — et est encore — très voisine en France de ce qu'elle est aux États-Unis. En ce qui concerne la valeur du produit, le rôle des céréales en France est un peu moins considérable : 4 milliards pour les grains et 1.300 millions pour la paille sur 11 milliards 200 millions de produit végétal en tout. Môme en joignant aux grains la valeur de la paille dont nous ne trouvons pas trace dans les statistiques américaines, on est loin d'arriver, chez nous, h cette proportion de la moitié qui est atteinte aux Etats-Unis. C'est que nous avons sensiblement plus de fourrages et, si la grande culture industrielle d'outre- Atlantique, le coton, nous fait absolument défaut, la vigne et la betterave viennent le remplacer.
On sait combien rapides ont été les progrès de la culture des céréales aux États-Unis. Ils ne se ralentissent pas et ont même été plus grands pendant la dernière décade d'années que pendant la précédente : le Census de 1880 relevait 47 millions et demi d'hectares ensemencés ; celui de 1890, 56 millions ; l'accroissement s'est élevé ainsi à 18 millions d'hectares, ou 31 p. 100 de 1890 à 1900, au lieu de 8 millions et demi d'hectares, ou 18 p. 100 de 1880 à 1890. Durant l'ensemble de ces vingt années, l'augmentation n'atteint pas moins de 26 millions et demi d'hectares, ou 56 p. 100.
1. On doit considérer comme « terres améliorées » ou improved land, les surfaces désignées dans nos enquêtes agricoles comme terres labourables, vignes, prés naturels et herbages, à l'exclusion des landes, terres incultes, bois et forêts. Pour ce qui est des terres portant des récoltes, area under crops, elles comprennent toutes les terres labourables à l'exception des jachères, plus les vignes, et y compris les jardins et vergers. Les prés et herbages, et tout ce qui est mangé sur pied par les animaux, n'en font pas partie.
Il va sans dire que ces progrès ne sont pas également répartis sur toutes les régions du pays. Des 26 millions d'hectares qui sont venus s'ajouter aux étendues cultivées en céréales entre les deux census de 1880 et de 1900, il s'en trouve quatre millions et demi dans les deux Dakotas, où la colonisation n'avait pour ainsi dire pas pénétré il y a vingt ans et qui n'avaient pas alors 200. 000 hectares cultivésen grains; trois autres Etats voisins dos deux précédents : le iMinnesota qui est immédiatement h, l'est des Dakotas, le Nebraska qui les limite au Sud, et le Kansas, lui-même voisin méridional du Nebraska, ont gagné chacun de 3 millions à Smillions et demi d'hectares, soit9.200.000 à eux trois, triplantà peu près leurs ensemencements. Ainsi 13 millions 700.000 hectares, presque exactement la moitié de la surface dont s'est accrue la culture des céréales, vient de ces cinq États qui, en 1880, étaient encore ou tout à fait vierges ou très peu colonisés. On peut y joindre riowa, qui complète le groupe géographique formé par les cinq précédents, mais dont la mise en valeur était beaucoup plus avancée il y a vingt ans, puisqu'il comptait dès lors 4.600.000 hectares de céréales ; il n'en a pas moins augmenté de 2.200.000 hectares ses cultures de grains, en sorte que, sur l'accroissement total de 26 millions et demi d'hectares, 15.900.000 forment la part de ces six États situés sur la rive droite du haut Mississipi et de part et d'autre du moyen Missouri.
Prolongeant vers le Sud ce groupe, où l'essor de la culture des céréales a été le plus grand depuis vingt ans, s'en trouve un autre constitué par l'Oklahoma, le Territoire Indien et le Texas, pays que l'on peut également qualifier de tout à fait neufs, les deux premiers surtout. L'Oklahoma, qui n'a été ouvert à la colonisation qu'en 1890, ne possédait pas alors 8.000 hectares