LE CONTROLE DE LA PRESSE
Que fait donc la presse devant tous ces abus? Comment sont-ils possibles dans un pays où tout citoyen peut librement écrire, parler et dévoiler publiquement les excès de pouvoir des fonctionnaires et les malversations privées?
Voilà les questions que se pose de prime abord le lecteur français , à qui , pendant tant d'années , on a répété qu'une presse libre faisait l'office de ces vents salutaires, quoique violents, qui dissipent au loin tous les miasmes infects. Quoi qu'on en puisse penser, il faut bien dire qu'aux États-Unis, la presse n'empêche ni les fraudes financières ni les méfaits des gouvernants, et voici pourquoi :
Le nombre des journaux indépendants est très-reslreint. Sauf dans les grandes villes, les journaux ne peuvent vivre que par le patronage et les subventions des parlis ou de ces puissantes associations dont nous avons dit l'organisation despotique. Or les journaux qui sont ainsi vendus ne dévoilent jamais les concussions et les abus de pouvoir de ceux qui les soutiennent; ils trompent, au contraire, systématiquement l'opinion publique et sont par là un des plus puissants moyens d'action des politiciens et les lobbysts.
Comme en France, les annonces légales et administratives sont une manne précieuse que les éditeurs de journaux se disputent avidement. Dans la plupart des États,