CHAPITRE IV
Administration d’Andrew Jackson (1829-1837) et de Martin Van Biircn (1837-18'tl.)
A mesure que s’approeliait le nionienl de la nouvelle éleelion présidentielle, le sentiment publie semblait se fixer en faveur d’Andrew Jaekson, du Tennessee, qui avait obtenu le vote populaire le plus élevé lors de la dernière élection. Il fut soutenu par les démocrates, sans nomination formelle, et les fédéralistes abandonnèrent le président Adams. Jackson fut élu par 17H suffrages; Adams n’en eut que 83.
Jusqu’à cette épotjue il avait été d’usage parmi les membres du congrès appartenant aux deux grands partis, fédéral et républicain, entre lesquels s’était partagée l’opinion publique depuis l’adoption de la constitution, de se réunir séparément en convention (caucus ^ comme on disait alors), pour désigner les candidats à la présidence. Cet usage tomba graduellement en désuétude. La convention réunie en 1823, pour choisir le successeur de Monroe, fut peu suivie, etson candidat, W. Crawford. recueillit moins de suffrages que Adams ou Jackson. Lors de l’élection de 1828, la candidature de ces deux derniers fut soutenue sans désignation préalable et for-
melle. En 18.32, le parti démocratique tint ce qui fut nommé une convention nationale élective, dans laquelle chaque État avait droit au même nombre de délégués et de votes que les électeurs présidentiels '. C’est cette convention qui fit réélire le général Jackson. Depuis ce temps, toutes les nominations du parti démocratique ont été faites de la même manière. Les whigs, le parti d’opposition d’alors, adoptèrent le même mode en 1837.
John C. Calhoun fut élu vice-président, en opposition avec Richard Rush, soutenu par les amis de M. Adams.
Le président Jackson distribua ainsi les portefeuilles: affaires étrangères, Martin Van Ruren ; finances, Samuel D. Ingham; guerre, John H. Eaton; marine, John Branch; attorney général, John Mac Pherson Berrien; postes, William T. Barry. Pour la première fois, la direction générale des postes entrait dans le cabinet.
Dans son premier message annuel, en décembre 1829, le président se prononça avec fermeté contre le renouvellement de la charte octroyée à la banque des Étatslinis, qu’il déclara être une institution non autorisée par la constitution. Cette question alluma au congrès et parmi les citoyens un débat long et animé, entre les partisans de la banque et les amis du président. Ce dernier opposa son veto à un bill passé par le congrès, en 1 832, pour renouveler la concession de la banque ; et ce bill n’ayant pas reçu les votes des deux tiers des membres des deux chambres, l’expiration du privilège eut lieu forcément eu 1836. La portion commerciale de la république se rangea généralement, dans ce débat, du côté de la banque, et le parti d’opposition au président prit le nom de whig, tandis que ses partisans conservèrent l’ancienne dénomination de démocrates, donnée