‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 26 sur 118 · Voir liv. XII, lionale · texte numérisé non relu

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ch. I, et l’appendice H pour la représentation na-

aux républicains, sous l'administration de Washington , comme terme de reproche, et qui fut, pour la première fois, substituée à l'appellation de républicains, sous l’administration de Jackson.

Les tarifs de 1828 n’avaient jamais été acceptés qu’avec répugnance par les États cotonniers ; et lorsque, au printemps de 1832, le congrès rendit une loi établissant des droits additionnels sur les marchandises étrangères, le mécontentement de la Caroline du Sud se convertit presque en rébellion. Une convention réunie dans cet État, en novembre, déclara que la loi des tarifs était inconstitutionnelle, nulle, par conséquent, et de nul effet, et que toute tentative faite par le gouvernement fédéral pour lever des impôts dans le port de Charleston serait repoussée par la force, et aurait pour conséquence la sécession de la Caroline du Sud. Les principaux chefs des nullificateurs, nom donné à ce parti de la Qiroline du Sud, à cause de sa prétention de regarder comme entaché de nullité tout acte du congrès qui lui semblerait inconstitutionnel, étaient John C. Calhoun, qui venait de résigner la vice-présidence et occupait un siège au sénat des États-Unis ; Robert G. Hayne, également sénateur, et George Mac Duflîe, gouverneur de l’État. Pour soutenir cette protestation, la Caroline du Sud fit de grands préparatifs militaires, et, pendant un temps, une guerre civile entre cet État et le gouvernement fédéral parut inéviUdde.

Dans ces circonstances critiques, Jackson (il venait d’être réélu président, par 219 votes électoraux, malgré l’opposition, assez diviséie, d’ailleurs, et qui avait donné 49 suffrages à Henry Clay, 1 1 à John Kloyd et 7 à William Wirt; M. V’an Buren avait, en même temps, été élu vice président), Jackson agit avec la promptitude et l’énergie qui lui étaient habituelles. Toute l’armée disponible reçut l’ordre de se réunir à Charleston, sous le

général Scott, et un navire de guerre fut envoyé dans le port pK)ur assurer la perception des impôts. Le 10 décembre 1832, il lança une proclamation déniant à tout État le droit d’annuler un acte du gouvernement fédéral , et prévenant ceux qui fomentaient la rébellion que les lois contre la trahison seraient appliquées dans toute leur rigueur. Les chefs des nulliflcateurs furent, en particulier, avertis qu’à leur premier acte flagrant de révolte, ils seraient pendus sans miséricorde.

fermeté du président, soutenue en cette occasion par la grande masse du peuple, sans acception de parti politique, arrêta ce commencement de rébellion. Finalement, le différend fut réglé par une pro{)osition présentée au congrès par Henry Clay, le chef du parti protectionniste, proposition ayant pour objet la modification de la loi des tarifs par une réduction graduelle des droits incriminés. Les nullificateurs acceptèrent ce compromis, qui leur fournissait le seul moyen de sortir de l’impasse périlleuse dans laquelle ils s’étaient engagés.

Dans ces conjonctures, des discussions personnelles avaient nécessité un changement de cabinet, et le ministère, à la fin de, 1831, était composé de la manière suivante ; affaires étrangères, Hdouard Livingston, de la lA>uisiane; finances, Louis Mac-Lane, du Maryland; guerre, Lewis Cass, du Michigan; marine, Levi Woodbury, du Ncw-Hampsliire; attorney général, Roger B. Taney, du Maryland.

Dans son message annuel (décembre 1832), le président recommanda le retrait des fonds publics de la banque des États-Unis, où ils se trouvaient légalement déposés. Par un vote décisif, le congrès refusa d’autoriser le retrait, et le président, sous sa propre responsabilité, ordonna au ministre des finances de prendre tous les dépôts et de les placer dans les banques de certains

États. M. Mac-Lane, alléguant que les motifs au nom (lesquels on lui demandait son concours ne lui semblaient pas péremptoires, refusa d’obéir et dut échanger son portefeuille contre celui des affaires étrangères, devenu vacant par suite de la nomination de M. Livingston comme ministre en France. William J. Duane, le nouveau ministre des finances, sc montra aussi intraitable que son prédécesseur; il fut remercié et remplacé par Roger B. Taney, l’attorney général, à qui. Jackson donna pour successeur Benjamin F. Butler, actuellement chef de la cour suprême des États-Unis. M. Taney s’empara immédiatement de tous les déptMs et les adressa aux banques locales choisies comme agents du gouvernement.

Cet acte, ainsi que quelques autres indiquant une hostilité systématique contre la banque, occasionnèrent une panique financière, et, par suite, une grande détresse commerciale. I>e pays tout entier s’émut; ceux qui, jusque-là, avaient ap[)uyé les mesures de Jackson, se rangèrent en grande partie dans l’opposition. Dans le sénat, cette opposition, dirigée par Clay, Webster et Calhoun, attaqua vivement le président et fit passer un vote de censure, adopté par 2fi voix contre 20. Ce vote lut rayé du journal de la chambre, le 28 mars 18B7, sur la motion de M. Benton, par 24 voix contre 10. Dans la chambre des représentants, toutefois, la majorité était restée favorable au président.

Jackson eut plus de bonheur dans ses relations diplomatiques avec les puissances étrangères. D’utiles traités de commerce furent conclus avec divers pays, et la France. l’Espagne, les Deux-Siciles et le Portugal durent payer des indemnités pour des dommages causés au commerce américain. A l’intérieur, les principaux événements de cette administration furent l’extinction de la dette nationale, le commencement de la guerre

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avec les Indiens Séminoles de la Floride et l’admission dans l’Union (1836) du Michigan et de l'Arkansas. A l’expiration de son second mandat (4 mars 1837), Jackson rentra dans la vie privée; il y emporta une réputation qui, d’abord conlinée dans son propre parti, était graduellement devenue universelle et qui ne le cède à celle d’aucun président, pour l’énergie, le patriotisme et la sagacité pratique.

Dans la lutte présidentielle de 1836, M. Martin Van Buren, du New-York, dernier vice-président, fut soutenu par les démocrates, tandis que les voix de l’opposition, ou du parti whig, partagées entre William Henry Harrison, le juge White, Daniel Webster et Willie P. Mangum, se portaient en plus grand nombre sur le premier de ces candidats. M. Van Buren l’emporta par 170 votes électoraux contre 124 donnés à ses concurrents. Richard M. Johnson, du Tennessee, fut élu vice-président par le sénat, en opposition avec Francis Granger, John Tyler et William Smith.

Le président Van Buren choisit pour ministres John Forsyth, de la Géorgie (affaires étrangères) ; Levi Woodbury, du Ncw-Hainpshire (finances); Joël R. Poinsett, do la Caroline du Sud (guerre); Maillon Dickerson, du .New-Jersey (marine) ; B. F. Butler, du New-York (attorney général); et Amos Kendall, du Tennessee (postes). Tous, à l’exception de M. Poinsett, avaient fait partie du cabinet de AI. Jackson pendant sa seconde présidence.

La nouvelle administration fut inaugurée dans les circonstances les plus fâcheuses. Les alTaires du pays, affectées par des spéculations excessives et un commerce immodéré, ainsi que par les variations soudaines dans la circulation des capitaux, se trouvaient sur le penchant d’une ruine presque absolue. Deux mois après l’installation du président, les faillites, dans la seule ville

de New-York, présentaient un bilan total de plus de 100 millions de dollars ( r>00 millions de francs). Presque toute la durée du mandat de M. Van Buren fut employée à combattre cette menaçante éventualité, par le moyen d’actes législatifs tendants à créer une circulation monétaire qui offrît des conditions de stabilité et à fonder un vigoureux système financier. L’une des plus sages mesures prises par le président fut l’établissement d’un trésor indépendant pour la garde des fonds publics, mesure qui reçut la sanction du congrès et devint, avec le temps, fort populaire.

La guerre avec les Indiens Séminoles traversa toute la présidence de M. Van Buren; elle ne se termina, par le fait, qu’en 18 V2, après avoir coûté aux États-Unis près de 40 millions de dollars ‘200 millions de francs).

En juin 1888, .M. Dickerson céda le portefeuille de la marine à James K. Paulding ; la même année, B. F. Butler résigna les fonctions d’attorney général , et fut remplacé, d’abord, par Félix Grundy, et, l’année suivante, par Henry D. Gilpin. Jobn M. Niles succéda, aux postes, à Amos Kendall, en mai 1840.

La crise financière du pays fut attribuée en grande partieàlapolitiquespéciale de l’administration, par les adversaires de cette dernière. Aussi, lorsque approcha le moment de l’élection présidentielle de 1840, les votes locaux des États indiquèrent clairement que M. Van Buren n’avait pas hérité de la popularité de son prédécesseur immédiat, et que le parti démocratique se trouvait dans un danger imminent d’être temporairement renversé. Une convention nationale whig se réunit à Harrisburg, le

4 décembre 1839, et après plusieurs tours de scrutin, le général Harrison fut nommé candidat à la présidence, avec John Tyler pour vice-président. La convention nationale démocratique s’assembla à Baltimore, le

5 mai 1840, et choisit à l’unanimité M. Van Buren.

[æ débal électoral fui un des plus orageux qui eussent encore eu lieu. En définitive, Harrison et Tyler l’emportèrent : ils avaient obtenu chacun 234 suffrages, tandis que Van Buren n’en recueillit que 60; le même nombre de votes fut partagé entre R. M. Johnson, L. W. Tazewell et James K. Polk, candidats démocrates pour la vice-présidence.

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