Actuellement vice président des ÉtsU-Confédérés
motifs secondaires qui doivent déterminer le Sud à la séparation, la question du tarif. Quelques mots doivent suffire pour faire justice de ce grief. Lorsque je suis entré dans la vie politique en 18.32, la Caroline du Sud menaçait de se retirer de l’ünion pour une question de tarif. Mais la difficulté fut aplanie, et nous n’avons eu, depuis 1833, au sujet du tarif, aucun motif de plainte. Le tarif actuel (celui de 18.57) a été voté par la Caroline du Sud aussi bien que par le Alassacbusetts. Il est donc inexact de dire que le Sud est obligé de payer des droits arbitraires imposes par le Nord, puisque les représentants du Massachusetts, à l’unanimité, se sont prêtés à abaisser les droits autant que les hommes d’Étatdu Sud l’ont désiré.
« Ne j)eut-on pas espérer, si les hommes d’État du Massachusetts en sont venus, en 18.57, à penser, relativement au tarif, comme les hommes d’État de la Caroline du Sud, qu'en 1861, ils penseront comme ceux de la Caroline du Sud et de la Géorgie, sur les autres questions qui agitent aujourd’hui le pays? J’ai foi, pour mon compte, dans le triomphe flnal de nos idées.
i> Si la politique de M. Lincoln et de son parti devait devenir la règle de conduite de la nouvelle administration, oh! alors, je vous dirais que nous devons défendre, à tous hasards et par tous les moyens, nos droits, nos intérêts et notre lionneur.
« Quelle est la politique de M. Lincoln? La voici en deux mots : exclure par un acte du congrès notre propriété esclave des territoires, et s’opposer de toutes façons à l’extension de l’esclav.Tge. Si le congrès devait ainsi user de son pouvoir contre nous, nous devrions adopter la politique conseillée dans le célèbre programme de la Géorgie en 1850; nous devrions sortir de l’Union, et il n’y aurait pas une nation dans le monde qui n’approuvât notre conduite.
« Si le gouvernement obtenait du congrès le rappel, ou simplement quelque modification à la loi des esclaves fugitifs, je vous dirais : « Peuple de la Géorgie, apte prêtez vos armes ! «
Quelques jours après la déclaration de sécession, les forces de la Caroline du Sud s’emparèrent, àCharleston, delà douane des Ktats-ünis, de l’hôtel des postes, de l'arsenal, ainsi que des forts Pinckney et Moultrie, défendant la rade, l.c major .\nderson, commandant ces forts pour les États-Unis, s’enferma avec leur garni.son, composée seulement de quatre-vingts hommes, dans le fort Sumter.
Les autres Etats esclavagistes ne tardèrent pas à suivre l’exemple delà Carolinedu Sud. Le Mississipi ahandonna l’IIuion, le 9 janvier, la Floride, le lü du même mois, l’.Alahama, le 11, la Géorgie, le 19, la Louisiane, le 26, et le Texas, le 1" février. Dans tousces États, les douanes, les arsenaux maritimes et les forts appartenant aux États-Unis furent saisis par les séparatistes, à l’exception du fort Sumter, etdu fort Pickens, dans la Floride; l’énergique conduite du lieutenant Slemmer, sauva ce dernier fort dans lequel il commandait. Les positions de l’extrémité méridionale de la Floride restèrent également entre les mains du gouvernement.
.Vu début des mesures actives prises par le Sud, l’armée des États-Unis ne comptait que 10000 hommes qui, par l’ordre de M. Floyd, ministre de la guerre et partisan de la sécession, avaient été dispersés dans les parties les plus reculées du pays. Quant aux forces navales, elles étaient presque toutes disséminées dans les stations étrangères. D’après les ordres de M. Floyd, également, un énorme mouvement d’armes, des arsenaux du Nord à ceux du Sud, avait eu lieu; un seul de ces ordres avait pour objet cent quinze mille fusils; d’autres ordres concernaient un grand nombre de
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pièces d’artillerie et une quantité considérable de munitions.
Le conîfrès s’assembla à Washington, le 3 décembre 1860. Dans son message annuel, le président ne parlait, pour ainsi dire, que du mouvement séparatiste, et il fut forcé de reconnaître que ce mouvement avait éclaté sans provocation de la part du gouvernement fédéral, et sans aucun acte agressif contre les droits des Ktats du Sud. Il recommanda, comme le moyen le plus efficace pour enrayer la révolution, -un amendement à la constitution embrassant les trois points suivants :
1“ La reconnaissance absolue du droit de posséder des esclaves dans les États où ce droit existe ou existera dans la suite;
2“ I.e devoir de protéger ce droit dans tous les territoires, |)endant leur existence comme territoires, et jusqu’à leur admission dans l’IInion comme États, avec ou sans esclavage, ainsi que le prescrira leur constitution ;
.3“ reconnaissance, en premier lieu, du droit du maître de réclamer l’extradition et la remise entre ses mains de l’esclave qui se sera enfui d’un État dans un autre; en second lieu, delà validité de la loi contre les esclaves fugitifs; le tout avec une déclaration que les lois locales modifiant ou rapportant ledit droit seront, par ce fait même, des violations de la constitution et devront être, eu conséquence, considérées comme nulles et non avenues.
Cette partie du message fut renvoyée, par le sénat, à un comité de treize membres, qui, le .31 décembre, vint constater qu’on n’avait pu tomber d’accord sur aucun plan général de médiation.
M. Crittenden, du Kentucky, un des chefs du parti américain, proposa, le 18 décembre, un compromis ayant pour objet de renouveler la ligne du .Missouri,
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3G" 30' ; de prohiber l’esclavage au nord de cette ligne et de l’autoriser au sud; d’admettre les nouveaux États, avec ou sans esclavage, suivant leur constitution ; d’empêcher le congrès d’abolir l’esclavage, dans le district de Columbia, aussi longtemps qu’il existerait dans la Virginie et le Maryland; do permettre l’introduction des esclaves, par voie de mer ou de terre, dans les États; de rembourser le prix de tout esclave fugitif relâché après arrestation ; de demander le rappel des lois locales gur la liberté individuelle; toutes ces concessions devant être soumises au peuple comme amendement à la constitution, et, une fois adoptées, ne jamais être modifiées.
Le sénat rejeta la proposition de M. Crittenden et adopta celle de M. Clark, du New-Hamsphire formulée dans les résolutions suivantes :
« Les stipulations de la constitution sont suffisantes pour la sauvegarde de l’Union et la protection de tous les intérêts matériels du pays ;
« Laconstitution a besoin d’obéissance et nond’ amendement; pour sortir des dangers présents, il faut plutôt avoir recours à des efforts énergiques pour maintenir la paix, protéger la propriété publique et appliquer les lois, qu’à des garanties pour des intérêts privés, des compromis pour des difficulU'S particulières et des concessions pour des demandes déraisonnables;
O Toutes les tentatives faites dans le but de dissoudre l’Union actuelle, de détruire ou d’abandonner la présente constitution, avec l’espérance ou le désir d’en créer une nouvelle, sont dangereuses, illusoires et destructives;
« Le sénat des États-Unis ne pense pas qu’une pareille reconstruction soit praticable; en conséquence, toutes les forces de l’administration, toute l’énergie des bons cilovens doivent être dirigées vers le maintien de
l’union et de la constitution telles qu’elles existent actuellement. »
Ces résolutions expriment substantiellement la situation, dans le congrès, des républicains devenus maîtres de la majorité dans les deux chambres, par suite de l’absence des sénateurs et des représentants appartenant aux États séparés. Vers l’époque de leur adoption, la législature de la Virginie adopta des résolutions recommandant à chacun des États de nommer des commissaires pour une convention destinée à « régler les malheureuses dissidences du moment. » Cette proposition reçut l’approbation du président, et les États loyaux s’empressèrent, pour la plupart, de désigner des délégués. 11 n’en vint aucun des États séparés.
Cette convention se réunit à Washington, le 4 février I8G1, et choisit pour président John Tyler, de la Virginie, ancien vice-président. Après une session de trois semaines, elle présenta à la sanction du congrès une série d’amendements à la constitution, ayant pour objet :
I” De prohiber l’esclavage au nord du 36' 3ty de latitude ainsi que dans les territoires, et de défendre toute législation générale ou locale contraire à l’esclavage au sud de cette ligne ;
2“ De prohiber toute nouvelle acquisition de territoire sans l’assentiment d’une majorité de sénateurs appartenant aux États libres et aux États à esclaves -,
3° De défendre au congrès de régler, abolir ou contrôler l’esclavage dans aucun État; de s’occuper de l’esclavage, ou de l’abolir, dans le district de Columbia, ou dans les autres lieux placés exclusivement sous la juridiction fédérale, et d’imposer les esclaves à un taux plus élevé que le sol ;
4" D’autoriser les États à poursuivre l’extradition des esclaves fugitifs;
.V’ De prohiber la traite étrangère.
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Une autre section du projet de loi pourvoyait au payement, par le trésor des États-Unis, de la valeur d’un esclave fugitif dont la populace, la violence ou l'intimidation auraient empêché l’extradition. Les première, troisième et cinquième sections du projet devaient faire partie intégrante et permanente de la constitution et ne pas être abolies ou amendées sans le consentement unanime des États.
Ces propositions furent toutes rejetées par le congrès, (pii avait eu à délibérer sur une série de mesures (le la même nature, dont aucune u’avail obtenu le nombre de votes suffisant. I,a chambre, cependant, recommanda ramendement suivant à la constitution, par un vote des deux tiers des membres, 133 contre 65 :
« Aucun amendement ne sera introduit dans la constitution qui donne au congrès l’autorisation ou le pouvoir de s’occujier de l’esclavage, ou de l’abolir, dans aucun des Etats dont les institutions locales admettent cette institution, en y comprenant les individus obligés au service ou au travail par les lois dudit État. »
Pendant que ces questions s’agitaient au congrès, des discussions sérieuses avaient lieu dans le cabinet du président Buchanan, au sujet du ravitaillement des forts de la rade de Cbarb'ston, mesure à laquelle M. Floyd, le ministre de la guerre, se refusait avec obstination, et que réclamait énergiquement le général Cass, ministre des affaires étrangères, qui, le 14 décembre, donna sa démission par suite du refus du président d’ordonner le ravitaillement.
Quati’e jours auparavant, Howell Cobb, ministre des finances, avait rendu son portefeuille et s’était retiré dans son habitation de Géorgie, où il entra immédiatement et activement dans le mouvement de sécession. Son emploi fut donné à Philip F. Thomas, du Maryland, et
M. Black, l’attorney général, devint ministre des affaires étrangères.
Peu après, le major Anderson ayant inopinément évacué le fort Moultrie pour se retirer au fort Sumter, et le président s’étant péremptoirement refusé à ordonner le rappel complet des troupes stationnées dans la rade de Charleston, rappel sur lequel insistait M. Floyd, ce dernier se retira et fut remplacé, à la guerre, par Joseph Ilolt, qui avait succédé, aux postes, à Aaron V. Brown, mort en 1859. Presque immédiatement après sa démission, M. Floyd fut accusé, par le grand jury du district de Columbia, d’avoir, à la fin de 1860, soustrait du ministère de l’intérieur des obligations pour une valeur de 870 000 dollars (4 millions .350 000 francs). Les services signalés qu’il avait rendus à la cause de la sécession, en fournissant aux États du Sud des armes provenant des arsenaux du Nord, furent récompensés par le grade de brigadier général dans l’armée confédérée.
Iæ 29 décembre, des commissaires de la Caroline du .Sud, récemment arrivés à Washington, s’efforcèrent d’ouvrir avec le président des négociations pour la reddition à la Caroline du Sud des forts des États-Unis et d’autres propriétés nationales comprises dans ledit État. I,e président refusa de les recevoir en qualité de commissaires; il refusa également de rendre ou d’évacuer le fort Sumter et permit au cabinet d’essayer de faire parvenir des renforts au major .Anderson. Ces renforts, embarqués sur le steamer Star of the West (Étoile de l’Ouest), quittèrent New-York, le 5 janvier 1861, et arrivèrent en vue de Charleston, dans la matinée du 9 mars. L'Etoile (le l'Ouest^ canonnée par les batteries de l’État, fut obligée de se retirer sans avoir pu effectuer le débarquement des troupes. Ce fait servit de prétexte à la démission immédiate de Jacob Thompson, ministre de l’intérieur, qui se retira dans son État natal, le .Mississipi.
Le même Thompson avait, étant ministre, reçu du gouvernement révolutionnaire de cet État la commission de visiter la Caroline du Nord et d’en provoquer la sécession, mandat qu’il avait accompli religieusement.
Quelques jours plus tard, M. Thomas, qui désapprouvait également la tentative de ravitaillement du fort Sumter, abandonna le ministère des finances. Il eut pour successeur John A. Dix, du New-York, que l’on supposait disposé à soutenir, par les mesures les plus énergiques; l’autorité du gouvernement.
A ce moment, les législatures du New-York, de l’Ohio et du Massachusetts offrirent au président la totalité de leurs milices, tandis que la législature de la Caroline du Sud déclarait que toute tentative faite en vue du ravitaillement du fort Sumter serait considérée comme une déclaration de guerre. I^s défenseurs du fort furent abandonnés à leurs propres ressources, pendant l’administration du président Buchanan, laquelle prit fin le 4 mars 1861 .