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lÆS ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. 179
Le nombre total des étranf;ers arrivés aux États-Unis depuis le 30 septembre 1819 jusqu’au 31 décembre 1855 est de 4212 624; et celui des voyageurs venus par mer pendant les trois années finissant le 31 décembre 1858, déduction faite des indigènes, ainsi que de ceux qui n’ont fait que passer par les États-Unis pour se rendre dans les provinces anglaises, etc., se réduit à 550 000 environ. Si l’on ajoute le nombre des émigrants arrivés de 1784 à 1819, évalué à 150000, nous avons un total général de 4 912624, ou, en chiffres ronds, 5 millions, de 1784 au 1" janvier 1859; dans ce nombre, environ 2 600000 émigrants sont venus de la Grande-Bretagne et de l’Irlande; près de 1 600000 de l’Allemagne (y compris toutes les possessions de la Prusse et de l’Autriche); 200000 de la France; 100 000 (le l’Amérique anglaise; 50 000 de la Suède et de la Norvège; 50 000 de la Chine; 40 000 de la Suisse; 36 000 (les Antilles ; 18000 de la Hollande; 16 000 du Mexique; 8000 de l’Italie; 7000 de la Belgique ; 6500 de l’Araéri(pje du Sud; 2000 du Portugal; 1300 des A(;ores; 1000 de la Russie.
On voit, d’après le tableau qui précède, que l’émigration aux États Unis a augmenté dans une proportion sans égale de 1845 à 1854. Cette augmention provient, d’abord de la grande famine (jui désola alors l lrlande, et en second lieu des événements de 1848, qui poussèrent un nombre considérable de personnes, dont les inU-ièts avaient été lésés par les bouleversements politiques, à se réfugier sur l’hémisphère occidental. L’année 1854 nous offre ensuite le chiffre, le plus élevé de l’émigration irlandaise et allemande. En 1852, l’Irlande a envoyé 1 60 000 émigrants aux États-Unis; l’Allemagne n’en a envoyé que 145918; en 1853, il est venu 164000 émigrants de l’Irlande, et 141 946 de l’Allemagne; mais en 1854 le chiffre de l’émigration
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irlandaiiH^ est descendu à 103000, tandis que celui de l’éinigralion allemande est monté à 21 5 009 ; et en 1855, il est arrivé 71 918 Allemands (Prussiens et Autrichiens compris), et 50 000 Irlandais. Le port de New-York a vu débarquer, en 1856, 56117 émigrants allemands et 43 996 Irlandais ; en 1 857, 86 859 Allemands et 57 1 06 Irlandais; en 1858, 31 874 Allemands et 25 097 Irlandais. Du 1" janvier au 7 avril 1859, il est arrivé dans le port de New-York 7 1 93 émigrants, tandis qu’il en était venu 8018 pendant la même fraction de l’année 1858.
1^ diminution j>ériodique du chiffre de l’émigration depuis 1 854 peut être attribuée à différentes causes, dont les principales sont :
1" Une forte réaction, parmi les classes ouvrières, du sentiment natif américain contre la concurrence excessive des étrangers travaillant à bon marché '. C’est dans les États où le travail étranger est le plus directement en concurrence avec le travail des esclaves et a fait baisser dans une proportion sensible la valeur de ce genre de propriété, que cet antagonisme a été le plus prononcé, et a souvent donné lieu, à l’époque des élections , à des émeutes et à des luttes sanglantes, lui Nouvelle-Orléans, Wicksburg, Saint-Louis, lujuisville et Baltimore, princij>au\ centres commerciaux de cinq Étals à esclaves, ont été les tliéâtres de désordres de la nature la plus révoltante; ce qui s”explique par la situation de ces villes sur les grandes voies de communication où le commerce entre les Étals libres et les Étals à esclaves a constamment attiré le travailleur étranger.
2" Un préjugé religieux contre la propagation de
l. On a calculé que le chiffre de 2 500 000 étrangers, établis aux États-Unis de 1784 à 1850, s’était, pendant cette période, élevé jusqu’à 4 millions, en y comprenant leurs discendants. Si ce calcul est exact, on peut porter à 7 millions le produit total de l’émigration aux États-Unis en 1860.
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la Communion catholique romaine, que professent un nombre considérable d’émigrants, fomenté par le parti « natif américain, » notamment dans les États colonisés par les descendants des Puritains et des Huguenots.
;i“ 1^ résolution peu déguisée, prise par le gouvernement, d étendre et d’universaliser l’esclavage et d’avilir ainsi le travail libre; les expéditions de flibustiers dirigées par Lopez, par Walker et autres, dans le but d'ouvrir de nouveaux et de plus vastes débouchés aux pro(Juits obtenus à l’aide du travail des esclaves, piraterie véritable entreprise avec la sanction indirecte du gouvernement; la Conférence d’Ostende; les désordres commis au Kansas; enfin, les tentatives, en partie couronnées de succès, ayant pour objet de ranimer la traite des nègres, sont autant de faits qui ont détruit le crédit moral de la République américaine en Euro|>e, et répandu des doutes assez fondés sur la solidité d’un gouvernement obéissant à de semblables tendances.
Les choses sont changées aujourd’hui. Le parti natif américain s'est désorganisé dans tous les États, car la guerre civile a tranché les racines au moyen desquelles il allait puiser sa sève dans le sol arrosé des sueurs de l’esclavage; la politique, tant intérieure qu’étrangère, du gouvernement lelativement à l’esclavage, a subi une transformation complète, en harmonie avec les sentiments du inonde civilisé. L’esclavage a été aboli dans tous les territoires des États-L’nis et dans le district de Columbia; on a proposé une compensation en échange de. l’émancipation aux États fidèles, chez lesquels subsistait encore cette institution funeste, et une proclamation présidentielle a déclaré libres à tout jamais les esclaves des États révoltés'.