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(Jue rexpciition de ces deux dernières mesures soit menée à bonne fin, et l’on ne pourra plus dire que la République des États-Unis tolère des lois de nature à avilir ou à déconsidérer le travail ; et dès lors elle deviendra réellement ce qu’elle s’est toujours glorifiée d’étre, une « république démocratique. »
Une loi récente du Congrès vient de donner un nouvel encouragement à l’émigration: c’est celle qui accorde la propriété d’une concession de 160 acres (64 hectares 73 ares 60 centiares) à tout étranger ou indigène qui consentira à s’y établir et à y résider pendant cinq ans .4ussi y a-t-il lieu d’espérer que le prochain recensement décennal présentera un accroissement inouï dans le nombre des émigrants aux États-Unis.
1. Pour plus de détails sur cette loi, voir le chapitre v, livre Vlll.
CHAPITHK III.
Ksclavage.
Sans la découverte de l’hémisphère occidental, il n'est pas probable que le trafic des esclaves sur les côtes d’Afrique eût jamais dépassé les proportions restreintes qu’il avait eues dans l’antiquité. Avant 1492, il y avait déjà plusieurs années que la traite diminuait peu à peu. Dès leur arrivée en Amérique, les Espagnols commencèrent à réduire les Indiens à l’esclavage ; mais bientôt on trouva plus avantageuse l’introduction des nègres, et les souverains de l’Europe occidentale autorisèrent le libre exercice de la traite. Sir John Hawkins fut le premier Anglais qui commanda ouvertement un négrier, et l’on accusa la reine Élisabeth d’avoir participé aux bénéfices de l’entreprise.
Au temps des Stuarts, quatre compagnies anglaises furent légalement constituées en vue de la traite, et les rois Charles II et Jacques II firent même partie de la dernière.
Les premiers esclaves introduits sur l’ancien territoire des États-Unis furent vendus par un navire hollandais, qui en débarqua vingt à Jamestownen Virginie,
LES ÉTATS-UNIS D’AMÉlUyUE.
dans le courant de l’amirâ de 1G20. La culture du coton commença l’année suivante'.
L’esclavage ne tarda pas à s’étendre sur toute l’Amérique du Nord, et les Indiens y furent soumis aussi bien que les nègi-es Quelques-unes des colonies se pntnoncèrent contre la traite; mais leurs remontrances ne pouvaient prévaloir contre les encouragements (jue donnait lanière patrie à cet odieux trafic.
En 177G, le Congrès continental décréta qu’il ne serait plus importé d’esclaves; mais, en 1788, lors de la rédaction de la constitution américaine, défense fut faite au Congrès d’interdire ce traCc avant 1808, époque à laquelle il fut aboli. L’Etat de la Géorgie prohiba la traite en 1798. .\insi l’Amérique prenait le pas sur toutes les nations du globe, en fixant un délai pour la cessation d’un trafic qui, bien que virtuellement condamné par tous les peuples civilisés, est encore toléré.
I.C nombre des esclaves import<'*8 dans les colonies anglaises, qui devinrent les États-Unis en 177G, est évalué à 300000 jusqu’à cette dernière date. Lors du |»remier recensement, en 1790, il y avait G97 897 esclaves aux États-Unis; à cette époque, tous les États, excepté le Massachusetts (qui comprenait alors leMainej, renfermaient une population servile; le Yermont, il est vrai, ne comptait que 17 esclaves, et le New-Hampsliire, seulement 1.^i8. En 1800, le nombre total des esclaves était de 893041, l’esclavage avait complètement cessé dans le Yermont, et il n’y avait plus que 8 esclaves dans le New-IIampshire.
D’après le recensement de 1810, le nombre des esclaves s’élevait à 1 191 3G4; mais il n’y en avait plus
1. Coïncidence frappante, le débarquement des Puritains à P!ymouth, le commencement de la culture du coton et l’introduction de l’esclavage remontent à la même date.