I. Voir livre U, chapitre lu
INTRODUCTION
favoriser l’extension de l’esclavage; quelques-uns même, au début de leur carrière, s’étaient occupés de projets ayant pour but l’extinction de la servitude.
Si ces hommes, qui appréciaient, à sa juste valeur, le danger d’accroître l'inégalité politique entre les Ëtats libres et les États à esclaves, en élargissant, dans le Sud, les bases de la représentation calculée d'après la propriété; si ces hommes avaient toujours agi suivant leurs convictions, le pays aurait probablement échappé à l'agitation funeste qui n’a cessé, depuis lors, d’aiTecter d’une si déplorable façon ses plus chers intérêts. L’amour de la paix les entraîna dans une faiblesse coupable ; et la guerre sociale et politique commença entre les Etats libres et les Éiats esclavagistes pour ne plus s'éteindre.
Après le compromis du Missouri, la question de l’esclavage était moins résolue que jamais. Ce compromis avait révélé aux partisans de l'esclavage la puissance qu’ils pourraient puiser dans leurs menaces de séparation; il leur fit voir à quels sacrifices les intérêts industriels et commerciaux du Nord sauraient se résoudre en vue du maintien de la tranquillité publique. Pendant les années qui suivirent , les hommes d’Etat du Sud ne manquèrent pas de mettre à profit cette découverte.
La masse du peuple dans les États libres, en dehors des grands centres commerciaux, s’alarma de la décision qui termina le débat du Missouri, et l’on se remit à discuter l’esclavage avec plus d’âpreté que jamais, aux points de vue économique et philanthropique.
A ce moment, le Sud crut que la prudence lui commandait d’arrêter, dans les États k esclaves, la circulation des documents antiesclavagistes. Le gouvernement fédéral ne craignit pas de prêter son appui à cette politique odieuse. 11 fit rechercher et saisir, dans les bureaux de poste du Sud, tous les ouvrages abolitionistes qui devaient circuler par cette voie '. Ce fut encore là une de ces iniquités criantes causées par la