CHAPITRE II
Froment. — Mais. — Laitages.
Froment. — La quantité de froment produite sur toute l’étendue des États-Unis, en 1849, s’est élevée à 1 00485 944 boisseaux ; en 1 859, elle était de 1 71 1 83 381 , augmentation, près de 71 pour 100, ou environ le double de l’accroissement de la population pendant la môme période.
Dans l’Illinois, la récolte de la même céréale est montée, en dix années, de 9 41 4 577 boisseaux à 24 1 59 500 boisseaux; dans le Wisconsin, de 4286131 à 1 5 812625. Dans beaucoup de cas, la masse des récoltes a tellement dépassé les moyens de transport disponibles vu les besoins du marché que les producteurs n’en ont tiré aucun profit.
On estime que la récolte de 1 862 dépassera 200 raillions de boisseaux.
11 à été exporté des États-Unis, dans la Grande-Bretagne et l’Irlande, du 1" septembre 1861 à septembre 1 862, 2 672 51 5 barils de farine et 25 754 709 boisseaux de blé. Pour les autres pays du continent, les exportations, pendant la même période, se sont élevées à 2 412047 barils de farine et à 17 186976 boisseaux de
blé ; ce qui donne un total de 5 084 562 barils de farine et de 42 941 685 boisseaux de blé.
Maïs. — Cette céréale, nommée par Linnée zea mays, a rendu, en 1849, 592 071 104 boisseaux, et, en 1859, 830 451 707 boisseaux, soit une augmentation de plus de 40 pour 100. La valeur réunie du froment, du coton, du tabac et du riz, dans les Etats-Unis, n’atteint pas plus des deux tiers de celle du maïs seul ; la valeur de ce dernier est, également, d’autant plus grande qu’elle déj)end moins de l'exportation. I.e maïs sert surtout à rengraissemenl du bétail; c’est grâce au maïs qu’affluent sur les marchés, de toutes les parties du pays, le bœuf, le porc, le suif, le lard, le beurre, le fromage, la volaille, les œufs, le lait, etc. On estime que la quantité de la viande de porc, entrant dans le commerce du pays, est de 323 358 800 livres; et l’alimentation de cet animal repose maintenant presque exclusivement sur le maïs, auquel le commerce de la viande de bœuf doit aussi son activité et son importance.
L’expoi-tation du maïs n’a jamais atteint les proportions qu’auraient dû lui assurer son bas prix et ses qualités nutritives ; la traversée de la mer lui fait perdre, en effet, sa saveur et sa fraîcheur. Il ne semble pas, non plus, qu’il soit de rintérêt des États-Unis d’en encourager l’exportation; ce serait diminuer celle du blé et des autres articles de consommation, tels que le porc, le bœuf, le beurre, le fromage, etc., dans la production desquels le maïs entre, comme on l’a dit, pour une large part, et qui donnent des bénéfices plus considérables .
Laitages. — Pendant l’année du recensement 1859- 60, la production du beurre s’est élevée à 460 509 854 livres, ce qui fait ressortir une augmentation de 46 pour 100 sur la production de 1849-50. On compte 105 875135 livres de fromages, soit une augmen tatiou
de 339242 livres sur 1849-50. T^es exportations de fromages comprennent annuellement environ 15 millions de livres. Avec un peu plus d’habileté dans la fabrication on pourrait accroître indéüniment cette production; car on peut produire du lait, en quantité illimitée, à 1 cent 5 millièmes (0 fr. 055) par quarte (I litre 135 millilitres), prix moyen pendant l’année se terminant en juin 1860. On a évalué la production totale du lait, en 1860, à plus de 160 millions de dollars (800 millions de francs), qui se répartissent ainsi qu’il suit :
dollars. frsDcs.
Consommation en nature 90000000 (<i50 000 000)
Conversion en beurre 65000000 (3Î5000000)
Conversion en fromages 5 000 000 (25 000000)
Ces chiffres représentent le prix seul du lait. La valeur additionnelle résultant de la fabrication et du transport du beurre et du fromage , porte le produit total des laitages, aux États-Lnis, pour l’année 1860, à plus de 200 millions de dollars (I milliard de francs).
Cette estimation est basée sur le prix de 1 cent 48 (0 fr. 0548) par quarte. Si l’on adoptait le prix courant de 2 cents (0 fr. 10) par quarte, la valeur dos laitages dépasserait alors 260 millions de dollars (I milliard 300 millions).
Les États de New- York et de Pennsylvanie fournissent, à eux seuls, presque les deux tiers de la production totale des États-Unis, qui se répartit entre 13 États, à peu près '. Sur cette production, 54 pour 100 sont convertis en beurre, 41 pour 100 sont consommés au naturel, et seulement 5 pour 100 sont convertis en fromage. Ce dernier produit absorbe en lait
1. Maine, New-n.ampshire, Vermont, Massachusetts, Rhode-IsKind, Connecticut, New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie et Wisconsin.
environ 1/11 de plus que le beurre, et sa valeur n’est supérieure que de 1/10 à peu près.
Une large portion du lait est consommée au naturel quelques heures seulement après la traite. Par la voie de terre, la plus grande distance qu’il puisse parcourir est 25 kilomètres ; avec la vapeur, soit par terre, soit par eau, la distance maxima peut s’étendre jusqu’à 240 kilomètres. Pour être transporté plus loin il faut qu’il ait été manipulé.